Post-mortem – naissance, vie et mort de ma startup — #fail

[Attention, long article, donc long temps de lecture à prévoir – mettez-vous dans de bonnes conditions pour l’apprécier ou prévoyez une lecture ultérieure !]

TL;DR En partant il y a presque 2 ans de l’incubateur HEC pour lancer une startup (sans encore en avoir l’idée fondatrice), je ne m’imaginais évidemment pas, 18 mois plus tard, m’être planté de manière aussi belle et « classique », perdant au passage un ami, de l’argent, la confiance de certains dans mon réseau, et quelques petits bouts d’égo. Cet article revient en détails sur le déroulé du projet, partage certains documents internes qui montrent les évolutions et pivots ainsi que quelques-unes de nos façons de travailler (et documente ainsi le démarrage, la vie et la mort d’une startup de manière assez transparente, ce qui me semble assez rare), et tente ensuite de mettre des mots — de mon point de vue personnel donc très subjectif — sur les leçons que j’en retire.

A titre personnel, l’expérience a été certes compliquée, mais surtout super riche en apprentissages et forte en ambition. On sait en se lançant que ça peut mal se passer, et on met toute son énergie pour qu’une fin de type « fail » n’arrive pas. Parfois, ça ne marche pas, pour tout un tas de raisons… Reste que les entrepreneurs vivent pour ces moments passés à essayer de réinventer un petit coin du monde et que quelle que soit l’issue, il faut célébrer le fait d’avoir essayé ! :)

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Il y a un peu plus d’un an et demi, je quittais l’incubateur HEC, tirant quelques leçons de mon expérience de 3 années, et me lançant à nouveau dans l’aventure entrepreneuriale : créer sans idée, avec un peu d’argent, du temps devant moi, et un début d’équipe. Et puis surtout l’expérience d’avoir vécu avec près de 100 projets de startups, certains connaissant une croissance violente et une réussite hors norme, d’autres étant dans des situations plus compliquées : rythme de croisière non atteint, engueulades entre associés, difficultés à lever des fonds, produit qui ne sort pas, démarches commerciales reportées, pivots successifs…

J’avais également pu, pendant trois années, étoffer mon carnet d’adresses, comprendre quelques schémas de réussite, m’améliorer aussi sur tout un tas de points (pitching, compréhension des modes de financement, connaissances des technos, maîtrise de tout un tas d’outils SaaS que déjà je m’amusais à tester, analyse fine de beaucoup de business models, travail autour des métrics, …), bref autant de sujets que j’avais traités en parallèle sur ce blog entre septembre 2008 et septembre 2011.

Sur le papier, tout va alors bien.

Et en tout cas, on ne peut pas dire que je découvre le monde des startups : je sais a priori à quoi m’attendre. 18 mois après, pourtant, on ne peut pas voir dans mon aventure de startup autre chose qu’un bel “échec”. Bref, je me suis planté, et en beauté.

Ayant toujours prôné ici la transparence sur cette phase qui fait – elle aussi – partie de la vie des entrepreneurs, je vous livre donc ici ma propre version de l’aventure et des leçons que j’en retire. N’y voyez donc qu’un seul des points de vue qui ne permet donc pas sans doute de comprendre la globalité de l’histoire. J’ai tâché d’être le plus objectif dans ma subjectivité, en romançant le moins possible les différentes étapes (même si forcément avec près de 2 ans maintenant depuis le début c’est compliqué de ne pas faire une part de Story Telling), telles que je les ai vécues, et en reprenant (moment assez spécial d’ailleurs d’archéologie dans mes emails, dropbox et Google Drive) les échanges et docs que nous avons pu avoir sur la durée.

Si j’essaie d’être transparent, c’est aussi évidemment pour moi : pour essayer de me rappeler que quels que soient l’étendue de son réseau, son “expertise” dans un sujet précis, sa visibilité dans l’écosystème, les mentors que l’on peut avoir, on n’est jamais à l’abri de se planter, et que ça fait mal, qu’on y laisse des plumes. Si je n’ai pas l’impression de ne plus avoir eu les pieds sur terre – j’étais le premier à dire autour de moi que rien n’était gagné, loin de là – reste que pas mal de personnes m’avaient mis en garde sur quelques aspects du projet – notamment sur les termes de notre association (et par conséquent de la répartition du capital) – je me suis pris quelques gamelles et j’ai loupé pas mal de choses.

Fail early, fail fast, fail often... ce n’est pas si bête que cela… mais ça fait tout de même bien ch*** quand ça arrive, et prendre un mur n’est jamais bon, ni pour l’égo, ni pour le moral, ni pour les finances, ni pour son entourage direct.

Bref, je me suis planté, et les quelques lignes ci-dessous sont là pour essayer d’éclairer ce plantage et de le raconter : gageons que ça pourra en aider certains — sachant que l’aventure est tout de même géniale et que pour rien au monde je ne l’enlèverais de mon parcours !

 

La boite que l’on aurait dû monter.

Avant de voir ce qui n’a pas fonctionné comme je l’aurais voulu, je pense qu’il est intéressant, de revenir assez rapidement sur ce que nous voulions faire. Ne serait-ce que pour la mémoire de ce projet et des années futures où je repasserai par ici, comme je l’ai fait dans mon post-mortem précédent… Cela m’évoque l’image de poupées russes, où chaque nouvelle aventure est encore un peu plus passionnante que la précédente et contient tous les enseignements, contacts, erreurs, apprentissages, réflexes business… retirés de ce que l’on a fait avant.

Avant que je ne débranche la prise de la startup donc, nous travaillions à aider les entreprises à passer aux logiciels SaaS : que ce soit en essayant de comprendre comment tout ce petit monde marche, en promouvant des logiciels intéressants (ces deux premiers points étaient traités par WeLoveSaaS, dont j’ai déjà parlé ici), ou que ce soit en essayant de mettre un peu d’ordre dans la pagaille qu’est devenu leur “parc logiciel” (savoir qui utilise quoi, permettre à chacun de trouver le bon logiciel, avoir un moteur de recommandation…).

Cette “seconde” partie de notre projet était en réalité la plus grosse, puisqu’il s’agissait là d’un logiciel (SaaS, of course), nettement plus ambitieux (business-wise et tech-wise) que WeLoveSaaS, qui était lui en réalité un side-project destiné à être notre plan marketing et à assurer notre relation avec les éditeurs.

Vous trouverez ci-dessous les principaux documents qui représentaient notre projet au moment où nous avons arrêté. Et dans les lignes encore d’après (partie “calendrier des faits”) les versions précédentes, des docs de travail, des docs internes, des morceaux de méthodo… je me dis que ce n’est pas si facile de trouver des cas de startups qui livrent autant de choses aussi peu de temps après et l’idée du partage “total” m’intéresse bien, en soi. N’hésitez pas à les parcourir, les télécharger, les critiquer, vous appuyer dessus pour avoir une idée de comment vous lancer dans les vôtres… Pas d’ambition ici de montrer un « modèle » quelconque ou de donner des leçons évidemment, donc ne prenez pas tout au pied de la lettre :)

Nous étions donc en train de lancer le projet Calabio, comme vous le verrez dans la timeline du projet dans son ensemble – avec pour objectif (à la fin) d’être la plateforme de gestion des logiciels SaaS pour les PME et plus grandes entreprises, en apportant de la valeur au moment du choix des logiciels, puis dans la gestion quotidienne du parc de logiciels, autant aux DSI / responsables IT que pour les utilisateurs finals (ou finaux, mais c’est moche).

Nous avions 3 produits différents, à développer de front (ce qui a sans doute été une erreur et une source de dispersion) :

  • WeLoveSaaS, pour l’aspect annuaire de solutions et la partie éditoriale, financé par des pubs et de l’affiliation

  • myCalabio, pour les individuels qui souhaitaient trouver leurs logiciels, les partager, financé à 100% par l’affiliation et la mise en avant de logiciels / deals promotionnels

  • Calabio, pour gérer à l’échelle d’une entreprise “qui utilise quoi”, “combien ça coûte”, aider à la découverte (via algorithmes) des bons logiciels pour tel ou tel usage,  et partager les best practices, financé par les abonnements et l’affiliation

Ci-dessus notre présentation « short » de nos différents produits, à début décembre 2012, et ci-dessous le doc le plus proche de la réalité et le « dernier » compilé, vers fin novembre 2012, pour une demande de prêt d’honneur (avec aussi quelques éléments financiers plus ou moins fantaisistes :) ) —

Calendrier des “faits”

Année 2011

Monter une boîte me démange de plus en plus. Partir de Paris aussi. J’arrive en fin d’un premier cycle de 3 ans à HEC, je me cherche naturellement un nouveau challenge. Lancer une startup m’apparaît comme la seule possibilité à ce moment-là (a posteriori aussi, d’ailleurs). Guillaume, un ami avec qui j’avais déjà mené des projets de dév dans une autre vie (en association en école de commerce, puis dans ma première boîte où il avait développé notre outil de gestion), semble être le bon associé technique pour cela.

On échange régulièrement, le fit semble bon, on réfléchit beaucoup à ce que devrait avoir un projet pour nous intéresser : de la tech, un gros marché, une internationalisation possible à terme, plutôt en avance de phase, quelques acteurs US lancés. Du classique dans ce genre de cas où l’on cherche plus à trouver coûte que coûte la bonne idée et à “rationaliser” ce process, avant de se lancer.

Je prépare mon départ, en profite pour me mettre à jour sur tout un tas de petites choses, et surtout me mets mentalement en position de lancer une startup, avec tout ce que ça implique (notamment vis-à-vis de l’entourage et du niveau de vie :).

Nous mettons aussi au point cette grille rapide d’analyse d’idées de business :

Certes, c’est très brut, mais c’est ce qui va me servir pendant plusieurs mois, lorsque j’aurai une idée ou que j’en verrai passer une, à savoir si ça vaut le coup de creuser un peu plus.

Septembre – octobre 2011

Je quitte l’incubateur HEC (en y gardant quelques activités, notamment 2 cours “startups” et un pied dans la chaire e-business financée par Google). J’ai en tête depuis quelques mois de me relancer donc, et je planche sur une grille “d’idées de business possibles”. Méthode simple : regarder tout ce qui rentre dans des accélérateurs ou tout ce qui passe dans des concours “early stage” de startups aux US, tout classifier, écarter sur base de critères rédhibitoires (trop high-tech, trop spécialisé sur le marché américain, trop éloigné de ce que je sais / aime faire…).

Tout ce qui passe est bon à analyser, c’est un moment, assez intéressant intellectuellement puisque je passe environ 3-4 heures par jour à regarder des sites Tech ou des concours de pitch pour voir de nouvelles idées, puis les passer dans ma moulinette à 12 critères.

Le système est bien rôdé : je dois avoir environ 80 sources (une trentaine de blogs, une quinzaine de fonds early stage, une vingtaine d’accélérateurs, quelques trucs sectoriels, quelques concours de startups, …), tous pluggés en flux rss. J’épluche tout cela en début de journée, note les startups qui semblent intéressantes. Puis je cherche tout ce que je peux trouver sur elles, et cherche des concurrents ou les rapproche de boites déjà vues. Je vois progressivement quelques “patterns” ressortir, et quelques tendances ressortir du lot.

Voilà ci-dessous (téléchargez le fichier sinon vous n’y verrez rien) un exemple sur une semaine ou deux de recherches :

J’ai aussi un projet plus “coup de coeur” en tête, qui consiste à vendre de la charcut’ par correspondance, sous forme de “Cochon-Box” :). Les premières investigations sont menées aussi, mais le manque de connaissance(s) dans le milieu m’échaude un peu (mais franchement, encore aujourd’hui, je trouve qu’il y a un vrai chouette truc à faire sur le sujet, j’y reviendrai peut-être un jour !).

Et puis surtout, peu à peu, je sens poindre un sujet qui m’intéresse particulièrement : le SaaS (Software as a Service, comprenez logiciels achetés par abonnement, sans installation, directement utilisés dans le navigateur – en simplifiant au maximum). Tout d’abord pour être éditeur SaaS, et retrouver ainsi ce sur quoi je planchais lorsque j’ai travaillé chez Microsoft, le monde de l’édition de logiciels.

Trois idées se dégagent :

  • un outil d’aide au recrutement, pour ceux qui en ont marre de la façon dont il gèrent leur process de recrutement

  • un outil pour les patrons de PME pour mieux gérer leur tréso et faire du contrôle de gestion

  • un outil de gestion de todo-lists (ayant déjà mes soucis d’organisation et de focalisation :) ) basé sur l’idée farfelue qu’il est primordial de lister, le soir, les 6 choses que l’on doit absolument faire le lendemain

Entre deux tournées ou dégustations “projet cochon” (au sens propre :) ), j’interroge en bon croyant en la méthode lean startup (et surtout Customer Dév – plus intéressante et moins théorique que la Lean Startup) quelques chefs d’entreprise, pour essayer de voir où se trouverait la pépite business à lancer. Je dois en “tester” pas loin de 30 par téléphone ou en face à face.

Je commence systématiquement mes entretiens par “quels logiciels utilisez-vous ?”. Puis “quels sont ceux qui sont en mode SaaS”. Parfois je prêche à des convaincus. Parfois je dois évangéliser sur ce que c’est, comment ça marche, quelles sont les solutions principales, quels sont les avantages de telles solutions. Leur intérêt est bien plus grand que celui qu’il portent à l’une des perches (RH, tréso, todolist) que je leur tends.

Je m’intéresse alors de plus près à quelques tendances “lourdes”, avec une approche un peu plus top-down (donc, je potasse des études de marché genre Forrester, Gartner, PAC, …) pas tellement pour y trouver une idée de boîte, mais plus pour être un peu moins newbie face à mes interlocuteurs qui sont, parfois, quand même bien calés…

Et c’est là que je comprends que le monde de l’informatique d’entreprise subit de gros changements : de grosses “suites” logicielles intégrant beaucoup de choses, vendues sur étagère, demandant d’importantes opérations d’installation, de maintenance et de formation, avec des SSII ou des “intégrateurs” dans la chaîne, on est en train d’arriver à une situation où chacun choisit de plus en plus ses propres outils, souvent très limités (une fonctionnalité = un logiciel). Et que les prix plus faibles, une offre plus importante, des softs mieux faits, utilisables partout, tout le temps… ont un revers à leur médaille : la complexité de gestion de tout ce petit monde.

Factures dans tous les sens, gestion bien compliquée des utilisateurs, sauvegardes difficiles de données complètement éparpillées, offre démentielle dans laquelle on ne se repère que difficilement, pricing tous différents les uns des autres, volonté d’intégrer ce qu’il est possible d’intégrer via les APIs disponibles…

Il y a certainement quelque chose à faire ! Je creuse encore un peu et m’arrête sur les principes de “cloud & SaaS orchestration”, comprenez avec l’envie de devenir le “chef d’orchestre” de ces logiciels SaaS. Et donc, aider les entreprises à passer au saas et à mieux gérer leurs logiciels et leur parc logiciel.

15 novembre 2011

A mi-novembre, on arrête toutes les autres pistes, et on se lance à fond sur celle-ci, avec l’envie de déjà développer un catalogue de logiciels SaaS. Les fonctionnalités sont encore réduites : il s’agit de pouvoir faire la liste des logiciels que l’on utilise.

Le tout premier mockup réalisé sur ce qui deviendra mon projet de startup...

Le tout premier mockup réalisé sur ce qui deviendra mon projet de startup…

Et les différentes versions papier réalisées en permanence sur mon carnet de croquis.

Et les différentes versions papier réalisées en permanence sur mon carnet de croquis.

En parallèle, je lance assez tôt “CloudZone”, qui deviendra plus tard WeLoveSaaS (la marque CloudZone ayant été déposée entre temps, mais par une entreprise strasbourgeoise). Je suis convaincu qu’il sera nécessaire pour le projet d’avoir une “rampe de lancement”, visible, référencée, qui nous permette aussi de nous mettre bien avec le monde des éditeurs de logiciels.

cloudzone_head

En plus de la veille que CloudZone me permet de faire, je “muscle” le projet sur les aspects vision et connaissance marché (et trends marché) : je dois me bouffer à peu près tout ce que les bases de données  d’études de marché Gartner, Forrester, PAC, … peuvent compter. J’acquière la certitude que 1. le SaaS est vraiment là pour durer (bon, ça, n’importe qui en est persuadé dans le milieu, aucun truc exceptionnel à y voir) et que 2. les entreprises vont avoir sacrément besoin d’aide pour y basculer progressivement. Cela me donne la conviction qu’il y a quelque chose à faire sur ce marché, même si je ne sais pas trop quoi, et que la taille du marché va laisser plein d’opportunités à ceux qui savent les voir et les saisir.

Janvier 2012

Voilà vraiment un mois et demi que nous avons décidé de développer ce qui deviendra ensuite Calabio. Nous opérons alors sous le nom de “DirectCloud”, qui ne conviendra pas ensuite mais qui plante un peu le décor et nous permet d’avoir un nom pour le projet, le rendant bien plus tangible à nos yeux.

Je crois vraiment alors que nous sommes sur un “big trend”, et qu’à deux seulement cela ne suffira pas. Il se trouve que je suis resté en contact avec deux anciens incubés de ma première promo à HEC, Clément et Grégory, dont les profils me semblent parfaits pour compléter l’équipe. Nous prenons le temps d’un week-end, en Normandie, pour en parler tous ensemble, et surtout pour moi de tâcher de les convaincre.

Voilà la présentation que je leur ferai pour leur expliquer ce que nous avons en tête :

Vous pourrez aussi retrouver sur ces liens certains des autres documents que j’ai préparé pour cette rencontre « importante » dans le déroulé du projet : de quoi réfléchir sur des valeurs communes (on ne reviendra plus sur ce doc et c’est bien une erreur), une vision de ce qu’il faudra faire pour prendre pied sur 2012 dans l’écosystème cloud / SaaS (pour le coup je vous conseille vraiment de faire un cod de la sorte !), l’approche « App Directory » que j’envisage, la place que je vois pour CloudZone (futur WeLoveSaaS), la vision des concurrents telle que je l’ai avec les contours alors du projet, ainsi qu’une projection de type Roadmap, absolument pas figée mais qui est censée donner un peu le rythme du projet et ouvrir la discussion sur les priorités qu’on se donne.

Sur le papier, je vois Greg sur la tech, et Clément sur le produit.

Nous convenons qu’ils aient, chacun, 15% du capital, et qu’ils soient rémunérés. Guillaume et moi conservons chacun 35% du capital.

