7 façons de tester son idée de startup avec un Minimum Viable Product / MVP

A mes yeux, la plus grande cause d’échec des startups est très simple (si l’on parle chiffres uniquement) : c’est le fait DE NE PAS SE LANCER. C’est fou le nombre de personnes qui ne donnent pas une chance à leurs idées, qui s’autocensurent… Et c’est en réalité bien dommage. Chaque fois qu’un entrepreneur en puissance (on parle de wantrepreneur) tue de lui-même une idée, c’est un peu de l’écosystème de startups qui y perd.

Il y a  à cela plein de raisons, mais je pense que la principale est le fait de croire que cela va être trop compliqué de faire les premiers pas. Le gap a l’air trop important aux yeux du wantrepreneur entre sa situation actuelle (étudiant, salarié, retraité) et le statut d’entrepreneur.

Pourtant, il existe une bonne façon, même en étant déjà en poste (lisez d’ailleurs aussi cet article), de tester son idée : il s’agit de commencer à se lancer dans la création. Pas de n’importe quelle manière évidemment, en réalisant un MVP : un Minimum Viable Product, ou « produit le plus petit possible qui m’aide à prouver qu’il y a un marché ». Exit, donc, les business-plans, études de marché, excels avec des formules à rallonge.

Mettre au point un Minimum Viable Product nécessite d’être malin pour trouver des astuces pour récupérer beaucoup d’informations sans passer beaucoup de temps à réfléchir, et pour « faire croire » que votre produit ou service tourne déjà. Notre but ici n’est pas de vendre forcément toute la prestation, ni de fonctionner déjà comme une vraie entreprise, mais bien de s’assurer que certaines personnes seraient en passe de devenir clientes.

Et pour cela, il existe quelques astuces de sioux, qui ne nécessitent ni trop d’argent, ni trop de temps, pour au moins donner une chance à une idée business (et commencer à apprendre des choses qui serviront peut-être plus tard, sur d’autres sujets :

  • Poser une landing page et un formulaire d’inscription. Plutôt que de développer entièrement votre service web, ne faites que la page d’accueil d’un site. Il existe tout un tas d’outils (par exemple, Unbounce, ou Strikingly) qui vous permettent de le faire sans aucune compétence de développement (il vous faudra quand même vous renseigner sur les règles de base d’ergonomie web, hein !). Expliquez-y votre service comme s’il existait déjà, donnez des détails, parlez le discours des clients, en mode « quels bénéfices pour eux ». Et bien sûr mettez un formulaire d’inscription vous permettant de récupérer des emails. Prévenez ensuite chacun que le site n’est pas encore lancé, mais que vous adoreriez avoir leur avis lors d’une brève conversation téléphonique…

 

  • Jouer au concierge en « faisant à la main ». Cela marche bien dans le cas où votre site est censé faire quelque chose d’automatiser… mais dont le développement coûterait trop cher. Vous récupérez les contacts de la personne intéressée et vous faites tout à la main vous-même (recherche d’infos, matching, achats, … cela marche pour presque tout). Au moins, vous comprendrez les étapes du business et les points « goulets d’étranglement »… ainsi que les vrais besoins des clients.

 

  • Disperser des pubs. Si votre produit colle à une recherche ou un besoin particulier, vous pouvez peut-être acheter un peu de pubs. Si personne ne clique dessus, c’est peut-être que le besoin n’existe pas. Essayez ensuite de récupérer un contact pour affiner leur besoin par téléphone ou mail.

 

  • Faire une vidéo démo. Faites une petite vidéo explicative (par exemple ici) de votre service. Montrez-là en live à des prospects potentiels, ou diffusez-la sur une page avec un petit formulaire. Et faites plusieurs versions pour tester ce qui marche (ou pas) !

 

  • Tester « dans une rue ou un quartier ». Si vous offrez des services, ou un produit particulier, vous avez la possibilité de faire croire, à l’échelle d’une rue ou d’un quartier, que votre entreprise existe vraiment. Imprimez des flyers et diffusez-les systématiquement dans les boites aux lettres et magasins, passez vous présenter dans les entreprises, éventuellement faites de la distribution « à la main » ou sur les pare-brises… avec un numéro de contact. Si après quelques jours personne ne vous a appelé c’est peut-être qu’il n’y a pas de besoin (ou que vous êtes dans le mauvais quartier).

 

  • Frankenstein-style. Vous avez une idée de site web, mais aucune compétence ni graphique ni de développement ? Hé bien faites une Frankenstein : faites des copies d’écran des sites que vous trouvez bien, récupérez morceaux par morceaux ce qui y marche, et « assemblez » ainsi, bout par bout, le site de vos rêves. Il ne vous reste plus qu’à aller dans la rue avec un iPad et à montrer les images en émulant un parcours de navigation. Laissez les gens réagir, vous apprendrez beaucoup.

 

  • C’est un objet ? Faites une version 3D-Printing ! Vous avez une idée de petit (ou plus gros) produit ? Il est désormais assez aisé de se faire faire une première version, presque réelle… n’hésitez pas, faire réagir les gens en leur mettant quelque chose dans les mains est souvent la meilleure manière de procéder !