Pour diverses raisons, quelques jours après le « séminaire », Greg ne s’engage finalement pas dans le projet, Clément lui oui. Nous arrivons à une répartition 41%-41% pour Guillaume et moi (dans l’esprit de la parité de départ, discutée début 2011), 18% pour Clément qui nous facturera en plus 2500€ par mois sous son statut d’auto-entrepreneur.

Premier trimestre 2012

C’est le moment où l’on commence à présenter le projet sous le nom Calabio (pour la petite histoire le nom, outre le fait qu’il soit libre en marque et en .com, vient des espaces de Calabi-Yau, un ensemble mathématiques à plus de 10 dimensions qui a permis la théorie des supercordes et qui ressemblent à un joli nuage comme ci-dessous). Et surtout les marques ne sont pas déposées, ça se prononce pas trop mal, c’est assez court, les noms de domaine et les twitters/facebook/… sont dispos.

On commence à travailler en mode “scrum”, après plusieurs réunions, à Lyon, à trois associés, pour comprendre ce qu’il faut prioriser. Pour Clément et moi, il est clair qu’il faut se mettre en mode “lean”, et faire plus de “cust-dev”, ou Customer Development. Comme on ne sait pas trop quoi chercher et ce sur quoi travailler, le plus important est donc d’aller chercher des retours de clients potentiels. Ou en tout cas de ceux qui ont des problèmes à résoudre sur le sujet sur lequel nous travaillons.

Côté produit, ça avance, avec une définition plus précise de ce que nous voudrions proposer dans notre alpha/beta. Je les mets en « mockups », dont voici quelques exemples (au passage, notez la mauvaise utilisation que nous faisons de scrum !) :

users-apps-details User - 03 - start using User - 01 - onboarding - Select apps from company catalog 04 - Admin Dashboard (with onboarding) 01 - Admin Onboarding - Apps Selection 02 - Admin Onboarding - Users Addition

Et oui, il y a besoin de la traduction quand je fais des mockups :)

On se met aussi à travailler avec des périodes d’action « Guerrilla Plan » (sur le papier c’est bien, on n’a jamais vraiment bien trouvé notre rythme de croisière, on a été un peu trop gourmand je pense) pour focaliser sur certains points, se forcer à une forme « d’accountability » entre nous, et sortir la tête du guidon toutes les 4 semaines pour y voir un peu clair. Là encore, c’est une pratique que je vous conseille ! Un exemple ci-dessous :

En fin de mois, on reprend la feuille (que l’on affiche aussi au bureau et que l’on peut consulter tous les matins ou dès que cela est nécessaire pour se refocaliser), on fait les comptes, et on refait le plan du mois à suivre. Tout le monde « commit » sur certaines des entrées, et la discussion est en général toujours super intéressante et remotivante.

Sur cette période, notre premier stagiaire arrive (on en aura 2 en tout au final). Il est en charge du front end principalement (comprenez la couche supérieure du logiciel : événements JS, CSS, intégration du design, …). Je travaille en direct avec lui (comme il est sur Lyon), et du coup suis beaucoup plus dans le travail sur le produit qu’initialement prévu, et par conséquent moins aussi sur le customer development. Clément faisant moins de “produit”, il met l’intégralité de ses efforts sur le développement de la ligne éditoriale de WeLoveSaaS, ainsi que – étant développeur aussi – sur la prog de l’annuaire, des bundles, et de quelques autres fonctionnalités avancées de WeLoveSaaS.

20 mars 2012

Nous entrons ce jour-là dans un incubateur : Créalys, à Lyon. Cela fait quelques mois que nous sommes en discussions (depuis janvier, de mémoire), et nous avions passé quelques temps auparavant le premier round. Là, nous nous retrouvons devant une douzaines de membres du jury (principalement des structures type Oséo & Co.).

A la clé, une avance remboursable de 60K€ (c’est-à-dire que l’on nous avance de l’argent à dépenser sur certaines dépenses bien particulières : labos de recherche, montage de la boîte, formations, … — et que nous devons en payer systématiquement 20% tout de suite – l’argent n’est débloqué qu’au fur et à mesure des dépenses). Et un accompagnement sur la durée de l’incubation. Cela nécessite aussi de travailler avec un laboratoire, ce que nous faisons (au prix de pas mal de temps passé et de réflexions pour trouver des axes de recherche intéressants pour le projet) avec des chercheurs en cryptographie de l’ENS Lyon (passionnant comme sujet au demeurant – pas forcément crucial au niveau de la maturité de notre projet… mais comme l’innovation en France se doit d’être techno… c’est un autre débat !).

Pour avoir dirigé un incubateur, je sais que c’est cette partie surtout qui est vraiment intéressante, le miroir et le regard externe étant en général très importants pour éviter de passer beaucoup d’énergie sur les mauvaises priorités. Si vous vous demandez s’il faut rejoindre un incubateur, lisez cela.

Cela permet aussi de challenger un peu le modèle, pour la première vraie fois, et de prendre conscience de ce qu’on fait bien et ce que l’on ne fait pas bien. Et résulte aussi cette présentation ci-dessus qui donne l’idée de l’avancement du projet à cette date.

 

Printemps – tout début d’été 2012

On se donne comme mission de sortir une première version alpha pour le mois de mai, tous les efforts sont donc concentrés sur cela, avec un affinage progressif (sûrement trop lent de ma part !) de ce que l’on devra y retrouver.

Ci-dessous les premiers écrans fonctionnels (on a vraiment bien bossé l’ergo, au pixel près :) )…

u04 - user - Official Apps de l'entreprise

Le catalogue des applications d’une entreprise : son « Appstore » de logiciels SaaS en quelque sorte

Le système d'invitation d'utilisateurs et de contrôle de l'appartenance à la même entreprise

Le système d’invitation d’utilisateurs et de contrôle de l’appartenance à la même entreprise

Le système de notifications pour l'admin : qui utilise quel logiciel, qui a fait une demande, qui a des soucis, qui a rejoint la plateforme...

Le système de notifications pour l’admin : qui utilise quel logiciel, qui a fait une demande, qui a des soucis, qui a rejoint la plateforme…

La gestion des équipes pour l'admin...

La gestion des équipes pour l’admin…

En gros, le logiciel doit permettre de : créer le profil de son entreprise, lister les applications utilisées par l’entreprise, inviter tous les utilisateurs à venir compléter leur profil. En prime, nous avons aussi, une fois que cette information est rentrée, l’accès à la liste de qui utilise quoi, un outil pour permettre à chacun dans l’entreprise de découvrir de nouveaux logiciels, de demander des accès ou l’achat d’un SaaS en particulier, ainsi qu’un outil pour gérer le départ d’un collaborateur en sachant quels comptes il faut lui clôturer.

C’est à ce moment-là je pense que l’on commence, à mes yeux, à prendre pas mal de retard et à être un peu en contradiction avec quelque chose qui est cher à mes yeux : la vélocité. Le retard est sûrement pris de manière collective, j’y suis pour beaucoup sûrement : moi dans la discussion avec les clients potentiels (je passe, sûrement en partie par confort, beaucoup (trop) de temps sur le produit et le design de l’expérience utilisateurs), mais aussi dans le développement du logiciel. Initialement prévu pour mai, nous lançons la bêta le 18 juillet… sans véritablement de métrics pour suivre ce qu’il en est (pour exemple voilà un doc de travail sur ce que nous souhaitions tracker – document non définitif).

Quoi qu’il en soit, je commence à lancer les invitations, avec un mail de ce type sur les cibles que nous croyons être les plus susceptibles d’utiliser notre produit : les PME plutôt “SaaS-Friendly” :

Peu à peu, on obtient des premiers retours (quand les gens testent, soit environ un alpha-testeur envisagé sur deux…). On améliore aussi le discours, pour arriver à un mail un peu plus pro, et surtout au bout de deux semaines, ayant épuisé les contacts “faciles”, auprès de contacts qui ne nous connaissent pas directement, et qui sont attirés par le projet et ses promesses.

 

Durant l’été : Pivot !

Durant l’été, donc, je poursuis les alpha-tests. Au total, près d’une quarantaine d’entreprises vont y passer, et la plupart des retours obtenus alors (toujours sans vraies métrics d’usage réel, alors que l’on sait que c’est primordial mais que nous dépriorisons sur la prod) ne vont pas du tout dans notre sens : les plus petites entreprises n’accrochent pas au produit, alors même qu’elles continuent à être conscientes qu’elles en auraient vraiment besoin.

Nous apprenons alors plusieurs choses, en mode “validated learning” cher à la Lean Startup :

  • ce ne sont pas les TPE qui sont nos cibles, mais plutôt les un peu plus grosses entreprises

  • notre interlocuteur ne peut pas être le dirigeant de l’entreprise, il manque trop de temps pour “investir” l’heure nécessaire à prendre en main notre outil et le diffuser en interne

  • il faut que nous découvrions plus les DSI, qui semblent être notre porte d’entrée dans pas mal d’entreprises

  • nous avons trop de fonctionnalités

  • il nous manque *cruellement* des métrics d’usage

  • nous sommes trop lents

  • il est nécessaire de redévelopper une partie du projet, ou en tout cas de masquer certaines choses, d’en simplifier certaines autres, pour rendre le soft « compréhensible »

Sur ces bases, nous redéfinissons l’ambition “fonctionnelle” du projet, et nous focalisons sur quelques points précis pour ce qui va être le vrai pivot de notre projet :

  • aider les DSI à prendre en main le sujet “SaaS” à l’intérieur de leur entreprise, en leur donnant un outil sympa pour en parler et diffuser les bonnes pratiques en interne

  • pousser plus sur la découverte des bons outils SaaS, qui est l’un des points qui revient le plus souvent comme l’une des galères côté utilisateur final comme côté “responsable informatique” de l’entreprise

  • limiter au maximum la “friction” lors de la prise en main de l’outil, qui dans notre V1 était vraiment trop complexe. Il faut d’après nous éviter au max que l’on doive passer des heures à saisir des données et comprendre comment ça marche : il faut que le produit puisse être utilisé avec un seul utilisateur, et non nécessiter que toute l’entreprise y soit présente pour que l’on commence à en voir l’intérêt.

  • inclure dans le logiciel une partie éditoriale, que l’on maîtrise bien grâce à WeLoveSaaS, pour accompagner les DSI et les utilisateurs dans leur découverte et leur propre formation aux différents outils SaaS

Voilà qui donne de nouveaux mockups, et un nouveau « step » de développement (et aussi, zut, de nouvelles fonctionnalités…), et au final une nouvelle « gueule » pour notre logiciel (qui n’est alors utilisé par personne, hein) :

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En juillet-août 2012, je profite aussi que ça se calme au niveau des contacts pour poser le premier « exec-summary » de Calabio. L’occasion aussi de plonger dans tout ce qui est finances et BP financier. Au final, l’executive summary est plus un document entre un BP et un vrai exec de 2 pages, avec finalement tout ce qu’il faut pour comprendre (en l’état) le projet. Il sera envoyé à quelques personnes de mon entourage pour avis sur le « financement potentiel » du projet par des BA pour début 2013.

15 septembre 2012 – Noël 2012

Sortie de la Beta v2. Enfin !

C’est par ce mail-type (ci-dessous) que j’invite une quarantaine de nouveaux testeurs, beaucoup plus “moyenne entreprise déjà bien structurée” à rejoindre la plateforme Calabio. Si l’on a alors des problèmes de stabilité, au moins a-t-on quelque chose à montrer et on peut vraiment expliquer où l’on va — et les retours commencent enfin à être intéressants.

mail v2 -- 01 mail v2 -- 02 mail v2 -- 03 mail v2 -- 04 mail v2 -- 05 mail v2 -- 06

 

Les discussions avec les DSI (beaucoup via mes réseaux d’anciens + le réseau du réseau — mais toujours des personnes que je ne connais pas directement) permettent de bien muscler le discours, de comprendre mieux les besoins.

On commence à y voir un peu plus clair. Notre positionnement business, fort des 9 mois précédents qui nous ont bien tanné le cuir, est vraiment de plus en plus crédible. Nous entrons en phase de recherche de fonds “non capitalistiques” avec un réseau de prêt d’honneur (Inovizi) et pour un prêt bancaire associé. Le total de ce plan de financement devrait nous permettre de staffer un minimum, de rembourser une partie du cash sorti, et de patienter tranquillement en mode bootstrap jusqu’à ce que la techno soit prête. C’est le doc que vous pouvez retrouver tout en haut de cette page, qui reflète la maturation du projet à date.

En parallèle (sûrement encore une erreur de ma part sur le manque de focus et de priorisation, j’ai de longue date prêché pour cette voie) nous décidons le développement d’une version “solo”. Ce sera myCalabio, qui est en fait un outil de partage des outils que chacun utilise, avec un moteur de recommandation d’autres applis (une fois que nous savons les 8 applis, par exemple, que vous utilisez, nos algos nous permettent de vous proposer une nouvelle application à tester chaque semaine ou mois). Ainsi qu’un bel effort de dév et de r&d, avec une centralisation via les APIs des principaux services sur un dashboard vraiment chouette.

Voilà à quoi cela ressemble, en version « look revisité une nouvelle fois par mon besoin compulsif de faire de belles interfaces » :

La page d'accueil de Calabio / myCalabio

La page d’accueil de Calabio / myCalabio

Les listes de logiciels utilisés par ceux qui désirent les partager, avec la promesse de recommandations et de la possibilité de trouver de nouveaux logiciels qui les intéressent.

Les listes de logiciels utilisés par ceux qui désirent les partager, avec la promesse de recommandations et de la possibilité de trouver de nouveaux logiciels qui les intéressent.

La page de profil dûment complétée, censée faire un peu de referral aussi :)

La page de profil dûment complétée, censée faire un peu de referral aussi :)

Le dashboard que nous proposions, avec une dizaine de SaaS pluggés dessus, permettant sur une seule page (dont on pouvait même choisir le fond d'écran :) de voir les infos principales de ses logiciels : atteinte de quotas, derniers partages, dernières discussions, remontées d'analytics, ... en mode dashboard pro SaaS donc. Sûrement le plus beau morceau de code que nous ayions fait, c'était quand même un joli logiciel avec le recul !

Le dashboard que nous proposions, avec une dizaine de SaaS pluggés dessus, permettant sur une seule page (dont on pouvait même choisir le fond d’écran :) ) de voir les infos principales de ses logiciels : atteinte de quotas, derniers partages, dernières discussions, remontées d’analytics, … en mode dashboard pro SaaS donc. Sûrement le plus beau morceau de code que nous ayions fait, c’était quand même un joli logiciel avec le recul !

L'outil de recherche et de sélection de logiciels, tout en intéractions .js...

L’outil de recherche et de sélection de logiciels, tout en interactions .js…

Le système poussait à un Linkedin Connect, permettant ainsi pour nous de faire connaître le service via les flux de nos utilisateurs (annonce de création de compte, annonce d'utilisation d'un nouveau logiciel, ...) mais aussi et surtout de renforcer l'intérêt du service en vous montrant qui utilise quoi parmi vos connexions, d'une part, et aussi en tirant des stats et de la data d'usage en fonction des profils d'utilisateur. Pour proposer de meilleures recommandations, et aussi des datas aux éditeurs et leur permettre de cibler leur marketing via notre plateforme.

Le système poussait à un Linkedin Connect, permettant ainsi pour nous de faire connaître le service via les flux de nos utilisateurs (annonce de création de compte, annonce d’utilisation d’un nouveau logiciel, …) mais aussi et surtout de renforcer l’intérêt du service en vous montrant qui utilise quoi parmi vos connexions, d’une part, et aussi en tirant des stats et de la data d’usage en fonction des profils d’utilisateur. Pour proposer de meilleures recommandations, et aussi des datas aux éditeurs et leur permettre de cibler leur marketing via notre plateforme.

L’idée est là de capter en mode “IT Consumerization” une base importante d’utilisateurs de SaaS (pas forcément les DSI, mais bien les utilisateurs directement) pour :
1. avoir de la data pour faire tourner nos algos de recommandation de logiciels ;
2. avoir un produit sympa, bien délimité, pour montrer qu’on sait sortir quelque chose rapidement ;
3. choper de la traction pour ensuite remonter dans les entreprises depuis les utilisateurs vers les DSI / Directions ;
et enfin 4. il y a un vrai intérêt business puisque via l’affiliation il est possible de prendre, sur certains logiciels, jusqu’à 25 ou 30% du recurring revenue, lifetime (derrière les mots anglais barbares, cela signifie que si je ramène un client à un éditeur de logiciel, je gagne, à vie, 20 à 30% des dépenses engendrées – pas mal avec certains softs à 200€ par mois :) )

Du côté de WeLoveSaaS, cela va pas mal non plus. Nous sommes clairement le média n°1 sur le SaaS pour entreprises à ce moment de l’aventure, en à peu près un an. On culmine à environ 800-1000 visiteurs jours bien qualifiés, on a une roadmap assez claire sur ce qu’il faut améliorer. On lance aussi, à la demande des éditeurs, des offres de visibilité sous forme de bannières principalement, et on parvient à en vendre quelques unes sans trop d’effort. On a aussi organisé deux BarCamp SaaS (un à Paris, un à Toulouse), ce qui accroît notre proximité avec les éditeurs, tous d’après leurs échanges très en attente de moyens de vendre de manière indirecte leurs logiciels…

 

Côté relations dans l’équipe, c’est en revanche beaucoup plus compliqué à mon sens, malgré les quelques bonnes nouvelles qui montrent qu’on avance, même si c’est trop lentement à mon goût.

Au-delà de la présence physique ou de la localisation géographique – nous travaillons à distance (Clément entre la Normandie, Paris, et l’Allemagne et Guillaume souvent à Saint-Etienne)- et même si ce n’a jamais été un point de focus unique pour moi, je reste persuadé que l’on peut très bien fonctionner à distance si certains fondamentaux sont réunis – c’est plutôt deux sentiments très personnels qui vont préparer le terrain, petit à petit, pour l’explosion de la startup :

  • je n’arrive plus à travailler avec Guillaume, la communication est très compliquée, je n’ai pas de visibilité sur les avancées tech, les (quelques) méthodos que nous avons mis en place ne sont pas vraiment suivies, et je rumine tout cela depuis déjà quelques temps, même si parfois je trouve le moyen d’en parler avec lui le message ne passe pas ou plus entre nous

  • j’ai le sentiment que je tire le projet seul, que l’on ne partage pas vraiment une vision commune, et que je n’ai pas deux dirigeants avec moi : Clément se met peu à peu dans une situation plus “premier salarié”, et Guillaume ne me donne pas de gages sur la partie “organisation de la partie dév/technique” et sur sa propension à gérer / leader une équipe.

Noël 2012, début 2013.

Après des mois de novembre et de décembre 2012 bien remplis (on lance et teste pas mal de choses, je bosse pas mal sur les dossiers bancaires et prêt d’honneur, …) j’arrive en fin d’année un peu lessivé. Je sais que le projet a un vrai beau potentiel, mais l’arrivée de Noël me donne le temps de réfléchir à l’année écoulée.

Le 27 décembre précédent (donc fin 2011) j’avais eu une longue discussion avec Guillaume en mode Walk&Talk dans Lyon, où je m’étais ouvert de ce qui était important pour moi dans l’aventure de cette startup : communication, rapidité d’exécution, construction d’équipe, ambition, besoin d’être challengé par mes partenaires… J’ai eu plus ou moins la même conversation mi-novembre 2012, avec l’impression que les mêmes problèmes sont toujours là, ou que l’on n’arrive pas à en parler clairement. Et c’est finalement en faisant la liste de ce qui me frustre dans le projet, et en regardant ce que l’équipe actuelle me semble pouvoir faire ou changer, après un peu plus de 14 mois dans les pattes, et dans les conditions que nous nous sommes nous-mêmes construites au fil du temps, que je prends conscience que l’aventure doit toucher à sa fin.

Le but n’est pas ici d’exposer les raisons qui m’ont poussé à décider de la fin de l’aventure, je ne crois pas que ce soit ni facile ni utile d’en faire étalage. Et je crois que c’est peut-être le point qui demande le plus de recul, ce dont je manque très sûrement encore à l’heure actuelle.

Quoi qu’il en soit, je suis passé par beaucoup d’émotions, beaucoup de tristesse, une sensation de vide, de l’énervement, de l’envie de continuer coûte que coûte car ce n’était qu’un mauvais moment à passer, du soulagement, de la grosse frustration, en passant par le calcul de toutes les possibilités… ma décision était prise de ne pas continuer ce projet.

Ensuite, janvier-juin 2013

Annonce à Guillaume puis à Clément, incompréhensions compréhensibles (j’ai très mal géré je pense la communication et les annonces), négos par rapport à ce qu’on devait encore à Clément, puis échanges plus durs avec Guillaume, amitié de 10 ans qui vole en éclats, nécessité de gérer la transition de WeLoveSaaS (toujours pas réglée par ailleurs), remboursement des dettes (Guillaume avait avancé la majorité des dépenses via son entreprise), annonce aux personnes impliquées de près, puis de moins près, annonce et explication aux proches « perso » dont certains amis communs…

La fin d’une startup est toujours abrupte, et sans doute l’a-t-elle été encore plus pour mes deux anciens associés du fait que c’est moi qui ai tiré la prise, et lorsqu’en plus il y avait des relations d’amitiés qui préexistaient. Et j’ai préféré détricoter l’ensemble le plus rapidement possible pour que chacun puisse repartir sur de nouvelles aventures, forts des enseignements de celle-ci.

De mon côté j’ai, suite à l’annonce de la décision, évidemment quelques moment de déprime, ainsi qu’un gros manque suite à une expérience intense qui s’arrête. J’imagine que la retraite doit faire un peu la même sensation, on a du mal à se dire que c’est terminé, on regrette, on se dit que ce n’était finalement pas si mal, qu’on aurait dû se donner encore un peu de temps… et puis l’on se dit aussi que c’était la seule décision qu’il fallait prendre et qu’il faut maintenant se remettre en selle sur autre chose, focaliser son énergie pour qu’elle redevienne positive, que l’on refasse ce que l’on sait faire de mieux : lancer un business :). Même si l’on s’est planté, ce ne sont pas les personnes qui sont fichues, c’est le projet.

Retour sur quelques réflexions faites à l’époque du lancement de la startup.

Je me souviens avoir pas mal réfléchi (d’ailleurs cela avait donné quelques articles) à certains points “spécifiques” liés à la façon dont je lançais le projet. Maintenant que le vécu est passé dessus, c’est l’occasion d’y revenir :)

S’associer avec un ami. C’est clairement le point le plus douloureux de l’expérience. Puisqu’en l’occurrence j’ai un ami en moins après l’aventure. Ce qui ne veut pas dire que ça ne peut pas marcher, c’est au contraire un vrai test de la solidité de vos amitiés. Et cela signifie aussi qu’il faut faire *encore plus* le boulot de préparation en amont pour bien aligner les intérêts, les envies, la projection dans le projet… et ne pas oublier de se parler franchement de manière continue.

Partir sans idée. Là pour le coup, je suis convaincu maintenant que l’on peut décider de se lancer, et de trouver une bonne idée (ou en tout cas ce qui pousse à se lancer dans une voie particulière) de manière “intellectuelle” et programmée, en moins d’un mois à mi-temps. Il faut juste se dire que c’est un point de départ et qu’à l’arrivée le projet en sera bien différent.

Faire 50-50. J’étais un assez fervent supporter du 50-50, qui est pour moi l’une des bonnes manières d’aligner les intérêts des associés. Cela reste vrai, dans mon esprit, avec quelques petites précisions : c’est le cas lorsque le projet ne peut pas être monté tout seul et que les zones de compétences sont aussi importantes, et cela doit pouvoir évoluer ensuite en fonction de l’implication réelle des associés, et non pas rester figé comme un truc gravé dans le marbre. Et évidemment, cela est à revoir si d’autres personnes rentrent dans la danse !

 

Erreurs et leçons.

Voilà, si vous arrivez jusque là, bravo, ça a été relativement long, désolé :)

La meilleure partie d’un post-mortem, pour celui qui l’écrit, c’est évidemment celle où l’on tire quelques leçons de ses erreurs. Si cela ne vous servira pas forcément (je pense qu’on apprend 10 fois moins des erreurs des autres que des siennes, donc faites les vôtres pour apprendre, héhé !), je sais que je repasserai moi-même relire ces lignes de temps à autre… histoire de ne pas oublier !

 

En matière d’association, toujours écrire ce qu’on attend de l’autre, et combien/comment on le valorise. Je crois que la première bonne étape, comme l’a bien expliqué mon copain Franck dans son concept de Minimum Viable Team, c’est de se tester sur un petit projet. Je ne l’ai pas fait et on est tous partis directement dans le dur sans se donner la chance de s’apprivoiser les uns les autres (peut-être aussi ne le voulais-je pas vraiment et souhaitais-je juste foncer comme je l’entendais ?). La seconde bonne étape est d’envisager les cas où ça tourne mal, et d’écrire quelque chose, sous forme d’un pacte d’associés. Vraiment, si vous êtes déjà dans le rush de la vie quotidienne et que vous n’en avez pas un (même rédigé entre vous sans avocat), il y a urgence : prenez 2 jours au vert entre associés pour le faire.

Vélocité & recherche du premier client / utilisateur. On ne va jamais assez vite en création d’entreprise, je pense. Et il est très facile de se complaire dans des phases “internes” : écriture du business-plan, polishing de l’interface pour qu’elle soit vraiment jolie, création des outils internes, lecture d’études de marché ou de grandes tendances sectorielles, recherches sur la concurrence… On a vite dérapé d’un mois, puis deux… Alors que la seule chose qui compte, ce sont les clients. En trouver un premier, lancer un premier produit, chercher à vendre quelque chose : tout cela peut et doit se faire dans les 3 premiers mois du projet à mon sens au risque de taper dans le mur d’ici peu de temps

Focus. Pour aller vite (et bien), il faut se forcer à être monomaniaque. Quitte à changer de monomanie de manière récurrente et fréquente, mais il faut décider d’abandonner de nombreux combats pour se focaliser sur un obstacle à la fois. On ne peut pas être bon partout en même temps, et c’est beaucoup plus efficace de se spécialiser, même pour ne serait-ce qu’une semaine sur un point précis qu’il faut « faire tomber ».

Surtout avec des amis, ne pas louper la phase d’alignement des objectifs, des valeurs, des apports à l’autre. On a vraiment trop tendance à se dire que le socle amical va suffire à tout aligner que l’on se réfugie bien trop tôt dans le quotidien du projet et dans les tâches de chacun, en se disant « de toute manière on est pote, pas besoin de tirer certains trucs au clair ». Alors que ce n’est pas parce que l’on est amis que l’on cherche forcément la même chose, où que l’on place la barre du succès au même endroit. Et quand l’on avance trop sans être aligné sur ces choses fondamentales, l’incompréhension est immense et toute tentative de résolution « pacifique » compliquée…

Communication, communication, communication… Encore une fois, c’est le point clé de toute association qui marche. Si la communication est un problème, c’est à mon sens le vrai signe qu’il y a quelque chose qui cloche, de bien plus profond que juste les quelques énervements qu’il est normal de ressentir lorsque l’on vit quelque chose de fort et de stressant, de nombreuses heures par jours sur de nombreux mois, avec quelqu’un.

Vision. Au-delà du produit, du business-model, des fonctionnalités, de son plan d’acquisition… un élément vital pour une entreprise est la vision. C’est l’objectif très long terme qui permet, quelles que soient les difficultés rencontrées en chemin, et quels que soient les pivots qui arriveront de toute manière dans les premières années de la startup, de garder un cap, de prendre les décisions difficiles, et de rameuter autour de vous ceux qui vont vous aider à grandir : investisseurs, salariés, associés, partenaires, … Il faut quelque chose d’ambitieux et de fort, certes qui ne vient pas tout seul, mais qui est un vrai plus pour votre aventure.

Le coût de ces leçons.

25K€ de dépenses sur le projet pour ma pomme (un peu moins pour Guillaume, rien pour Clément qui lui a été payé pour son travail), 18 mois sans revenu, un goût amer, un ami en moins, l’utilisation de quelques jokers persos vis-à-vis de mon entourage, beaucoup d’énergie perdue en chemin, un peu de naïveté disparue, des contacts réseau mobilisés pour peu de résultat, le sentiment que c’était vraiment le bon timing (perso et marché) pour ce projet et que cela ne se rouvrira peut-être pas de si tôt, quelques belles opportunités de rejoindre d’autres belles startups non poursuivies, et en tant que celui qui tirait le projet et a décidé de tirer la prise, j’ai en prime la responsabilité de faire porter l’échec à mes anciens associés aussi……

Tout n’est pas à mettre sur le même plan, évidemment, mais globalement, l’aventure n’est pas une franche réussite comme vous vous en doutez, et malgré aujourd’hui le fait que ce soit (un peu, seulement) digéré et que du coup je suis quand même moins noir qu’il y a seulement quelques temps…

Même si j’ai énormément appris, le trou laissé par l’aventure est encore assez important, et c’est quelque chose de finalement assez dur à assumer. Même si mes discours sur l’échec et les discussions avec de nombreux entrepreneurs qui se sont plantés me font relativiser cela (la vie business est longue :) ), il n’en reste pas moins que j’aurais préféré ne pas me planter ! Et que “l’apprentissage” ne paiera que sur le long terme, au gré des projets suivants…

Quoi qu’il en soit, je vous partagerai réussites et plantages à venir sur ce blog, évidemment !

N’hésitez pas à réagir dans les commentaires ci-dessous, ça me fera plaisir de voir ce que vous pensez de ce partage d’expériences !  

 

– = – =

163

  1. « Alors que la seule chose qui compte, ce sont les clients. En trouver un premier, lancer un premier produit, chercher à vendre quelque chose : tout cela peut et doit se faire dans les 3 premiers mois du projet à mon sens au risque de taper dans le mur d’ici peu de temps… »

    J’ai meme envie de dire : faut-il se lancer avant d’avoir 1 ou 2 premiers contrats signés ?

  2. Merci beaucoup Guilhem pour ce témoignage détaillé, qui devrait désormais devenir une lecture obligatoire à tout entrepreneur qui débute. C’est d’autant plus pertinent que tu partais avec un certain nombre de cartes en main que beaucoup n’ont pas : le réseau, l’expérience, l’équipe. Et que te livrer ici est également un risque non négligeable.

    Au final, si j’ai bien compris, c’est quand même surtout l’humain qui a fait obstacle dans votre aventure. Un manque d’alignement des objectifs. Cela vient conforter l’idée souvent répétée que le principal concurrent à sa réussite n’est pas les autres entreprises, mais soit-même. D’ailleurs tu ne parles quasiment pas de la concurrence. Et on ne peut s’empêcher à te lire de penser qu’il y avait bel et bien une opportunité pour WeLoveSaas / Calabio. Perso, j’ai l’impression qu’on est à fond dans le débat « faut-il bosser avec ses amis » également débattu chez Sylvain : http://sylvaintillon.com/2013/06/bosser-avec-un-pote-est-ce-une-bonne-idee/

    Enfin, si j’ai bien suivi toujours, il y a un point que tu omets qui me parait important. C’est qu’à priori, cette aventure t’a permis de rebondir et de créer une nouvelle entreprise directement en prise avec les enseignements tirés. Dis moi si je me trompe, mais Invox reprend les éléments les mieux maîtrisés de l’expérience WeLoveSaas et en fait un marché. Car même si tu dis qu’il est possible de trouver une idée de startup « de nul part », de mon côté j’ai l’impression que c’est surtout dans la vie professionnelle que l’on trouve les meilleures idées, que c’est qu’on a « une vraie vie », avec de vrais problèmes, qu’on trouve de vraies solutions à y apporter. Et cela, hormis pour les milliards de réseaux sociaux qui se créent sans cesse, tend à prouver qu’un peu d’expérience est bénéfique aux apprentis créateurs d’entreprises qui sortent des rangs des écoles de commerce…

    Encore merci pour ton partage d’expérience, et bonne continuation pour la suite !

  3. Madjid Yahiaoui

    18 juillet 2013 at 13:02

    Bonjour Guilhem,

    Merci de nous avoir livré cette expérience qui est est d’une grande richesse. L’entrepreneuriat est inscrit dans ton ADN… Tu es et tu resteras un entrepreneur dans le sang et dans l’âme !
    Au plaisir de te revoir sur Paris pour échanger plus longuement sur tes projets à venir 😉
    PS: je serai preneur pour une master-class sur ce sujet avec mes étudiants…

    Amitiés,

    Madjid

  4. Merci pour ce partage, qui j’imagine, n’a pas toujours du être facile. Très riche d’enseignements et à bookmarquer absolument.

  5. Triste fin…heureux début ! C’est très courageux d’avoir pris la décision d’arrêter alors que le potentiel était là. Il faut savoir arrêter quand le moment vient, quand on a plus besoin de la canne que représente le projet et que notre instinct de survie est en alerte. L’égo en prend un coup, l’amitié dans votre cas aussi. Mais avec le temps tout s’atténue et les leçons de cette aventure magnifique qu’est entrepreneuriat vous serviront pour de nouvelles constructions. L’argent n’est pas le nerf de la guerre comme beaucoup d’entrepreneurs le pensent mais c’est véritablement la communication le plus important, sans vision commune, sans générosité d’énergie et de volonté, sans véritable « couple », l’entreprise n’est rien, ou vivote et meurt dans la déchirure et la souffrance. Dur de trouver des associés, la nature humaine est complexe et l’égo est souvent trop grand. Bon courage Guilhem.

  6. Super interessant comme retour d’experience, une des premieres fois que je vois quelque chose d’aussi detaille.

    On peut donc dire que ta startup a echoue principalement pour des raisons humaines, mais que le projet vaut toujours le coup. Peut-etre pourrais tu reprendre avec d’autres personnes, ou le vendre? Ca serait dommage de ne pas essayer d’en tirer quelque chose (a part l’experience bien sur).

    J’ai fait un post-mortem aussi ici: http://www.sparklewise.com/post-mortem-5-mistakes-i-made-with-my-first-online-product/ mais pas aussi detaille :-)

    • Boh, j’ai un peu open-sourcé les aspects business, si quelqu’un se sent de s’en servir pour faire quelque chose (j’imagine que quelques uns de nos concurrents ou certains projets qui bossaient sur des trucs parallèles iront y jeter un oeil), pas de souci :)

      Pas de grosse volonté de ma part de vendre quelque chose, time to go on !

  7. Marie Dilouik

    18 juillet 2013 at 13:53

    Article passionnant ! Qu’il soit long n’est pas gênant dans la mesure où tout ce qui y est dit est plus qu’intéressant ! Merci beaucoup pour ce partage d’expérience.

  8. Je suis le premier à avoir terminé la lecture ? :p

    Très bon article, merci beaucoup pour ce partage ! Etant actuellement dans une aventure similaire avec 2 amis, tes conseils résonnent d’autant plus !

    Quelle est la suite maintenant pour toi ? Il faudrait peut-être le rajouter en fin d’article :)

  9. En fait non, je ne voyais pas les autres commentaires :)

  10. BENHAMOU CYRIL

    18 juillet 2013 at 14:22

    Merci Guilhem pour ces retours sinceres et pour ton analyse.
    Néanmoins, mon avis est qu’il faut faire attention à ne pas trop vouloir intellectualiser la démarche entrepreneuriale.

  11. Merci beaucoup pour ce post super détaillé !
    je suis actuellement responsable comm’ de wemanity (startup dans l’IT que je t’invite à découvrir car différenciante de par son ADN : serial entrepreneurs, agilistes convaincus… ; son management : humain plutôt que rentabilité, ses leitmotiv : congrence, fun, transparence, dépassement de soi… http://wemanity.com/) lancée depuis mars dernier. Je vais donc partager cet articles avec mes coopérateurs :)
    Pour ce qui est de la suite pour toi en plus du fait que, tu le sais, :p « we need more loosers » on a le droit de se planter, l’important si on fail c’est de « fail fast » (pratiques tech http://martinfowler.com/ieeeSoftware/failFast.pdf) !!!
    donc go :)
    bonne continuation
    Céline

  12. Salut Guilhem !

    Pfiouu, j’arrive enfin en bas de ton article :)
    Déjà, bravo pour le travail de synthèse de cette aventure. Comme tu le dis, cela te sera utile d’y revenir plus tard. Je n’ai appris que récemment que l’aventure WeLoveSaas s’était arrêtée. Du coup le lien que je t’ai envoyé début juin n’a pas dû te servir à grand chose…

    Bref, c’est sympa de pouvoir suivre votre parcours en toute transparence. Certes, il n’y a ici qu’un point de vue mais c’est tout de même intéressant. Les deux dernières parties de ton article (réflexions initiales et erreurs/leçons) sont à mon sens les plus intéressantes. Même si ça ne fait pas aussi bien les pieds que ses propres erreurs, tes expériences peuvent néanmoins servir de radar à emmerdes (je n’ai pas trouvé de meilleur mot !).