 

  • Faire du contenu. Evidemment, depuis que j’ai lancé Invox, mon agence de Content Marketing, j’ai un peu tendance à voir le contenu partout. Il est tout de même certain que pour se lancer sans produit, c’est une excellente possibilité… Créez un blog ou une newsletter, parlez avec passion du sujet de votre « entreprise à venir »… vous devriez vite voir si cela suscite des intérêts quelconques !

Allez, y’a plus qu’à se lancer (surtout qu’au lieu de 7 idées… vous en avez eu 8 😉 ) !!

Et vous, vous avez testé comment ? Des idées à partager ?

17

  1. Salut tout le monde,

    Complétement d’accord avec ce que dit Guilhem. J’ai appris de mes nombreuses erreurs sur http://www.toutmontpellier.fr pour lancer Kwizzeo ( http://kwizzeo.com ), une plateforme de jeux concours de proximité qui permet aux commerçants d’une ville de créer un jeu concours sans frais d’huissiers et de le propulser au sein de notre communauté de joueurs.

    A terme, il y aura une belle interface qui permettra aux commerçants de saisir leurs concours mais pour éprouver le plus vite possible le concept, tout est rentré à la main et on étudie les réactions aussi bien des utilisateurs que des commerçants pour faire évoluer le site en fonction de leurs retours et de leurs envies.

    Avant de le développer au niveau national, je ne le teste pas sur une rue ou un quartier comme le suggère Guilhem mais sur une ville mais le principe est le même.

    En gros je suis globalement d’accord avec tout ce qui est dit. L’avenir me le confirmera… ou pas :)

    Frédéric LEMONNIER

  2. Bonjour,

    Globalement d’accord avec vous… avec peut-être une explication possible : « c’est de notre faute :-) »
    Ben oui, globalement, en France, on a de l’échec une vision très négative: on a beau dire qu’on apprend de ses erreurs, essayez donc de trouver parmi vos ami(e)s celui ou celle qui « avouera » (c’est le mot !) s’être planté… je ne parle même pas de monter une société, même dire qu’on a acheté en son temps pour 1000 euros d’actions Eurotunnel fait sourire !
    Bref, le mal est sans doute d’origine culturel… alors c’est à nous tous de le combattre – votre article y participe.

    Par ailleurs, dans la liste de « 7 », j’aouterais tout de même un « 8 » : les études marketing. Lancer une étude marketing en ligne, c’est aujourd’hui une solution peu onéreuse (quelques centaines d’euros), et c’est un bon moyen de recevoir du feedback de personnes qui ne sont ni nos voisins, ni nos amis… qui, par construction, ne sont pas toujours honnêtes avec nous…. Alors, vous me direz que je prêche pour ma paroisse (c’est vrai d’ailleurs : http://www.adocta.com :-) ), mais il y a de nombreux fournisseurs potentiels, et suffisamment d’approches tarifaires/fonctionnelles différentes pour satisfaire tous les entrepreneurs en herbe…

    Ce qui est certain, c’est que le meilleur moyen d’échouer est de ne pas essayer 😉

    • Bien dit! Merci beaucoup. J’ai étudié aux Etats Unis pour justement sortir de cette vision négative et après quelques années de retour en France je me suis laissée entrainer dans cette mentalité. Mais il existe aujourd’hui une énergie super positive pour les entrepreneurs et je suis contente de pouvoir trouver des blogs comme celui ci qui nous donne des outils pour se lancer et enfin réaliser notre rêve.

  3. Toujours d’accord avec toi ! il faut mesurer ce qu’on est prêt à perdre et se lancer au regard de cette limite, mais foncièrement au début les moyens pour limiter les risques existent et il n’y a pas grand chose à perdre non?

  4. Bonjour à tous,

    Bel article synthétique !! Effectivement, le passage de la phase de réflexion à celle de l’action pure est parfois compliqué à gérer ! J’ai passé beaucoup de temps à réfléchir sur mon projet en sollicitant des conseils, des retours d’expériences sans passer à la commercialisation. A l’arrivée, j’avais beaucoup d’infos et … des idées diluées !!
    Finalement, j’ai réalisé un site sympa mais pas à la hauteur de mes envies mais cela permet de faire un pas en avant et surtout, d’avoir un vrai retour des utilisateurs. Résultat, Be2Biz avance bien plus vite maintenant et les premiers échanges interentreprises se font (Be2biz modernise le troc et l’adapte aux professionnels). Les services évolueront dans le temps.
    Bilan, il faut simplement paraphraser JCD : Oublie que t’as aucune chance, vas-y fonce … Sur un malentendu, ca peut marcher !!

    Bonne journée à tous

    Damien Durrleman
    http://www.be2biz.fr

  5. Bonjour Guilhem,

    Excellents points. Il faut tester le concept le plus tôt possible en allant discuter avec les futurs clients. Ca évitera bien des surprises pour la phase de création du produit (ou service).