    En tout cas, bonne continuation avec Invox :)

    PS : Je suis certain que ce long article va se démarquer par rapport aux autres. Je sais que je suis chiant avec ça mais j’en suis convaincu ^^

  13. Un grand merci Guilhem pour ce retour et cette transparence. Je ne sais pas quelle voie tu vas prendre ces prochaines semaines, mais bonne chance à toi.

  14. Bonjour Guilhem,
    Bonjour à tous,

    Un très grand merci pour ton retour d’expérience. Tout entrepreneur qui te lit ne peut le faire qu’avec empathie. Les doutes et les échecs font partie du chemin, et c’est probablement pour aller encore plus loin.

    Intéressant de mieux comprendre les étapes par lesquelles vous êtes passées, cet article vient bien compléter la lecture des précédents en les intégrant dans la structure globale de l’aventure welovesaas/calabio.

    Courage pour rebondir, c’est aussi le bon moment pour (re)faire l’inventaire des cartes que tu as encore en main, je pense qu’elles sont toujours nombreuses et de valeur. Ce bilan te permet d’en ajouter des nouvelles et renforcer les points qui ont fait que ça n’a pas marcher.

    Continue à partager et à avancer, je continuerai de te suivre avec bcp d’intérêt.
    Merci
    Gaétan

  15. Salut Guilhem, je n’ai pas souvent pris l’occasion de réagir à tes billets que je lis de temps en temps et toujours avec plaisir. Aussi, bravo pour l’exercice de revenir sur ce parcours et de le partager avec d’autres. Il me semble, en effet, que les principaux manques furent les suivants :
    1) vous avez voulu résoudre plusieurs problèmes à la fois (dur) quand un seul eut été suffisant : le meilleur, le plus important – le premier client s’ensuivait.
    2) un bon pacte d’associés repose sur les contributions de chacun et un certain état d’esprit. Il me semble que cela a manqué.
    3) du leadership : à la fin de la journée, quelqu’un tranche et les autres s’y rallient.
    C’est d’autant plus visible à mes yeux que le travail que vous avez fourni semble remarquable…
    A très vite dans ta nouvelle aventure
    Bien amicalement,
    Guy

  16. Bonjour,

    Je suis votre blog de manière assez régulière. Je voulais juste vous dire que le projet sur lequel nous travaillons en ce moment mon associé et moi est également soumis à des aléas qui pourraient brusquement le faire basculer du côté de l’échec. Bien on ne l’espère pas mais c’est une possibilité aussi merci d’avoir partagé votre expérience qui aide aussi les autres à assumer de ne pas réussir.
    Je voulais aussi vous inciter à croire en votre instinct. J’ai bien l’impression que le vôtre vous a soufflé la Cochon Box un peu avant que tout le monde se lance sur le créneau des box culinaires en général. S’il vous ré-adresse la parole, il faudra peut-être lui donner sa chance cette fois-ci…
    Et pour finir, il fait enfin beau alors une idée pour remplir le vide : se refocaliser sur le bronzage :)

  17. Je n’ai qu’un mot à dire, c’est BRAVO
    Bravo Guilhem d’avoir le courage d’avoir écrit ce post mortem. Je commence de mon côté la création d’une entreprise et tu nous donnes vraiment de très bons conseils.
    Encore bravo, et pour moi quand on en arrive là, ce n’est plus un fail…tu as le courage de bien analyser tes erreurs, je n’ai aucun doute, la prochaine startup sera la bonne 😉

    Bonne continuation

  18. Excellent article, as usual.

    Le lecteur lui-même ressent de l’âcreté en fin de billet car d’un point de vue externe tout avait l’air plutôt prolifique, notamment sur le volet commercial où tout restait possible.

    – Peut-être aurait-il fallut s’entourer d’un vieux briscard/mentor du business pour driver de loin et de façon impartiale les 3 dirigeants ?
    – Aussi, il semble que vous ayez vu rouge en l’espace de seulement 2 mois ce qui parait assez peu compte-tenu des 18 mois de cette aventure prometteuse. Je vous ai lu plus d’une fois écrire à propos de l’inéluctable ascenseur émotionnel de l’entrepreneuriat. Des petites vacances aurait pu faire l’affaire 😉
    – Enfin, et dans une moindre mesure, peut-être aurait-il fallut se focus sur le verrouillage du marché Calabio avant de se disperser sur le dev’ de MyCalabio ce qui a fait perdre l’équipe en vélocité ?

    Bon courage pour la suite anyway :)

    • Clairement pour la vélocité.
      Après j’ai ressenti qu’un truc était cassé, ou plusieurs d’ailleurs et, sans m’étaler ici sur les raisons qui ont fait que j’ai pris la décision de mettre fin au projet, c’est la seule décision que je pouvais prendre.
      Tu as raison sur l’ascenseur émotionnel, sans doute que la période était plus propice au doute, mais je crois avoir mûri la décision en essayant justement d’en tenir compte. Et pas seulement sur deux mois, mais je crois avoir laissé pas mal de choses de côté avant pour me focaliser sur le business…

      • J’espère simplement que vous ne vous mettrez pas en liquidation pour ne pas rejoindre le club des ex-dirigents de start-up fichés en indicateur « 040 » auprès de Banque de France (privation de gérance, complication sur tout type de prêts…).
        J’en suis pas ravi tous les jours ^^

        PS : Assez cool d’apporter sa modeste lumière au gourou de l’entrepreneuriat morderne 😉

  19. marjolaine grondin

    18 juillet 2013 at 16:06

    Merci pour ce témoignage juste et édifiant. beaucoup d’erreurs et d’impasses dans lesquelles je me suis reconnue ! actuellement en phase de restructuration de mon projet, cet article va m’être d’une aide précieuse :)

  20. Bravo pour l’initiative Guilhem, pour une fois que la transparence n’est pas un simple slogan :)

    J’ai trouvé ce post-mortem très riche et captivant. Finalement, la seule chose qui m’étonne est que tu aies arrêté à ce stade. Il y a un côté inexplicable et intuitif dans ce genre de décision, je ne me permets pas de la remettre en cause !

    Mais puisque tu invites à la réaction dans les commentaires, voici la mienne ; le travail effectué est considérable (tous les documents partagés ici le démontrent), le marché demeure prometteur, en tout cas vous n’avez pas fait face à l’invalidation par le marché de vos dernières tentatives (si j’ai bien lu). L’écueil principal que tu évoques est de l’ordre du tuning d’équipe. Cela doit être terriblement frustrant d’interrompre un projet pour ces seules raisons, et j’imagine que la fatigue y est pour beaucoup. Mais ma réaction perso demeure « mais pourquoi donc a-t-il arrêté si « vite »… ».

    En tout cas, je ne me fais pas de souci pour toi pour la suite !!! A très bientôt,
    PhilH.

    • Je rejoins ton analyse, et au final je dois être peu endurant, en tout cas moins que toi ^^
      C’est sans doute un de mes axes de travail à l’avenir, c’est important pour construire de belles boites !

  21. Salut,

    Grand respect à toi pour cet article et pour toutes ces explications.

    Moi-même j’ai expérimenté aussi quelques projets qui m’ont demandé pas mal d’investissement… et qui ont fini par un crash…

    Je trouve que c’est bien d’entendre aussi ceux qui n’ont pas réussi à amorcer… car parfois on est bassinée par les success stories, mais les échecs ont entend rarement parler…

    En complément à ton article : http://www.webbax.ch/2013/05/13/blam-tu-te-scratches/

    Garde la motivation pour la suite, ce n’est pas toujours facile… mais une chose est sûre ceux qui n’essaient pas ne prennent aucun risque.

    Bonne continuation !

  22. Bonjour Guilhem,

    Merci beaucoup pour ce témoignage complet et honnête ! (et pour les autres articles d’ailleurs, tout aussi intéressants) Il est en effet toujours possible de discuter de leurs échecs avec des entrepreneurs, mais trop peu prennent la peine de partager publiquement cet échec (tandis qu’il y a du monde pour raconter ce qui marche).

    La phrase qui résonne le plus pour moi (même si l’article est très dense en enseignements), c’est « je pense qu’on apprend 10 fois moins des erreurs des autres que des siennes, donc faites les vôtres pour apprendre ». Il est en effet « facile » de savoir, et même d’enseigner… c’est appliquer qui est difficile ! Je m’en rends compte tous les jours dans ma start-up : mes belles théories, mes convictions et les conseils que je donne aux autres deviennent tout de suite plus fragiles quand ils s’appliquent à moi et mes actions…

    Merci encore pour tous ces conseils, et bon courage pour la fin et la suite !

    Pierre

  23. Salut Guilhem,

    C’est beau un entrepreneur qui tombe le masque !

    Bravo pour cette liberté de ton, mais surtout pour la décision de « tirer la prise ». En « mode start-up », c’est à dire very low budget, ce n’est souvent pas la tréso qui donne le La, et si je comprends bien, c’est quand tu n’avais plus l’envie que tu as décidé d’arrêter. Je trouve que c’est le plus grand piège qui guette un entrepreneur que de s’obséder dans son projet sans savoir écouter les indices qui lui disent que c’est la fin. Alors encore une fois bravo, et bon courage pour déglutir tout ça…

    Tu repars plus fort pour Invox !

    Et merci pour cet article

  24. Salut Guilhem, un grand bravo pour ce billet et un grand merci pour cette transparence et cet échange d’expérience…

    Connaissant également des doutes similaires sur mes aventures entrepreneuriales, j’attendais ce récit avec impatience…

    Ma 1ere question est : n’y a t’il rien de recuperable et d’encore exploitable dans tout ce qui a été fait ? Ok l’annuaire we love saas peut generer quelques revenus d’affiliation si tu le maintiens en vie mais quid de calibio : l’idée reste bonne non ? Et proche de trouver un marché non ? Bref n’as tu pas envie de reprendre ces actifs et de les réexploiter avec une autre équipe (ok je comprends que tu sois lessivé et que tu veuilles passer a autre chose)…. J’ai connu la meme galere en 2002 sur des actifs similaires (les premices du saas)… Et mon plus grand regret a été de ne pas avoir repris très rapidement les « débris  » restants pour rebâtir quelque chose de solide et durable…qui aurait pu cartonner 😉

    Pour revenir sur les leçons que tu en tires et notamment la partie associés vs communication : je pense très sincèrement que le travail a distance entre 2 associés a 50/50 n’est vraiment pas la panacée et qu’elle favorise certaines rancoeurs voires quelques suspicions (volume de travail réel, implication mentale et opérationnelle, sacrifices dans la vie perso….)… Bref si j’avais la chance de retrouver un associé (un techos ;-)) ça serait pour bosser a coté de lui a 70-80% du temps au moins des que le produit est live/commercialisable/commercialisé car c’est là que commence les tensions (avant c’est la phase bisounours où on prends son pied a conceptualiser/developper le produit).

    En lisant tous les commentaires (et en lisant les futurs), je salue haut et fort ton initiative citoyenne de faire partager ton expérience entrepreneuriale a travers un échec évident mais qui te fera surement rebondir avec de nouvelles armes dans ta nouvelle experience (e-content agency c’est bien ça ?)…tout comme toi je m’apprete a partager une experience similaire… Je ne sais pas comment encore (manque de moyens, manque d’equipe) mais je vais essayer d’aller jusqu’au bout de mon truc…en allant dans le mur surement mais au moins j’en partirai sans regret…

    Encore une fois un grand merci… Et courage a tous les entrepreneurs que nous sommes, en ces temps difficiles…où seuls quelques élus réussiront…Donc.

    Renaud

  25. Hello Guilhem,
    bravo pour cet article pas toujours simple (même si c’est un peu comme une thérapie ^^).
    Cela montre beaucoup de choses intéressantes : rien n’est jamais acquis, beaucoup de choses se jouent au niveau relations humaines…
    J’aimerais beaucoup, si possible, en discuter avec toi sous peu. Comme tu le sais, je bosse pour une startup SAAS qui marche bien et on développe une sorte de plateforme B2B, on aurait surement des choses intéressantes à échanger.
    Tiens moi au jus.
    Rémy

  26. Merci Guilhem pour ce témoignage exhaustif, transparent. C’est passionnant et finalement émouvant.
    J’en retire que c’est la confiance de chacun en chacun qui tient tout l’édifice.

    Hâte de suivre tes prochaines aventures !

  27. Quel témoignage ! Merci pour ta transparence et ta sincérité dans ce billet.
    Ca n’en restera pas moins une belle aventure entrepreneuriale et je vous souhaite tous les 3 de vous remémorer ce temps autour d’un bon verre une fois que chacun aura digéré. Bonne chance pour la suite !

  28. Merci pour ce témoignage détaillé et sincère, que je vais conseiller à tous les entrepreneurs en herbe autour de moi !
    M

  29. Merci beaucoup pour ton partage d’exeriance 😉

  30. Super post Guilhem, plein d’enseignements.

    Petite question : y avait il une grosse différence d’expérience entrepreneuriale entre ton associé et toi ? Ne penses tu pas qu’a un moment un entrepreneur expérimenté a le cuir tellement tanné qu’il devient difficile pour lui de faire durer sur le long terme une association (et qu’il vaut dans ce cas mieux aller à l’encontre de la sacro sainte régle du no-single-Founder chère aux fonds d’investissement ?)

    • Hmm, bonne question, ou en tout cas plutôt 2.
      Je pense qu’il y avait en effet quelques deltas dans l’expérience, pas forcément entrepreneuriale au sens large, mais plutôt sur des aventures purement startup. Ce qui est sûr c’est qu’avec l’expérience on a tendance à plus suivre son instinct et « trancher dans le lard » (pour le coup l’expression est très laide).
      Pour les règles des fonds d’invest, je crois qu’il n’y en a pas vraiment en fait, on voit tous les cas :)

  31. Merci pour ce partage, ayant moi meme fait un beau crash avec plus de 300 k, votre récit me donne l envie de publier egalement un post mortem car on y apprend énormément, cela est regrettable que tous le monde ne joue pas toujours la totale transparence comme vous le faite, car votre résumé permettra à d’autres entrepreneur je l’espere dans tirer des conclusions et d’éviter de refaire les meme erreurs que vous.Encore 1000 fois merci pour le partage.

  32. Bonjour Guilhem,
    Bravo pour cet article. Je pense qu’il te servira aussi à passer à autre chose, « à faire ton deuil ». Tu décris bien les différents mécanismes de la création et la mort d’un projet.
    Ce qui me fascine dans ce que tu écris, c’est que tu restes persuadé qu’on peut monter une startup avant d’avoir une idée forte et plus ou moins validée. Ta période de recherche d’idée reste un mystère pour moi. Il me semble que tu oublies un critère fondamental pour un créateur de startup : la crédibilité. C’est peut-être un peu « vieux jeu » mais ça me parait vraiment central, que ce soit pour lever des fonds, recruter les bonnes personnes au bon moment, convaincre les premiers clients, etc.
    Un autre élément clé dont tu ne parles pas vraiment : le timing. Avoir LA bonne idée est nécessaire mais pas suffisant, il est indispensable de l’avoir au bon moment.
    Bravo encore d’avoir su faire un point sur cette aventure, ca te permettra d’en tirer des enseignements, plutôt que de de garder inutilement un goût d’inachevé.
    Cordialement, Erix.

    • Pour répondre à deux de tes points :
      – la crédibilité se travaille (un peu) sur le moyen terme, l’idée de lancer WeLoveSaaS, c’était en très grande partie pour cela, je pense que sur quasi n’importe quel secteur on peut être très bon en 6 mois à condition d’y mettre l’énergie (et la méthode :)
      – le timing : la méthode de recherche d’idée (regarder des trends à l’étranger) se prête bien à justement « renifler » les tendances et s’assurer d’être dans un « pas trop mauvais » timing

  33. Salut Guilhem,

    c’est bien triste de lire le résultat de ce projet et la rupture avec Guillaume qui s’en est suivie. J’espère de tout coeur que vous pourrez vous retrouver.

    Ceci dit, je suis très étonné sur les trois points (s’associer avec un ami, faire 50/50 et partir sans idée) sur lesquels tu restes sur ta position d’avant l’aventure, alors que cette expérience prêche pour le contraire.

    1) Pour moi, s’associer avec un ami est vraiment trop risqué : autant je crois qu’on peut devenir ami avec des relations professionnelles, autant je ne crois pas du tout au contraire… Ou alors, il faut définir d’entrée de jeu qui tranche au final. Je ne crois pas au consensus permanent.
    2) Faire 50/50 est pour moi une mauvaise idée : d’une part en cas de désaccord, il faut que l’un tranche, et la répartition des parts permet de traduire juridiquement cette répartition des rôles. D’autre part, en cas de difficulté pour la société (et ça n’arrive pas qu’aux autres) il y a en général 1 seul porteur du projet qui porte le poids, devient caution perso et risque de tout perdre. Depuis sept ans que je suis directeur financier de PME, je peux témoigner qu’en cas de coup de vent il faut un capitaine à la barre, et un seul. Même s’il est vital d’avoir un équipage compétent, il faut qu’il y en ait un qui ait le dernier mot
    3) Je suis moins tranché sur l’aspect partir sans idée, mais vu l’énergie nécessaire à un chef d’entreprise, ça me parait assez étrange de choisir l’équipe avant de choisir le projet.

    au plaisir de déjeuner avec toi sur Lyon prochainement,
    Eric

    • Yop,
      Je crois qu’en effet ce qui restera (chez moi, en tout cas) comme sentiment une fois les autres un peu tempérés ou effacés par le temps, c’est la tristesse que l’aventure se soit achevée en eau de boudin… plus les dommages collatéraux.

      En fait je pense que :
      – pour l’association 50-50 ça reste valable, et que justement c’est ça qui montre que c’est la bonne association, c’est quand elle marche
      – ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas un seul qui décide in fine
      – le nombre d’amis étant limité par nature, il me reste quand même quelques essais pour te faire mentir 😉
      – j’ai connu une association avec un « non ami » qui s’est mal terminée aussi (je pense que tu vois de quoi je parle ^^)
      – pour l’idée, pour le coup, c’est une bonne phase de recherche, ça fait poser plein de bonnes questions !

      On se capte par ailleurs pour le déj ^^

  34. Waow ! Du courage, du courage et du courage, tu as dû en utiliser beaucoup pour rester 18 mois sans revenu, brûler 25 K€, choisir de débrancher la prise, perdre un ami et rédiger ce billet.

    Merci pour ce retour qui vaut son pesant de sincérité et d’expérience.

  35. Best startup post-mortem ever.

  36. Bravo pour cet article à classer dans les « articles mythiques » de la blogosphère de l’entrepreunariat. Tellement rare que ca fait du bien…

    Un truc me chiffonne… Pourquoi as-tu quitté l’incubateur dans avoir une idée précise du projet à monter ?
    Faire une veille en part-time, conceptualiser le projet, poser les bases… Franchement je trouve que tu t’es coupé les vivres bien tôt. A vouloir entre full time sans revenus on avance plus vite mais on crée d’autres problèmes.
    Clairement pas un exemple a suivre pour ceux étant salariés actuellement. Surtout ceux sans enfants peuvent facilement se dégager 4h par jour (en dormant moins), puis après y consacrer week-end et vacances également.

    • C’est tout simple, je n’arrive pas à ne pas être à fond sur un truc. Donc j’étais à fond sur l’incub, puis à fond sur mon projet (en commençant par le chercher)…
      Certains arrivent super bien à mener les deux de fronts, pas moi apparemment :)

  37. Voilà qui sera sans doute un sacré coup de pouce pour ceux qui se lancent, pour voir comment les choses peuvent évoluer, et quels sont les points à ne pas négliger.
    Quoi qu’il en soit, et comme tu le dis justement, prendre une gamelle quand on entreprend est presque normale. Ce qui est important c’est d’apprendre, et d’être mieux armer pour le coup suivant.
    L’échec fait un peu mal à l’ego et au portefeuille, surtout qu’il a tendance à être spécialement mal vue dans la culture française.
    Nul doute que tu sauras rapidement rebondir avec plus de succès. Encore merci pour ce témoignage

  38. *** DISCLAIMER ***
    Par rapport aux autres commentaire, celui-ci ne passe pas la pommade. Je ne pense pas troller pour autant. Je n’ai pas envie de me bagarrer. Je juge ce que je lis mais pas la personne de l’auteur qui a l’air très sympathique.
    Merci de votre compréhension.
    ******

    Merci pour cet article, je le punaise dans les choses à ne pas faire.

    Le point de départ me semble déjà peu solide. Vous montez une boite pour monter une boite ? Votre motivation c’est d’être entrepreneur ? J’ai été choqué par la partie « bon alors qu’est-ce que je pourrais faire ? Ah le SaaS ça marche bien, il doit y avoir du business à faire là-dedans… ». J’ai du mal à comprendre comment vous avez réussi à porter le projet aussi longtemps en partant comme ça.

    A mon avis, cette mauvaise connaissance du problème vous a pénalisé au début de l’aventure : j’ai du mal à croire qu’on ait un besoin de payer un service externe dans une TPE pour échanger sur ses usages dans le cloud ! Il me semble qu’il s’agit de structure où les employés peuvent en discuter en physique (à l’ancienne).
    Le suivi de la conso était une bonne idée… mais je ne pense pas que ce soit très compliqué pour une entreprise qui consomme plusieurs services cloud de le faire (c’est de l’utilisation d’API j’imagine, un joli sujet de stage [bon OK, là c’est du troll, je parle sans savoir vraiment]).
    En réfléchissant un peu, et ayant vécu le contexte, on voit tout de suite que le besoin va plutôt être dans les grosses boites, où les gens utilisent leur compte gratuit DropBox pour échanger avec leurs interlocuteurs en sous marin en défiant toutes les règles de sécurité internes…
    Autre problème : ce n’est pas avec l’approche bottom up que les grosse boite vont passer par vous pour un juteux deal avec salesforces.com…

    Il y aurait eu un truc fun à faire : sniffer les réseau d’entreprise pour faire un ranking des applis Saas utilisées par les salariés et leur proposer de payer un compte privé sur dropbox, github, etc… ou de renforcer la sécurité en bloquant les accès. Pour cela en utilisant votre base welovesaas.

    Autre point : cet article est un florilège de buzzwords (scrum, lean startup et j’en passe). Vous avez l’air très fort en SEO… Mais à nouveau, je me demande quelles sont vos motivations. Vous utilisez Lean / Scrum parce que ça sonne cool ou parce que ça répondait à un besoin d’organisation ?

    Votre grande force je trouve c’est le travail sur WeLoveSaaS et la base de connaissance (même si le site manque vraiment de personnalité, merci Bootstrap). Vous faites des sous avec ça ?

    En définitive, ce qui me dérange dans cet article c’est qu’il est bien dans la mouvance de l’entrepreneur 2.0, le mec cool qui a un iphone et qui ne porte pas de cravate. Le mec qui connait tout ce qui fait une entreprise « successful », qui gratte du papier, fait des pitches, des slides. Finalement il échoue, parce que c’est normal d’échouer quand on lance une startup, il perd du fric, son pote de toujours qui trouvait ça aussi super cool d’être entrepreneur, il est en instance de divorce et il a vendu sa vespa vintage. Mais il reste un héros, il va rebondir grâce à l’Internet. Et puis il y a un peu cet aspect victime des circonstances qui me gêne. Je ne lis pas trop de remise en question personnelle (en même temps, ça peut aussi être de la pudeur, ce que je respecte).

    Je pense qu’il y avait 2 personnes de trop dans le projet. Vous avez des idées et je pense que ça vaut le coup d’apprendre à développer les débuts de produits par vous même (je n’ai pas vu dans l’article que vous aviez des compétences de développeur). Vous pourriez ainsi tester vos idées, avoir une idée de vos problèmes à résoudre pour recruter les aides adaptées et limiter vos couts. On doit trouver pas mal de REX de personnes de profil commercial (pardon, entrepreneur), qui apprennent à utiliser des technos comme Ruby ou l’ObjectiveC.

    Je me permets de mettre quelques liens auxquels cet article m’a fait penser :

    En post-mortem, j’ai préféré cet article :
    http://www.ironconversions.com/blog/Post/My-product-failed
    (j’imagine qu’il a perdu moins d’argent)

    Dans l’entreprenariat sur Internet par JAG (mais tous vos lecteurs ont dû voir cette vidéo). Je retiens qu’il estime que son succès vient du fait qu’il a un métier (soldeur) et que le web a été un catalyseur pour toucher plus de monde. Je trouve l’idée riche de sens dans un monde où on a tendance à penser qu’on peut monter une entreprise basée sur rien.
    http://www.lecamping.org/campingtv/?video=8301

    Dernière lecture, là aussi c’est du classique, le Rework de DHH et Jason FRIED. Dernièrement, ils sont renvoyé le lien vers la vidéo d’une conf dans lequel DHH explique qu’une entreprise doit générer du profit. Apparemment, tout le monde a trouvé que cette idée était géniale… Bonjour l’ambiance.

    • Cool, du débat :)
      Sur la dernière partie du commentaire, je vois qu’on a les mêmes références de lecture, donc tant mieux, j’adhère aux trois analyses.

      Ensuite, en écrivant mon post, je ne cherche pas à dire faites comme moi ou ne faites pas comme moi, c’est vraiment un partage « à plat » de mon expérience et du vécu.
      Et oui, depuis plusieurs mois je me suis pas mal remis en question, mais je pense que ce n’est pas le lieu ou le bon timing pour en parler.

      Sur les autres points :
      – il faut bien partir d’une idée. J’en avais plusieurs en tête avant de me lancer, et en les creusant je me suis rendu compte que ce n’était pas celles-ci que je souhaitais développer, pour tout un tas de raisons plus ou moins valables certes, mais il faut bien trancher. Par contre je pense vraiment qu’on peut se mettre en phase de recherche et de le gérer comme un processus comme un autre. J’ai de toute manière considéré que l’idée de départ (qu’elle soit une intuition, une idée type eurêka, une copie de quelque chose qui marche ailleurs, ou le fruit d’une étude « volontaire ») n’est qu’un point de départ que l’on va beaucoup faire évoluer ensuite, comme ça a été d’ailleurs le cas pour nous

      – sur les buzzwords, c’est sûrement une déformation professionnelle, il n’y a qu’à regarder les articles de ces dernières années ici. Et franchement je ne crois pas être celui qui les emploie le plus sans savoir quelle réalité ils reflètent. En tout cas ils ne sont pas utilisés à des fins de SEO…

      – le sniffeur d’usage on y a pensé, c’est marrant, c’était je pense une bonne idée en effet, plutôt d’ailleurs sur des problématiques de réduction de charge, qui est le point « complexe » aujourd’hui dans les infra moyennes-grosses boites lorsque l’on parle aux DSI

      – la mauvaise connaissance du problème nous a justement poussé à créer WeLoveSaaS pour être moins bêtes, naïfs, et newbies sur le sujet, on s’en est pas trop mal sortis

      – la réflexion grosse boite / petite boite a toujours été présente, et ça a toujours été des discussions complexes et des choix cornéliens, entre les petites qui utilisent beaucoup de SaaS et surtout ont une rapidité de changement plus importante (et connaissent une offre plus large côté éditeurs, ont plus recours au self-service, de vrais enjeux de couper dans les budgets) versus les plus grosses pour qui la sécurité est impactée et les changements d’organisations (mobilité, travail à distance, collaboratif), mais dont la structure fait qu’il faut 2 mois pour un premier rendez-vous, qu’il faut convaincre 10 personnes, et qu’au final elles font confiance pour ces sujets à leurs SSII attitrées… Honnêtement c’est sur cette partie que le commentaire me semble un peu hâtif, on n’a pas juste été 3 têtes brûlées aveuglées par leur petite idée de départ, mais là encore faire un point sur le marché du SaaS et de son orchestration n’est pas le sujet…

      – pour lean / scrum : j’y crois vraiment, on l’a mal utilisé, sûrement. J’ai quand même pas mal parlé avec d’autres pour qui ça marche bien (ou pas, d’ailleurs) pour me faire une idée plutôt juste je pense.

      J’espère que ça apporte quelques éléments de plus…

    • @romain : vache t’y vas un peu fort ou alors tu ne lis pas souvent la prose de Guilhem, car certains de tes jugements/interrogations démontre une mauvaise connaissance de l’auteur…

      Tu soulèves néanmoins quelques bons points même si bcp trop théoriques …parfois plus dignes d’un consultant post mortem que d’un entrepreneur qui a le nez dans le guidon au quotidien.

      Bref, pour revenir sur le fond : on aurait surement tous fait des choix differents de guilhem a un moment ou a un autre…

      Par contre tu ne peux pas critiquer la philosophie de cette démarche, et cette transparence qui sera surement benefique a la plupart d’entre nous… Et surtout aux entrepreneurs les moins humbles 😉

  39. Bonjour Guilhem,

    J’aimerais souligner 2 points importants :
    – 63 commentaires, 248 tweets, autant de like. Ce que tu apportes à des centaines (milliers) de startup et d’entrepreneurs est l’une des plus belles réussites françaises, et ce trésor d’article en est l’un des éléments importants. Ca n’enlève pas cet échec, mais se dire qu’on contribue à faire réussir des dizaines de startup -encore une fois grâce à des témoignages comme celui-ci-, ça compte dans la balance coté ++.
    – Maintenant que tu as de nouveau « un petit peu plus » de temps, on va tous se battre pour t’avoir comme associé ^^
    Encore merci.

    Arnaud, entre le 62ème et le 68ème commentaire de soutien, et pas le dernier :-)

  40. Un bel article, toutefois je ne serai pas aussi floral que les autres commentateurs…

    En effet, je trouve que les raisons e la fin manquent. Quand on passe une année à développer un projet et que les clients sont là, une gêne dans l’équipe ne doit pas être un frein car c’est NORMAL.
    Dans ce cas les solutions sont simples : mettre les choses à plat en se réunissant PHYSIQUEMENT d’abord, et si aucun progrès ne se fait sentir, changer l’équipe.

    En tous cas c’est bien dommage, car votre projet avait vraiment de la gueule et si je relis bien, un grand potentiel et une demandé déjà présente.

    Bref, bon courage pour la suite, et merci pour le témoignage !

  41. Bravo pour ce billet. Perso, ayant planté dans la même période, si j’ai fait une analyse de l’échec et préparé le rebond, je ne sais pas si j’arriverai à m’ouvrir aux autres à ce point.
    Les causes sont autres, mais l’énervement est encore présent. Certes, les sommes que j’ai perdues sont plus importantes, mais je ne pense pas que ce soit ça qui nous flingue le plus.
    Le blues post mortem est important : assumer l’échec, en tirer les leçons, se battre pour ne pas couler complètement. Mais il permet aussi de se rebooster très vite, pour ne pas rester dans cet état et repartir de l’avant. Surtout que le pire, comme tu l’as souligné, c’est le vide post mortem. On passe de l’hyper activité au néant, des 200 mails et 50 coups de fil par jour, 7j/7 à presque rien. Quelle angoisse. Mais ça reste un bon moteur pour redémarrer, pour empêcher de tomber dans cet engrenage.
    Pour ma part, j’ai appris énormément de cet échec. Je ne dis pas que le prochain projet sera réussi, mais en presque 3 ans, j’ai appris autant que depuis que je bosse.

  42. Philippe metesreau

    19 juillet 2013 at 15:58

    bonjour Guilhen,

    bienvenue dans le monde obscure de la création de l’Entreprise.

    Je te félicite d’avoir relaté ton histoire.il est toujours plus facile de tracer ses succès que ses échecs.
    ton analyse et ton recul te porteront plus loin lors de ta prochaine aventure.

    je pense que tu es un Entrepreneur « nouvelle génération ».nous, les anciens,avons besoin de « petits jeunes » comme toi pour prendre la relève.

    petits conseils d’un petit entrepreneur ayant un peu d’expérience :

    pas d’ami dans le partenariat (l’amitié est mauvaise conseillère). cela se finit souvent mal.

    sur un bateau, il n’y a qu’un seul capitaine.Il peut et doit y avoir des seconds qu’il consulte, écoute avec intelligence et pertinence (à plusieurs, on est toujours plus forts) , mais la décision finale, un seul décisionnaire. cela doit être une règle dés le départ.

    Bien à toi, et bon courage pour la suite,

    Philippe

    .

  43. Bravo pour ce bilan post-mortem, et courageux surtout de le publier.
    Pour travailler également à distance avec mon associé, et rencontrer des difficultés de communication (pas encore arrivé au point de rupture mais cela pèse sur le quotidien), je pense que de là vient une grosse partie de votre échec. Moins de stimulation, moins de communication, moins de bons moments partagés en off (la bière ne se partage pas encore avec Skype !), bref moins d’émulation qui conduisent souvent à moins d’envie.
    Tu ne dis pas si avant de mettre un terme à l’aventure, tu es passé par un médiateur pour tenter de recoller les morceaux ?

  44. Merci de partager tes joies et tes peines, Guilhem.
    Et maintenant, que tu vas faire ?
    Dans tous les cas, n’hésite pas à me challenger, j’aime ça !

  45. Hello Guilhem,

    Ce n’est pas un echec mais simplement une phase d’apprentissage de 18 ans. Tous les entrepreneurs passent par la et aucune société n’est en croissance permanente même celle qui réussissent.

    Il faut passer à nouvelle étape et réfléchir un à nouveau projet tout en évitant les erreurs du passé.

    Bravo pour l’article !

  46. Bonjour guilhem
    Ça fait du bien de tout mettre par écrit? Je ne considérerai jamais l’entrepreurariat comme un échec même si l’aventure ne se solde pas par la gloire et la fortune.
    Bravo du courage d’avoir entrepris et sans idée en plus, mon aventure c’est arrêtée aussi par la vente de mon site , c’est pas une vraie réussite car le chèque était plutôt un sauvetage du site et de la marque.
    Bref je crois qu’on est entrepreneur dans l’âme et on le sera pour toujours. Après tout je préfère gagner peu d’argent sur une période et manger des pates mais rester indépendante car seul et chef d’entreprise on est forcé d’être créatif, combattant et d’aller vers les autres.
    J’attend avec impatience de connaître la suite que tu vas donner a ton histoire.
    A très vite a la cuisine!

  47. Bonsoir Guilhem
    Votre travail d’analyse et de partage est impressionnant. Tout le monde le dit, je ne m’attarde pas. Mais merci.
    Je viens partager une expérience. J’ai crée avec 7 autres associés (au démarrage) une Scop de production audiovisuelle (films de commande non commerciaux) qui a vécu 6 ans et s’est arrêté il y a un an malgré une forte affinité ressentie par nos clients et prospects (un appel d’offre sur deux gagnés l’année d’avant dépôt), de beaux produits réalisés, l’accès à des marchés inespérés, des tensions dans l’équipe surmontées, bref de quoi être contents. Fiers même ! 😉 Mais un marché qui s’effondre en terme de prix et une grosse défaillance humaine en gestion ont mis fin à l’histoire. La défaillance du marché on l’a vue venir (elle était criante et brutale !!) mais la défaillance humaine pas du tout. On a aussi fait l’autruche parce qu’on n’avait pas de solution et parce que c’était plus simple de faire confiance. Voilà pour l’histoire. C’est pas pour ça que j’écris. C’est pour la suite.
    Le vide post-mortem m’effrayait tellement que j’ai essayé pendant les trois mois qui ont précédé le dépôt de convaincre l’un des associés de remonter une boîte dans la foulée mais en fait ni l’un ni l’autre ne voulions poursuivre sur ce marché. J’ai relancé tout mon réseau pour dire que j’étais dispo, histoire d’être sûre de ne pas rester sans rien faire ! Ça a marché. J’ai eu plein de propositions plus ou moins sérieuses, faisables, alambiquées, concrètes, engageantes… et au bout d’un mois… gros trou d’air. Incapable de donner suite.
    J’ai laissé passé un mois ou deux avec l’alibi d’un bilan de compétences puis pris ce qui venait sans savoir où j’allais. J’ai pensé alors à tous ceux qui se moquaient gentiment de moi de vouloir absolument repartir à fond et de suite. « Claire, tu sais, un dépôt, ça se digère… ». Il m’aura fallu un an !… Un an, pour retrouver une capacité à reconstruire, à penser. Pas à rebondir (on est des vaillants ! on rebondit forcément ! 😉
    Non… à penser la suite. En retour d’expérience, c’est important cette chose là….
    Et entre temps, j’ai animé pour le cluster de l’économie créative ici à Nantes une table ronde sur… le droit à l’erreur et les vertus de l’échec ! Elle a fait carton plein. Je vous aurais invité, c’est sûr !
    Bien sincèrement

  48. Chien Cong NGUYEN

    20 juillet 2013 at 4:04

    Tres bon post mortem. En temps que fellow startuper je trouve ca super utile. Serais tu dispo pour prendre un cafe avec mes associes qui sont a paris? Je suis convaincus que ca leur servira d echanger des experiences avec toi.

    Cordialement
    Cong

  49. Merci d’avoir partagé cet échec, c’est honnêtement très enrichissant. Et ça rappelle quand même la dure réalité de l’entrepreneuriat, dont il faut bien tenir compte même si elle ne doit pas briser nos rêves :)

  50. J’ai tout lu mot par mot. Merci de ta transparence. Tout le monde y passe, mais on n’entends parler que des 1% des réussites et non des 99% des non réussites nécessaires.

    Sur la lignée d’une expérience similaire en 2011, je me suis maintenant mis en mode « win or fail fast ». J’ai 2 compagnons d’aventure dans l’objectif d’aller de l’idée à un client payant en 2 semaines. On y est presque (ça sera peut-être 3 semaines concrètement), si on n’y arrive pas on n’aura perdu que 3 semaines.

    Tous les problèmes de team jelling restant absolument les mêmes, et le risque principal de rupture sur le moyen terme.

  51. Par ailleurs, j’achèterais bien une cochon-box moi, là tout de suite.

  52. Bonjour Guilhem,
    Bravo pour ta franchise (hors norme) de faire la (psych)analyse de ton abandon – plutôt que de ton échec d’ailleurs -, et de la partager sur ton blog.
    Tu gagneras au moins, en retour, des clés de lecture variées de ton aventure. Tu t’enrichis.
    J’ai quelques questions :
    1) N’as tu pas été, comme tes associés, chacun à sa manière, dans son coin, « victime » de la geek mania, qui consiste « à se faire plaisir » à développer des super applis, avec, en prime, « concours de beauté » sur des dashboards, ou développement forcené de MyCalabio – d’ailleurs peu partagé par les copains?
    Tout cela en partant essentiellement d’intuitions et savoir faire réels, mais en ne consultant les clients tests que bien trop tard?
    Un projet ne se conduit-il pas qu’en faisant des tests clients sans arrêt?
    2) Toi qui as été pendant 3 ans l’animateur clé de l’incubateur HEC, tu sais bien que les seules chances de réussite des start-up résident dans la capacité à s’en tenir à la résolution de problèmes concrets des clients, et non de surfer sur une « évolution générale », ici le développement du SaaS, au risque d’être à côté de la plaque des attentes clients, parce que trop compliqué, trop riche fonctionnellement?
    Et où est passée dans votre projet la prise en compte de « l’expérience client », fondamentale pour rester concret, pragmatique, et gagner les premiers clients?
    Exemple : la réussite de l’équipe qui a fait « Capitaine Train ».
    Il faut voir le dépouillement de leurs écrans!!!! Par contre l’intensité de leur « Relation Client » pour accompagner tout utilisateur est extraordinaire. Ils viennent de lever plus de 2,5 M €, après 3 ans de boulot colossal!
    3) Je comprends ta décision de tourner la page pour rebondir sur autre chose. C’est sain.
    Néanmoins tu pourrais missionner quelqu’un pour « récupérer » tout ton travail produit, qui réalignerait le projet sur quelque chose de plus simple, plus réaliste, mais progressivement rentable?
    Il faut un vrai homme orchestre pour faire cela, et pas seulement 3 copains qui partagent des points techniques communs, et qui travaillent à distance …?
    Erreurs de jeunesse …
    So long

  53. Merci Guilhem pour ce voyage,

    j’ai fermé une start up (doit on dire plumet down), il y a un peu plus d’un an et je suis passé par pas mal de sentiments comme les tiens.

    J’ai eu aussi le sentiment d’être le seul à m’engager, avec quelques associés qui « comptaient les points », et c’est cela qui m’a dissuadé de continuer..

    je suis 100 pc d’accord sur le fait que quand cela branle du manche (‘expression québécoise) vaut mieux endosser la responsabilité d’arrêter, il faut rester entier dans sa motivation.. et sa démotivation..

    je connais une boite au Canada qui pourrait être intéressée pour reprendre mycalabio, si c’est possible écris moi un mot.

    @+

  54. Alain Mevellec

    20 juillet 2013 at 21:00

    Salut Guilhem,

    Nice post. J’ai déjà plié plusieurs boites et je compatis bien fort.

    Après, sur la partie définition du business etc, je te trouve un peu scolaire. J’ai créé deux startups et je n’ai jamais eu besoin de rentrer dans des schémas ou des drafts aussi compliqués. A mon avis, c’est beaucoup plus simple et tout ce grattage est plutôt une perte de temps.

    A un moment, dans ton cas, tu fais un copycat de Appsumo ou de Getapp, pas besoin de chercher midi à 14h.

    Mais bon, toi tu es dans le trip HEC, écosystèmes, mentors, curation, bref… moi beaucoup plus dans le bootstrap hardcore (« On va faire Freshbooks, en mieux », « Oui mais comment ? » « Tkt on va le faire »).

    Bon en même temps, je n’ai jamais eu de problème d’associés, avec Fred on bosse depuis plus de 15 ans ensemble à 50/50 et tout est ok.

    En fait, bien que je te connaisse, je n’ai jamais compris ce que Calabrio voulait faire et je n’ai jamais réussi à valider un compte dessus :-(

    Il y a un océan de belles choses à faire dans et autour du SaaS et à mon avis WLS en fait partie. Try to keep that one (il y a d’ailleurs de jolies commissions qui t’attendent).

    Si tu veux te changer les idées, viens donc faire un tour à La Rochelle te prendre quelques embruns dans les narines,tu verras c’est très positif 😉

    • Hello Alain,
      Je pense que tu as de la chance d’avoir trouvé le bon associé :)
      Tu as sans doute raison sur pas mal de points et ton expérience parle pour toi. Et pour sûr il y aura moins de grattage next time. Mais par contre je te trouve un peu dogmatique en opposant nos deux approches, on a fait du concret aussi ^^

  55. Finalement, ton projet c’est ce post 😉
    2 trucs à brut:
    1) Pourquoi tant d’anglais dans tes docs alors que tes clients potentiels étaient français et que tu voulais leur SIMPLIFIER qqch ?
    2) Tu conclues, avec raison me semble-t-il, que le plus important est le client, en trouver en avoir mais tu sembles regretter (et tu parles) bcp + du fonctionnement interne t de tes relations avec tes associés, entourage, réseau.. –> une des conclusions n’est-elle pas que tu es + un homme de réseaux, un gars qui met de l’huile dans des rouages existants ou qui améliore une organisation existante qu’un développeur vers l’extérieur ? Il me semble qu’à l’incubateur tu consacrais + de temps à regarder tes incubés qu’à « développer » l’incubateur à l’exterieur (il ME semble mais je ne sais pas.. c’est une question).
    As-tu lu le livre the e-myth de Gerber Why Most Small Businesses Don’t Work and What to Do About It (ça me semble complémentaire de ton post)

    Sur le sujet choisi, avais-tu regardé les raisons d’échec de la lancée de l’ asp (application service provider et pas le langage de dev ancien de microsoft) , un peu ancêtre du saas and co. N’as-tu pas l’impression que ce genre de choses « passera » dans l’utilisation via google drive ou microsoft cloud ou autres, sans nécessité de sociétés pour organiser ça ? Je t’avais mis en contact avec un français aux USA qui essaie + ou – de lancer la même chose, n’as-tu pas l’impression que ça pioche aussi là bas ?

    A propos de la charcuterie, regarde dans le même genre http://ma-boucherie-chevaline.com/ lancée par un gars qui travaillait avec moi .. et copie ! Il ne connaissait rien à la viande 😉

    • Yop,
      On reconnaît bien là l’homme de blog que tu es ^^

      1/ bonne question, l’anglais pour le côté business / docs internes me semblait mieux et plus punchy, aux clients on leur parlait bien en FR pas d’inquiétude :)
      2/ peut-être, mais seulement en partie, c’est un des points que je dois encore travailler (sur l’aspect commercial, le reste du réseau, comm’, partenariats j’ai pas trop de souci), j’avoue que je ne sais pas trop. Les relations extérieures m’intéressent *beaucoup*

      Et oui, j’ai lu the e-myth (et relu, d’ailleurs). Que je recommande à tous d’ailleurs !

  56. Merci Guilhem pour ce partage d’expérience.
    Cela doit être difficile à digérer mais le fait de faire un article tel que celui-ci montre ta résilience face à l’échec. Ton article est rempli de conseils qui pourraient être utiles à de nombreuses personnes.
    Pour ma part, j’aime beaucoup l’idée de « tester l’équipe » avant d’attaquer le dur afin de voir comment fonctionne la synergie.

    Bon courage pour la suite !

  57. Au-delà de la valeur de ton aventure, ta capacité de screening d’idées et de projets pourrait intéresser les groupes en mal de tech scouting, tu ne crois pas?

  58. Merci pour ce témoignage fort intéressant… et complet !
    Ce qui m’étonne (un peu) c’est que vous semblez être seul dans cette aventure, à prendre les décisions, à choisir le temps et l’énergie que vous investissez sur les différentes activités qui vous semblent nécessaires. Non que vous n’échangiez pas avec vos associés (vous analysez bien ce qui vous a manqué en termes de coopération interne), mais jamais vous ne mentionnez vos éventuels appuis / ressources / alliés qui pourraient vous aider à chaque étape à prendre un peu de recul sur ce que vous faites, et comment. Que ce soit à titre individuel, ou au service de votre petite équipe.
    Pourtant HEC ne manque pas de coachs (même si je ne sors pas de cette « écurie » là !).
    Que pouvez-vous nous dire de ceux qui ont tenté de vous aider, comment ça s’est passé, ou avez-vous « simplement oublié » de faire appel à ce type d’accompagnement professionnel ?
    (Le soutien des proches est une autre histoire, encore plus complexe sans doute)

    Quoiqu’il en soit, bonne chance dans vos prochaines aventures, et encore bravo pour ce souci de réflexivité et de partage.
    Thierry

    • Que l’on n’ai pas été assez entourés par des « coachs » est possible.
      Après, à titre perso, j’avais pas mal de chefs d’entreprise autour de moi pour m’apporter un peu de recul, il y avait l’incubateur dans lequel on était, plus quelques belles personnalités de notre secteur avec qui les échanges ont été nombreux et super intéressants. Donc au final pas trop l’impression d’avoir été isolé.
      Après, je raconte l’histoire vue de mes yeux, donc ça doit jouer aussi sur le sens de lecture je pense…

  59. What next? :)

    Tu veux repartir sur un projet (après avoir soufflé un peu j’imagine ^^)?

    J’ai essayé de lancé 2 projets avec un mec qui est devenu un pote suite à ces 2 échecs. Je n’ai pas trouvé ca simple à gérer (contrairement à lancer un truc tout seul).

    Par contre j’ai vécu de près le lancement de buffer, juste au moment où Léo à rejoint Joel dans l’aventure. Et je pense que sa façon de faire était pas mal : joel à bootstrappé le truc tout seul, et très rapidement a cherché un associé. Léo pouvait matcher et il a du prouver son investissement et sa qualité un certain temps (quelques semaines) avant d’être considéré comme co-founder.

    Ca évite la situation du « on a les memes parts mais j’ai l’impression qu’on a pas la meme implication » par exemple.

    Bonne vacances :)

  60. Bonjour
    Très intéressant ! Mais j’ai pas mal d’interrogations dont 2 principales :
    – pourquoi être aussi attaché à l’application de tant de « méthodes » alors que votre expérience aurait dû vous permettre d’être beaucoup plus intuitif ?
    – les beaux dessins sont-ils le résultat de votre pensée personnelle ou bien ceux des séances de brainstorming ?
    – pourquoi avoir arrêté exactement à ce moment-là ? Franchement, je ne vois pas de problème insurmontable au moment où vous avez arrêté. Je ne juge qu’avec ce que vous écrivez, et donc cela est probablement partiel. Y-a-t-il donc autre chose qui ne soit pas écrit ?

    Je formulerai aussi une remarque, issue de mon expérience : je ne crois pas qu’une start-up puisse se monter à distance lorsque l’on est plusieurs. Soit il y a un chef-penseur et il peux organiser à distance une part du travail qu’il attend des autres ; soit il y a plusieurs chefs-penseurs et alors, ils faut qu’ils soient dans le même bureau (il y a d’innombrables cas où les co-dirigeants d’entreprises disent être dans la même pièce !).

    • Quelques éléments de réponse :
      – j’imagine que l’aspect « rédigé et réfléchi » du postmortem y fait beaucoup, au quotidien c’était beaucoup moins « branlette intellectuelle » que ça en a l’air :)
      – plutôt perso, même si évidemment les feedbacks de l’équipe et les discussions y sont pour beaucoup
      – sûrement plein de choses non écrites, ce n’était pas mon propos, à ce timing là, peut-être plus tard…

      Sur la distance, c’est un bon point qui revient pas mal dans les commentaires, les avis divergent donc j’imagine qu’il n’y a pas vraiment d’avis tranché…
      Mais oui, à choisir, je prendrais tout le monde dans la même pièce 😉

  61. Je viens de recevoir un tweet vous concernant, et après lecture je vous propose de repositionner votre projet.
    En effet les PME ont besoin d’éclairage et de conseils dans l’univers du Saas et votre plateforme d’information
    welovesaas.com pourrait devenir l’appstore des solutions Cloud à destination des entreprises (un grossiste en Saas solutions) et faire leur bénéficier d’une réduction si souscription à travers votre portail…
    A réfléchir, bon courage.
    Jo

    • Hello,
      C’est un positionnement que l’on a creusé, mais le métier de « grossiste » ou de « revendeur » un peu à l’ancienne est super compliqué à mon sens, les marges réduites, … Donc pour moi c’est une petite partie du business-model potentiel, mais pas un moteur de croissance suffisant. Mais ce n’est que mon avis :)

  62. Merci Guilhem pour ce post et tous les autres d’ailleurs ! Tu as déjà transformé l’échec en learnings, bravo, ce n’est pas évident. J’ai vécu la même chose – sortie de start-up pour des problèmes de fonctionnement entre associés plus que pour des motifs économiques, et donc vécu le triple choc perso/pro/financier. On n’en parle encore pas suffisant en France.
    J’ai deux questions:
    1/ pourquoi avoir tout débranché ? à la lecture je ne vois pas d’impasse business définitive. Pourquoi ne pas sortir du projet et le laisser aux autres associés ? (ce que j’ai fait – dur pour l’ego quand on a passé 2 ans à développer son « bébé »)
    2 / Penses-tu te remettre très vite sur un nouveau projet créa ? La courbe de « deuil » et la reconstruction du socle perso/pro ne sont pas faciles et perso, ce sont un peu des « boulets » pour mon nouveau projet.
    Allez, et une question subsidiaire : je tente une créa de « start-up » non techno, mais non moins innovante ! Penses-tu que tes méthodes s’appliquent à tous types de créa ?
    merci et bonne chance pour la suite !

    • Hello, et merci du commentaire.
      1/ j’ai choisi de ne pas aborder cette partie-là dans l’article. En l’occurrence je ne pense pas que Clément ou Guillaume étaient dans l’optique de continuer seuls ou ensemble – je n’y aurait évidemment pas été opposé
      2/ oui, déjà en train :) C’est sûr que c’est dur, mais la vie ne s’arrête pas pour autant…

      Sur la question subsidiaire : totalement, avec quelques modifications évidemment, mais ce ne sont jamais que des trucs de bon sens :)

  63. Excellent post mortem!

    J’ai quelques idées pour ma part (cf. mon mail), si ça te tente d’en discuter n’hésite pas 😉

  64. ps. J’aimerais beaucoup avoir tes flux RSS concernant les start-ups ça compléterait ma collection 😀

    Merci

  65. Guilhem, j’ai repensé spontanément à ton post ce matin en entendant à la radio la necro de denys de la patellière via les bons mots de ses films:
    2 intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche 😉

  66. J’ai adoré cette story telling pleine de sentiments, tu as fait l’effort de rédiger tes 4 copies-doubles et pour ça je dis bravo.
    Je vais recommander ton post auprès de mon entourage.
    Bonne continuation,

  67. Pour moi le problème central de cette startup est exactement ce que je te disais au début. Tu partais en espérant résoudre un problème dont a mon sens l’existence même n’était pas prouvée. D’ailleurs tu dis que les patrons n’avaient pas le temps de tester le produit. Pourquoi ? Si tu viens me voir en m’expliquant que tu vas me faire gagner tant ou résoudre un problème critique, je vais investir ce qui faut pour comprendre le produit. Ce simple signal aurait du t’alerter ! Bref, pour moi tu as imaginé un problème client et tu as fait un produit pour ce problème imaginaire.

    De plus, le SaaS existe depuis longtemps et cette notion, quand je vois tous les sites que tu as sélectionné, n’est pas forcément très claire dans ton esprit contrairement aux utilisateurs en entreprise. Quand je vois certains de mes concurrents qualifiés de SaaS, je suis au mieux dubitatif.

    En outre, sortir un portail sur le SaaS, ça fait un peu 2005. Surtout à l’heure du cloud et du mobile …

    Bref, selon moi, tout vos autres problèmes découlent de ça. L’absence de marché provoque l’atermoiement, les changements de cap, la démobilisation puis la rupture.

    Enfin, je suis surpris de ta stratégie top-down à grand coup d’étude Gartner. C’est finalement sûrement un des enseignements majeur de ton excellent billet : partir bottom-up avec d’abord d’un vrai besoin client !

    Bon courage et bravo pour ce post-mortem.

    • Sûrement qu’il y a une part de vérité dans ce que tu dis, mais je crois quand même qu’on n’a pas fait que lire du gartner et piloter un projet depuis notre tour d’ivoire… et je ne te rejoins pas du tout sur la vision SaaS = 2005 :)
      Mais je serai ravi d’en parler avec toi autour d’une bière !

    • Je pense qu’au contraire vous vous êtes bien débattus. J’ai questionné l’idée de départ surtout.

      Quant à SaaS = 2005 ce n’est pas aussi simple bien entendu mais partir sur une startup SaaS en 2013 c’est un peu anachronique je trouve vu l’ébullition incroyable que l’on voit sur mobile notamment.

      Enfin j’espère qu’un jour tu auras l’envie de (re)partir sur un « vrai défi » : un business B2C avec de la concurrence pré-existante et un besoin clairement établi. J’aimerai te voir lancer une pizzeria par exemple et faire mieux que les autres !!

      Je passe à Lyon en août. Je note l’idée de la bière :)

  68. Bonjour,

    je trouve admirable de publier l’analyse post-mortem de sa propre entreprise. En effet, la culture française n’est pas tendre avec ceux qui connaissent des échecs. Pourtant, sans risque, pas d’innovation, pas de création de valeur, pas de croissance.

    Je suis un peu dans un cas similaire. Mon entreprise actuelle n’a pas décollé comme je le souhaitais, bien qu’elle soit encore active. Il me faut changer quelque chose.

    J’ai un projet pour la relancer, en changeant radicalement l’offre, tout en restant sur le même besoin. C’est pour cela que je n’ai pas tué mon entreprise : je veux bénéficier pour ce projet de la notoriété et de la crédibilité de mon activité actuelle, ainsi que d’un peu de rentrée d’argent. Mais dans le fond, c’est un peu pareil que d’arrêter et de commencer une autre activité.

    D’ailleurs, je cherche un associé… 😉

    Bonne journée,

    SG

  69. Bonjour
    Je ne suis pas du tout informaticien. Mais j’ai lu avec grand intérêt votre post-mortem.
    Une chose m’intrigue. Si je vous ais bien compris vous lancez une start-up sans avoir un produit opérationnel et correspondant à une attente des clients.
    Je suis surpris car de mon côté, je dispose d’un produit très innovant, qui résout efficacement un problème que beaucoup de gens veulent résoudre , et je n’arrive pas à intéresser des gens pour faire une équipe dans le domaine du jardinage écologique et du développement durable. Un expert a évoqué un développement potentiellement très prometteur. Tous les clignotants sont au vert, mais il faut s’intéresser aux plantes et un peu à la technique.
    Si jamais vous connaissez des gens susceptibles de s’intéresser à ce domaine, ce serait sympa de leur transmettre mon mail.
    Et pour vous, bonne chance dans une nouvelle aventure.
    Cordialement
    DL

    • Bonjour Lestelle,

      Voila c’est le forum des « entrepreneurs » et j’ai la main verte ! :)
      On peut se contacter en MP ?

      Pour le post de Guilhem ! comment dire ?
      Même si on ne connaît pas tout de l’histoire de la « start up » et que les autres associès n’ont pas donné leur point de vue , je dois reconnaître que cela permet de s’enrichir et d’apprendre sur ses motivations et le don de soi !

      Bravo encore pour ce post !

      Nicolas

  70. Merci pour ce feedback très instructif ! Bravo pour le courage !

    Je fais part de mes quelques surprises (partagées avec d’autres commentateurs) à la lecture de ce post :
    – L’approche très méthodologique avec rédaction des documents en anglais pour un projet franco-français. Ton expérience ne te permettait-elle pas de zapper certaines étapes, de faire à l’intuition pour accélérer le contact avec le marché et voir s’il y avait vraiment un business à faire ?
    – Si tu sentais qu’il y avait vraiment un marché à prendre et un début de traction, pourquoi t’arrêter pour une question de mésentente avec tes associés ? N’y avait-il vraiment aucune solution pour continuer avec une configuration différente ?
    – Le fait de devoir payer un associé, Clément, n’était-il pas une alerte rouge sur son engagement ? Pour moi rien de surprenant à ce qu’il soit passé dans un état d’esprit de « premier salarié » puisque c’était son statut dans les faits. Mon expérience est qu’un « associé » qui ne prend pas de risque financier significatif n’est pas un associé.

    Je constate qu’une fois de plus un projet échoue sur une question d’associés.
    L’association est certainement une option formidable lorsqu’elle fonctionne. Malheureusement cela fonctionne une fois sur dix. Donc je m’interroge sur la validité du schéma « on constitue une équipe puis on cherche un business ». Pour ma part je pencherai plus sur « J’ai une idée, j’avance aussi loin que je peux tout seul et si je commence à percevoir des signes positifs, je peux prendre des associés sur les key competencies mais avec un leader clairement établi ».

    Pour la suite je ne me fais pas de souci pour toi, quelqu’un qui a le courage et la clairvoyance pour rédiger ce genre de post, va nécessaire réussir.

    • Parfaitement d’accord avec toi Nicolas, notamment sur la 2e partie : désormais, j’ai l’idée et je la developpe tant bien que mal tout seul ou avec des prestas (si je peux les payer)… Et ensuite je fais rentrer si besoin un associé… Mais de toute façon de manière progressive et avec un pacte d’actionnaire blindé en cas de conflit…
      Ça avancera surement moins vite, et ça enlève le côté « belle histoire » a raconter en cas de succes… Mais on evitera pas mal de prises de tête…

    • Nicolas,

      Merci de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas !
      On entend trop dire partout « Quoi ? Tu veux monter ta boite tout seul ? Mais tu te tires une balle dans le pied !!! En plus t’auras jamais d’investisseurs, etc. » C’est rassurant de voir que d’autres pensent comme nous.

      Je vois beaucoup de startups démarrer en mode : création de l’équipe (2/3 personnes) + levée de fonds / financements d’eux mêmes (parfois assez lourds).

      Après avoir lu Rework de Jason Fried (« Do It Yourself!!! »), après m’être rendu compte que les deux principales causes d’échec l’humain (baston entre associés) et les problèmes de trésorerie (mince je peux plus m’acheter un steack), j’ai décidé que :
      – Je démarrerai mon projet SEUL (même si je suis conscient des inconvénients que ça apporte)
      – Je limiterai les investissements à un apport personnel faible (ça reste possible dans l’IT, beaucoup de choses sont gratuites / open-sources. Ayant une formation ingé, ça aide pour développer les prototypes aussi.)

      J’ai l’impression que beaucoup de startupers pensent qu’il est obligatoire d’aligner des dizaines de milliers d’euros pour qu’une idée marche. Personnellement, j’ai plutôt l’impression qu’il est assez facile en discutant avec ses clients de voir si une idée marche, et ensuite de lâcher (progressivement) les euros pour valider que ça décolle.

  71. Salut, sympa de te mouiller pour expliquer publiquement ton échec, tu ne pourras que rebondir je pense.
    Cependant, ayant moi même était cofondateur d’une entreprise en 2005 je pense qu’il y a 2 grosses erreurs, que tu sembles percevoir. S’associer à 50 50 en est une. Je suis persuadé que pour qu’une boite fonctionne il faut un unique capitaine. Mais un capitaine qui réussi est une personne qui sait bien s’entourer et qui sait déléguer, peu savent le faire.
    L’autre est de s’associer avec un ami, ou un membre de sa famille, les relations sont faussés, un ami peut etre adorable en relation personnelle et exécrable en relation professionnelle.

    Pour le projet, je pense que des boites comme http://sush.io abordent la problématique de manière plus simple avec un impact plus direct pour le client, en permettant de retrouver automatiquement les factures de chaque services. Cependant cela nécessite un gros travail côté backend, mais qui donne une plus grosse valeur au projet et à l’entreprise. Les startups qui mettent toutes leurs valeurs dans le frontend n’ont au final que peu de valeur.

  72. Julien Desarnauts

    25 juillet 2013 at 9:37

    Je me lance avec mon frère au sein de l’incubateur… HEC! (promo fév13). La lecture de ton blog est une vraie source d’inspiration, rare de trouver ce mélange de pragmatisme et de théorie… Bref ta prise de recul sur pleins de phénomènes est rafraichissante.

    Concernant ce post-mortem, il est beaucoup plus facile de juger comme certains l’on fait dans les commentaires que de retourner le miroir pour comprendre ce qui aurait pu/dû être fait différemment. Tu as clairement eu le courage de le faire: bravo!

    Perso, je pense que les grands hommes sont ceux qui cherchent toujours à apprendre et se relever de leurs échecs, pas nécessairement ceux qui ont le jugement le plus affûté. Cette histoire sera un jour une péripétie dans ta vie. Good luck et bon été pour déconnecter

  73. bonjour guilhem, je suis moi-même entrepreneur, j’ai fini mes études il y a 4 mois, mon projet décolle tranquillement en ce moment, voici mon opinion sur ton histoire :

    – erreurs que tu as bien analysées (s’associer avec un ami, faire du 50-50)
    – équipe fondatrice trop nombreuse (il faut se rendre compte de la valeur qu’il faut générer pour pouvoir payer 3 salaires chargés, c’est énorme…)
    – un associé « freeloader » : il a 18% du capital et ne prend aucun risque car il est payé –> pas normal

    – pas de mise en place du lean startup : faire ne serait-ce qu’une seule ligne de code avant d’avoir vendu le produit à au moins 1 client, c’est suicidaire.
    Encore pire de prendre des stagiaires avant la 1ere vente, ces 2 erreurs sont les cas d’écoles du lean startup

    – beaucoup trop de top-down : sur 1000 idées, 990 sont des fausses bonnes idées une fois sur le terrain, 9 sont des bonnes idées non viables, 1 peut marcher. Le filtre à employer, c’est pas les pitch, les matrices, ce que dit la presse sur le secteur : c’est qui est prêt à payer pour le produit?
    Reformulé : on ne trouve pas des idées de business, on cherche sur le terrain des problèmes à résoudre!
    Reformulé bis : la seule démarche viable pour un entrepreneur (on exclut les side-projects qui deviennent tellement populaires que le mec décide d’en faire une boite, cf google, cf facebook), c’est le bottom-up. Top-down = bullshit!
    Lire l’article de Paul Graham sur « find startup ideas »

    • J’avoue que la culture entrepreneuriale des jeunes diplômés qui s’expriment ici me laisse admiratif… putain si j’avais eu ce savoir au moment de me lancer, j’en aurai éviter des conneries 😉
      Bref, en tant que vieux con de 40 ans, ça me laisse optimiste sur les forces vives de notre pays !

      En revanche, faites gaffe car tout ça reste très théorique face à la réalité, à la loi de Murphy permanente quand on est entrepreneur, et surtout à notre faculté à encaisser tout ça…

      • +1000 pour la loi de Murphy

        J’ai eu la chance de bosser sur mes 1er projets de boite au cours de mes études donc je me suis pris les plâtres « pour de faux ». A chaque fois je me suis planté car je faisais du top-down, je lisais la presse etc mais une fois sur le terrain y’avait tjrs un truc qui faisait qu’en fait c’était une fausse bonne idée.

        Si y’a bien un truc que j’ai compris, c’est que quand on part d’une idée, on a 99% de chances de se planter car y’a tjrs un truc sur le terrain qui foire.
        Faut accepter que quand on sort d’école on est des petits ***, et faut aller sur le terrain pour identifier les problèmes, et ensuite filtrer ceux assez aigus pour que des gens paient pour une solution.

    • Bonsoir François,

      Je trouve ton analyse très intéressante ! Notamment sur ce concept de « Top-down – Bottom-up » que je ne connaissais pas et qui me semble important à connaître si ce n’est primordial pour éviter les mésaventures.

      Connais-tu des livres en français sur le sujet qui permettrait d’approfondir le sujet ?

      • non, je ne connais pas de bouquin sur le sujet, mais « top-down » et « bottom-up » sont des mots de jargon fréquemment employés dans les entreprises

        pour le reste, je me suis planté pas mal de fois « pour de faux » quand j’étais étudiant, ça m’a perms d’éviter ces écueils maintenant que je me lance pour de vrai

  74. Merci de ce post.

    J ai licencié hier mes trois ingés….1500 jours de dev, probablement le meilleur produit du marché ( bon ok les assureurs sont un peu largués en SI), mais je n ai crée que des règlement de compte chez nos prospects, du genre  » qu’est ce que tu f***s depuis tout ce temps alors que 4 types dans un garage….Etc » je vous laisse imaginer la suite…ça grippe un peu la discussion.
    Bref ..mon conseil après 600k€ burned…trouver le client avant tout, celui qui va accepter de payer pour etre cobaye…client, client client….avant de foncer tout seul tete baissé
    Merci encore d’avoir partagé cette expérience avec détail

  75. Frizzera-Mogli

    25 juillet 2013 at 18:49

    Bonjour,
    Je m’appelle jérôme Frizzera-Mogli
    Votre « post » me touche.

    1. Comme vous, j’aime créer, l’innovation

    Je suis fondateur du site MagicMaman (aujourd’hui groupe Provost Marie Claire). j’ai développé un portail de ressources humaines (intégré à un partenaire de l’ESSEC) et j’ai travaillé en CoDir au développement de différents projets : notamment, dernièrement ManyPlayers, le jeu du Vendée Globe…

    2.Comme vous, j’ai constaté que la dynamique inter-associés était clé

    En France, dans les start-ups, nous connaissons le leitmotiv: « techno & team ».
    Mais le côté « team », hors les références et les CV…est tabou. C’est du « softskills », « strange skills » !
    Lors d’une « due diligence », vous avez un audit technique, juridique…mais pas d’audit psychologique du profils et des comportements inter-associés…

    Intéressant, quand on sait que les conflits d’associés seraient la cause de 50 % d’arrêt des jeunes sociétés ( après absence de marché et trésorerie).

    Pour comprendre comment mobiliser au mieux une équipe d’associés et gérer les relations interpersonnelles dans ce contexte, je suis devenu avocat (pacte d’actionnaires…je ne le suis plus aujourd’hui) et je suis retourné à l’Ecole des Psychologues Praticiens.

    3. Comme vous, j’ai envie de contribuer :

    L’association présente les mêmes phases/mécanismes émotionnels (puissants mécanismes) que des fiançailles, un mariage, un divorce.

    Un coach, conseil, médiateur est peut aider aux différentes phases.

    C’est répandu aux US. Les CEO ont souvent un coach.
    En France, c’est marginal, c’est marcher sur les platebandes du « mentor », « business angels », chargés d’affaires…mais ce n’est pas le même job…et ça coûte…or le « soft skills » en France est peu valorisé…

    Le conseil/coach peut entendre ce qui n’est pas dit et vous dire que vous ne pouvez entendre pour permettre de gérer au mieux les différentes phases.

    Maintenant, quand il n’y a plus d’envie. C’est mort. C’est comme dans la vraie vie !
    Je trouve donc votre décision très courageuse.

    J’ai l’impression que vous entrez dans cette phase de deuil. Il y a de très bonnes lectures sur ce sujet.
    C’est le moment ou la blessure devient cicatrice pour repartir…vers de nouvelles aventures mais pas trop vite…
    Amicalement.
    http://www.frizzeramogli.com/

  76. Bravo Guilhem !

    J’ai vécu une expérience similaire qui s’est moins « bien » finie que la tienne : cessation de paiement, dépôt de bilan, salariés licenciés, tribunal de commerce …
    Je me permets de vanter une de tes qualités … avoir su à un moment t’arrêter !!
    Je me retrouve dans plein de tes remarques sur les doutes, le faite d’être débordé, sur l’envie, sur les associés, sur le développement, sur l’implication des personnes … mais je n’ai pas su prendre mes paumes à un moment.
    Il faut un peu de temps pour s’en remettre (il m’a fallu un an). Prends ce temps il est nécessaire pour bien digérer la totalité de l’histoire. L’analyse que tu en fera dans 1 ou 2 ans sera encore différente.
    Bonne chance pour la suite

    Charles-edouard

    NB : as-tu pensé à créé un logiciel en SaaS pour aider les créateurs de start-up ayant échoué ?
    Ou alors fonder un club des créateurs ayant échoué ?

  77. Bonjour et merci pour cet article très intéressant, parfois poignant.
    Dès le début de la lecture, j’ai été étonné, comme souvent, par l’urgence de « créer une startup », avant même d’avoir l’idée de ce qu’elle ferait. Je ne suis pas entrepreneur et je ne pense pas en avoir l’âme. Mais je suis persuadé que la vision doit être antérieure à l’ambition de création. Qu’elle en est le déclencheur.

  78. Merci Guilhem pour ce partage et bravo pour votre courage et votre sincérité. C’est le moment d’écrire un livre :)

  79. Super merci pour ces retours très très très complets.

    Le point qui me choque, et je suis d’accord avec @Romain c’est monter une boite juste pour monter une boite et devenir Entrepreneur 2.0. Avec une approche « on trouve un client » et on alignera le tir après.

    A mon sens, pour passer le cap des 5ans il faut démarrer avec une rupture technologique et l’expérience d’être salarié dans une startup pendant + 5 ans (pour voir les choses sous un autre angle).

    Ca peut marcher sans, mais c’est compliqué surtout quand le projet prends de la maturité, les gens fatiguent, les MeToo apparaissent, le produit doit se stabiliser, il faut manager les nouveaux, etc…

  80. Bonjour Guilhem,

    Comme déjà souligné par nombre de personnes, ce post-mortem mérite un chapeau-bas pour sa franchise et sa volonté de partager l’expérience. C’est suffisamment rare pour être souligné encore et encore.

    La lecture de l’article m’a mené à quelques réflexions. Elles peuvent sembler un peu dures mais n’y vois rien de blessant, ce n’est pas mon intention.

    La création d’une startup est une aventure business et une aventure humaine.

    Sur le plan du business, comme souligné par une autre personne, cela parait parfois très intellectualisé voire scolaire (comme une longue liste de figures imposées à checker à tout prix). Je n’en ferai toutefois pas une critique car je pense que l’on « s’assouplit » avec le temps et en l’absence de la souplesse qu’apprend l’expérience, avoir un bon bagage intellectuel ne nuit pas.

    Sur le plan humain, c’est de toute évidence un énorme gâchis. Etant moi même dans une startup qui a traversée en 3 ans pas mal d’épreuves que je qualifierai de vraiment dures (tant sur le plan du business que sur les plans humain et personnel), j’avoue avoir du mal à comprendre que votre aventure se soit arrêtée après ce qui me semble être un tout premier obstacle.

    Ce qui m’est incompréhensible (et selon moi votre plus grosse erreur de business), c’est que vous ayez tout arrêté suite à ça. A priori, il n’y avait aucun signal pour dire que le produit allait dans le mur.
    Alors certes il y avait un problème humain au sein de l’équipe mais je n’arrive pas à me figurer comment vous avez pu conjointement décider de jeter aux orties un an et demi de travail…

    A moins qu’il n’y ait eu un « péché originel » ?

    J’ai en premier bien aimé ta description d’une recherche systématisée de l’idée de startup. Mais au fur et à mesure que j’ai avancé dans la lecture de cet article, je me suis de plus en plus posé cette question : aiment ils vraiment ce qu’ils font ou aiment ils l’idée de monter une startup ?
    En effet, suivant cette technique, une startup créée un an plus tard aurait surement été sur un tout autre sujet. Et pourtant, c’est un choix qui vous engageait tous pour plusieurs années, un choix lourd de conséquences.

    Évidemment, rien n’oblige à monter une startup par passion pour un sujet, mais ce petit « supplément d’âme » est un puissant moteur pour résoudre et dépasser les problèmes, tant sur le plan du business que de l’humain. Une startup est un fragile équilibre entre ces 2 pôles. Vous avez tous voulus faire (et surement fait) au mieux sur la partie business, mais me semblaient avoir sous-estimé (ou laissé filer) les problèmes humains qui ne font qu’empirer avec le temps et ne pardonnent pas, car le business ne peut se bâtir que sur des fondations humaines solides.

    Quoi qu’il en soit, vous n’aurez pas fait ça pour rien. L’expérience acquise est riche et vous aidera assurément pour la suite.

  81. Bonjour Guilhem,

    Merci pour ce long article qui va beaucoup m’aider dans la création de ma propre entreprise.

    Cela confirme mon idée de lancer son entreprise seul, et de se faire aider par d’autres. Car le projet de départ, s’il n’est pas conçu par la même vision au micron près par les deux parties, ne peut que conduire à des conflits. Je l’ai vu à de nombreuses reprises. Même si l’échec d’une entreprise a l’air d’être due à la conjoncture, au marché, etc…C’est la plupart du temps un problème de communication.

    Déléguer les tâches, c’est uniquement dans le cadre d’une responsabilité limitée et si la personne est remplaçable. Le créateur doit avoir le contrôle permanent de tout ce qui se passe dans son entreprise.

    Car un projet, c’est une extension de soi-même. Notre vision d’un projet, l’extension de la vision que nous avons de notre propre vie. Et si nous permettons à quelqu’un (en l’occurrence un associé) de faire péricliter le projet, alors cela entraîne un immense découragement. On le peut le voir clairement dans ton article (que j’ai lu d’un bout à l’autre, vraiment intéressant, tu n’as pas à t’excuser de sa longueur, c’est plutôt aux lecteurs de te remercier pour ton partage), tu abandonnes le projet « sans raison apparente », hors il y en a une très importante de raison: l’autre t’as enfoncé. Il peut très bien avoir des bonnes raisons d’avoir agi comme il a agi, le fait est que TA vision du projet, c’était TA vie.

    Il peut arriver que nous fassions une RENCONTRE véritable au travers d’un projet. Que nous soyons suffisamment proches dans la vision de l’entreprise pour pouvoir la créer ensemble. Néanmoins, il faudra toujours une personne qui dirige plus et l’autre qui exécute plus. Il DOIT y avoir une différence de responsabilité mise en avant de façon évidente.

    Par exemple, un restaurant dans lequel je travaillais. Les patrons, un couple, étaient à première vue 50/50 dans les décisions. Ils étaient LES patrons. Pourtant, au fur et à mesure, j’ai pu constater que le mari était plus exécutant (cuisine) et la femme décidait et gérait tout. Embauche, salle, relations commerciales, relations avec le personnel, paies…Ils avaient la même vision, mais le partage des tâches était officiellement inéquitable. Elle, femme de tête, lui plus suiveur de tempérament…Ca marche très bien.

    Je suis tombée sur ton blog en faisant des recherches pour mes plans de financement, mais je crois que je vais lire le reste. :)

    Bon courage pour la suite, en reprenant les rênes, tu vas tout déchirer!

    Sophie

  82. J’ai adoré cet article Guilhem et encore merci pour ta franchise! On devrait créer un blog qui regrouperait uniquement des témoignages d’entrepreneurs qui ont « échoué » :) Ça remonterait le moral à de nombreux fondateurs de startups!

    Ton expérience montre une fois de plus que la majorité des échecs résulte de problèmes entre associés.

    Personnellement, je pense qu’il est préférable que les associés soient tous dans la même « galère » en évitant qu’un seul soit payé par exemple. Ça évite les suspicions quand les choses ne se déroulent pas comme on le voudrait. Sinon on a vite tendance à devenir parano :)

  83. Tout ceci montre bien que c’est risqué de se lancer sans business model

  84. Bonjour et bravo pour cet article !

    Beaucoup de chose ont déjà été dites en commentaire, je ne vais pas revenir dessus.

    Ce qui me semblerait très intéressant en revanche ça serait d’avoir le même article écrit par .. les autres associés :)

  85. Bonjour Guilhem,

    Merci pour ce bilan très instructif, j’imagine que c’est très difficile dans ce cas là de faire preuve d’autant de lucidité.
    Ce que je retiens de cet article, c’est qu’il est très difficile de commencer par un projet qui a besoin d’une taille critique importante pour fonctionner. Mieux vaut peut-être faire quelque chose de plus modeste mais qui trouver immédiatement des clients et dégage des cash flows limités mais positifs pour ensuite viser plus haut.
    Enfin c’est bien facile de le dire, plus difficile de le faire c’est évident !

  86. Merci pour ce très long article qui n’en est pas moins agréable à lire et bien illustré !

  87. Désolé pour toi Guilhem…
    A travers la lecture de ton post, j’ai du mal à comprendre. Tout à l’air de bien aller d’un point de vu business, le marché est là, les clients suivent mais seules les relations humaines n’allaient pas et tu casses tout sans demander l’avis des autres en mettant cartes sur table. Moi je n’aurai rien compris ni digéré un truc pareil.
    Pourquoi n’as tu pas fais une réunion en leur disant franco de cochon tout ce que tu avais sur le coeur?

  88. Salut Guilhem?
    est ce que les conseils de Monsieur Alain Bloch (HEC entrepreneur) t’ont servi?

    Cordialement

  89. Thierry LAFFIN

    7 octobre 2013 at 13:06

    Bravo pour cette publication.
    J’ai monté une startup, l’ai développé pendant 10 ans avec quelques amis (que j’ai la chance de garder) avant de la revendre. Je me suis reconnu dans chacune des étapes de ton marathon (idée, levée de fonds, prospection, revente, départ, etc.).
    Je suis aussi père de famille, et hélas pour ceux qui vont se lancer ma conclusion est que comme pour élever des enfants, il n’y a pas de recette miracle. il faut s’entourer de bons avis et garder ses forces pour garder un jugement clair.
    Ha si, un point : c’est super de prendre le temps de rédiger son histoire ensuite. Puisque entreprendre, c’est une aventure intérieure et mieux se connaître.

    Merci Guilhem, au plaisir d’en parler autour d’un verre.

  90. Bonjour,

    Merci beaucoup pour ce partage. L’échec est tellement mal vu en France.
    Je pense que l’idée de Calabio est excellente, quelle est la suite pour ce projet ? Il ne va tout de même pas être enterré ?

  91. Salut Guilhem,
    merci pour cet article très enrichissant sur le parcours d’un entrepreneur ; je suis triste de voir que l’aventure s’achève, mais je ne me fais pas de soucis pour toi, comme je te l’ai dit plusieurs fois, je suis toujours frustré de constater à quel point tu as toujours de bonnes idées avant moi !^^ Je te souhaite plein de bonnes choses pour invox.fr ! Amicalement

  92. Bonjour Guilhem, belle aventure !
    Etant dans une grosse société de conseil, j’aurai imaginé une autre fin, notamment un rachat pour une plus grosse société qui pousse fort sur le cloud dans sa version la plus métier + la possibilité d’associer une dimension conseil à l’utilisation. Les entreprises ont du mal à s’y retrouver, et attendent un retour d’expérience externe, ce que délivre très bien différentes sociétés de conseil. En complément de WeLoveSaas et Calabio, il me semble qu’il y avait (ou qu’il y a) quelque chose à jour.
    Pour la partie gestion de l’équipe, tu parles d’amélioration du pacte d’actionnaire à la sortie, c’est un point clé. J’ajouterai la définition de rôles et responsabilités claires, de mise en place d’objectifs chiffrés avec des indicateurs pour pouvoir définir et partager de manière régulière les objectifs.
    Bon courage pour la suite de tes aventures, le cloud est un monde de business sans fin, continue à y jouer un rôle …

  93. Bonsoir Guilhem,

    Une question qui me travaille depuis que j’ai lu ton article et que je me pose très souvent lorsque je vois autant de starts-up créées et dont on ne parle pas assez souvent.

    Concrètement, avec quel revenu financier as-tu vécu pendant ces 18 mois alors que tu ne te payais pas ? Et sans parler de la perte que tu as dû prendre à tes frais.
    Je crois ne pas avoir vu de précisions sur ce point pourtant capital si on veut tenir sur la durée.

    Pour être plus concret, comment payais-tu ton loyer ? Ta nourriture ? Tes impôts ? Les transports en commun ou essence… ?

    Même en se restreignant méchamment et en vivant chez un ami, il y a quand même un minimum de frais.
    As-tu tout simplement puisé dans des économies prévues pour ce genre d’occasion ? Ou peut-être es-tu en couple et cette personne a pris en charge les frais (loyer, charges, nourriture…) en sachant que ce ne serait que temporaire ? Aide des parents ? Ou un autre boulot de quelques heures par semaine pour subvenir aux dépenses prioritaires (mais apparemment tu étais à 100% sur le développement de ton projet) ?

    As-tu estimé le montant total de tes dépenses de vie journalières durant ces 18 mois ?

    Merci pour tes lumières et pour cet article qui donne du recul.

  94. Pas grave. Avantage sur moi tu as fait ton deuil. Moi depuis le 17 janvier l’entreprise est à 0 cause santé. Triste quand an-1 elle était prospère et bénéficiaire depuis 7 ans. Aujourd’hui c est 13ans de travail à la poubelle. Et une inquiétude du demain.
    @+ Philippe

  95. Bonjour Guilhem
    Merci pour ton retour qui est trés bénéfique pour tout wantrepreneur en herbe. Cependant aprés avoir lu tout l’article je n’ai toujours pas compris pourquoi tu as laissé tombé l’aventure. Je suis passée du paragraphe tout ne va pas si mal pour we love saas au paragraphe j’en ai marre je laisse tomber. Je pense que la première chose qu’on doit apprendre en tant qu’entrepreneur c’est de perséverer de se battre pour que l’idée et le projet survive quitte à changer les modalités d’associations de départ; trouver un sas de décompression en faisant entrer des nouvelles personnes etc etc … Personnellement et vu de loin je te trouve assez égoïste d’avoir baissé les bras comme ça. Parce que quand on veut devenir entrepreneur on a aussi la responsabilité de plein de choses de relations; beaucoup de personnes des associés aux stagiaires en passant par le réseau se sont impliqués de prés ou de loin dans ce projet et clairement je ne vois pas à part des problèmes perso (qui soit dit en passant existent partout ) qu’est ce qui t’a motivé à jeter l’éponge, à moins bien sur que tu ne sois juste un sérial entrepreneur incapable de mener un projet à son terme.
    Voila désolée d’être un peu dur avec toi, mon commentaire n’est absolument personnel.

    • Pas de souci avec ton opinion « cash » bien au contraire – je te rejoins sur la responsabilité auprès d’autres personnes lorsque l’on est entrepreneur.
      Ceci étant, si j’ai arrêté, c’est parce que j’avais la certitude que l’équipe n’était pas la bonne, ni qu’elle était prête à rebattre fortement les cartes des règles de l’association.

  96. Bonjour Guilhem,

    Merci beaucoup pour ta franchise et ton article détaillé.
    Il faut vraiment du courage pour dire stop et tirer un trait sur des années de travail.

    J’ai deux questions,
    Avais tu envisager à l’époque une solution intermédiaire, du type revendre tes parts ou t’écarter du projet ?
    Ma deuxiéme question est très personnelle, tu penses vraiment que Calabio a détruit définitivement ton amitié de 10 ans ?

    • Merci de ton message.
      Pour continuer sur la franchise :
      – je ne croyais pas du tout dans l’idée que je parte et que le projet continue – force est de constater que j’en étais le porteur « fort ». L’idée de continuer seul m’a par contre effleuré l’esprit.
      – compliqué à dire, le fait est que ça fait déjà presque 18 mois et qu’il n’y a aucun signe de réchauffement… c’est le genre de truc que le temps peut réparer je pense, mais avec beaucoup d’eau sous les ponts et quelques éléments qui favorisent le rapprochement. En l’état j’ai malheureusement peu d’espoirs.

      ++

  97. Minez Arnaud

    23 mai 2014 at 16:10

    Bonjour Guilhem,

    Je vais d’abord me présenter brièvement pour que tu puisses me répondre plus facilement. Voilà je prépare les oraux des écoles de co en admission sur titre 1. Je suis admissible à Grenoble EM (où les nouvelles technologies occupent une place importante). Et justement, je ne suis pas très bien classé, je cherche donc des arguments afin de me démarquer facilement des autres. Un ami m’a dit de tenter un « hold-up » à cet oral, en reprenant une partie de ton projet (juste les grandes idées, plateforme SaaS, etc sans vraiment rentrer dans les détails), dans le but de montrer ma détermination à intégrer leur école.

    Penses-tu alors que ce projet permet de se démarquer des autres ? Saches en tout cas que je n’ai plus rien à perdre dans cet oral, je suis rang 1051, je n’ai donc pas de place à maintenir dans le classement. Même si le jury me colle un 5, j’aurais au moins tenté le truc.

    Merci en tout cas d’avoir lu ma question !

  98. Le revival !!!
    à l’aube de notre presque première année d’écoulée nous venons de mettre en ligne la version 2 de notre site http://www.travozen.com que nous étions venu « tenter » de présenter au BLEND WEB MIX 2013.
    Nous avons désormais largement revu notre site, son design tout d’abord mais aussi ses fonctionnalités, et enfin UNE APPLICATION MOBILE….
    Alors aujourd’hui nous cherchons simplement à faire connaitre notre plateforme, améliorer sa fréquentation (nous repartons presque de zéro avec cette deuxième version).
    Sauriez vous nous prêter une oreille ou laisser le nom de notre site apparaitre dans l’un de vos articles ?

    Merci et à très bientôt pour le nouveau Blend Web

    David

  99. Moulieres Daniel

    22 septembre 2014 at 12:28

    Merci Guilhem pour ce partage de ces moments que nous connaissons tous, plus ou moins.
    Ca nous réconforte toujours qu’un mec brillant comme toi se soit planté.
    J’ai monté plusieurs projets qui se sont plantés et j’en tire les même conclusions.
    Pas d’associé, pas d’ami, du pragmatisme, être rapide, peu d’étude de marché, pas de perte de temps dans des structures qui n’ont que ça à penser.
    Ca n’a rien à voir avec ces recommandations, mais ça me rappelle une aventure que j’ai monté avec un ami en 2000.
    « La fête du cochon », était un concept marketing visant à promouvoir le cochon au mois de janvier dans toutes les filières, grandes surfaces, restos, éleveurs, charcutiers….
    Nous avions proposer à la fédération des métiers du porc de créer un évènement avec repas VIP, comme les gaulois d’Astérix.
    Au même titre qu’ il y a la « fête des mères », l’idée était plaisante à monter, et nous étions prêts du but avec un budget global communication très intéressant quand , quand ?!!
    Quant la fièvre porcine nous est tombé sur la gueule, et que des milliers de cochons étaient grillés, mais pas suivant notre concept.

    Moralité, la tuile peut venir de n’importe où.
    Bon je te raconte ça, parce que je sais que tu aimes le cochon.

  100. Lol j’ai mangé +/- 40 k€ en 12 mois comme un grand :)
    Me suis bien planté aussi, ça fait chier mais c’est comme ça ! Pour l’égo c’est dur, mais j’ai eu de la chance que personne d’autre n’est vraiment été touchée .
    Et franchement, ça vaut bien une année de business school.

    PS : moi aussi j’aime le cochon

  101. Article très intéressant ! Il n’y a que ceux qui ne tentent rien qui ne se trompent jamais ! J’essaye de m’accrocher au quotidien pour qu’un très beau produit puisse naître de ma startup. C’est pas facile tous les jours …
    https://www.facebook.com/pages/Les-startupers/591644240980893

  102. « Il est dur d’échouer, mais il est pire de n’avoir jamais tenté de réussir. »
    F. Roosevelt

  103. Article fantastique, félicitations pour votre courage. Je le « bookmark » et je le relirai régulièrement.

    Entrepreneur, je me suis également planté sur un projet (par chance, la société a pu pivoter) et je retrouve des points communs entre votre projet (qui me semble être une excellente idée) et le notre. Dans notre cas, 3 ans de développements mis à la poubelle.

    J’ai essayé de lire attentivement votre article + commentaires, mais j’ai l’impression que l’aspect technique n’a pas été assez abordé. Vous mentionnez toutes les fonctions développées (front+back) qui , d’après ma compréhension, sont allées bien au-delà que ce que pouvez attendre vos clients. Nous avons fait la même chose : développements trop importants, décalage de plusieurs mois (effet tunnel). On avait toujours l’impression qu’il fallait que toutes les fonctions qu’on avait imaginées soient dispos pour intéresser le client. Et plus on en rajoutait, plus il en fallait : pas bon !

    Cette tendance à attendre que le produit soit parfait avant sa commercialisation, est, dans notre cas, l’une de nos plus grosses erreurs. A notre décharge, il est VRAIMENT difficile de mettre un produit sur le marché sachant qu’il n’a pas toutes les fonctions imaginées et qu’il est sans doute truffé de bugs. Essayez de demander à un architecte ou à un développeur de lâcher son « bébé » alors qu’il n’est pas terminé : c’est très compliqué et cela occasionne de fortes tensions (pb de communication, encore une fois). Ils ont l’impression qu’ils vont être jugés sur la façon dont le logiciel est codé et non sur les fonctions rendues. Pour cela, l’approche LEAN est très enrichissante.

    Sans doute que le goût du travail bien fait qui nous est inculqué depuis notre plus tendre enfance est en partie responsable de cet état d’esprit. C’est, de mon point de vue, quelque chose qu’il faut véritablement combattre en dé-scoppant au maximum les fonctions.

    Si cette expérience peut servir…

    Encore merci pour votre article

    Stéphane

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