    Je rajouterais la 2ème cause d’échec des startups c’est de ne pas répondre à un besoin, et cette première approche du marché va permettre de découvrir la réalité des clients. Si il y a une attractivité pour ce qui est proposé ou non.

    Pour une application mobile, il y a une approche supplémentaires: le Mokup qui permet de présenter les écrans et leurs enchainements, pour recevoir un retour sur une appui qui n’est pas encore créée.

  6. Bonjour Guilhem,

    Excellents points. Il faut tester le concept le plus tôt possible en allant discuter avec les futurs clients. Ca évitera bien des surprises pour la phase de création du produit (ou service).

    Je rajouterais la 2ème cause d’échec des startups c’est de ne pas répondre à un besoin, et cette première approche du marché va permettre de découvrir la réalité des clients. Si il y a une attractivité pour ce qui est proposé ou non.

    Pour une application mobile, il y a une approche supplémentaires: le Mokup qui permet de présenter les écrans et leurs enchainements, pour recevoir un retour sur une appui qui n’est pas encore créée.

  7. Fabien Grenet

    17 janvier 2014 at 11:17

    Complètement d’accord, c’est ce que j’explique aux entrepreneurs / wantrepreneurs que j’accompagne ! Je leur conseille également cette liste (non exhaustive) d’outils bien pratiques : http://haikusages.fr/entrepreneurs-startups-outils-pour-gagner-du-temps/

  8. Effectivement, il y a largement de quoi faire ! Mais pour ceux qui se lancent, on se rend souvent compte trop tard qu’on aurait pu faire beaucoup plus simplement.
    J’ajouterais un point à la liste : le « smoke test ». Le concept, c »est celui d’une landing page, mais en plus fourbe : présenter le produit, ne pas dire qu’il n’est pas disponible, et dès que le client a cliqué sur le bouton « acheter », prétexter un quelconque problème technique sur le site pour revenir vers lui plus tard. Mais au moins, il a cliqué sur « acheter » !

  9. Moi j’y crois pas. C’est très hype et So sillicon valley
    Enfin, je crois surtout que pour 99% des projets c’est inapplicable.

    Imaginons que je veuille lancer Twitter. Ah ba merde je peux pas.

    Passons dans le réel. Je veux lancer un espace de co-working dans ma ville. Ah merde j’aurais bien des clients (ou du moins des gens intéressés par l’idée), mais je viens de les perdre car ils ont compris que je serais pas prêt avant plusieurs mois / années.

    Je peux faire un site avec des bouts de ficelles, mais si je ne transforme pas mes visiteurs en inscrits je ne peux pas savoir si :
    – mon projet ne les intéresse pas
    – mon projet les intéresse mais mon site est moche et ne donne pas confiance

    Après avoir passé un temps certain (et énergie et donc €) à trouver une clientèle (si jamais je la trouve), je vais la perdre car je n’ai pas de services à lui offrir. Donc je vais jamais vraiment savoir s’ils sont prêt à payer pour ce que j’offre.

    Des gens séduits par une idée, on peut en trouver à la pelle. Des gens prêts à payer, c’est autre chose. Et quand bien même ils seraient prêt à payer pour ce qu’on offre, faut encore réussir à les convaincre de venir chez nous (et pas chez la concurrence).

    Donc oui, je peux faire un MVP si :
    – mon concept si prête
    – mon site est suffisamment beau / attrayant (<- est un problème difficile ou couteux)
    – je peux atteindre ma clientèle

  10. @Raph, pour ton exemple d’espace de Coworking je peux te citer l’espace Mutinerie qui s’est lancé selon cette approche « testons rapidement et à moindre coût ».

    1- ils ont ouvert un blog pour toucher une audience et valider la pertinence de leurs idées et points de vues
    2- ils sont partis à la rencontre des écosystèmes existants d’indépendants pour rencontrer « dans la vraie vie » ceux qui pourraient être leurs clients et capter du feedback sur leur projet
    3- ils ont organisés quelques évènement pour initier une dynamique avec ceux qui manifestaient de l’intérêt pour leur projet
    4 enfin ils ont ouvert un espace de coworking éphémère en mode lowcost (dans un local en sous location dont le bail s’est arrêtée prématurément au bout d’un mois) pour valider leur modèle d’affaire et en particulier le fait qu’ils pouvaient avoir des clients qui payent pour leur offre

    Toutes ces actions, menées de manière graduelle leur ont permis de fédérer autour d’eux une communauté de futurs clients, d’affiner leur offre grâce aux feedbacks et de valider la partie leur modèle économique.

    À partir de là, ils ont pu passer à la vitesse supérieure, trouver un véritable local et lancer l’espace de coworking actuel avec une offre adaptée à leur cible (et ça fonctionne très bien aujourd’hui).

    Bref, je pense qu’au contraire il est possible de procéder de manière maligne et graduelle sur à peu près tous les secteurs d’activité, et que finalement le frein est à chercher du coté des a priori que l’entrepreneur se met par rapport à son projet (le fameux « ça ne marchera jamais si je n’ai pas mon produit final »).

  11. Totalement d’accord , il ne faut pas laisser la peur ne guider mais plutôt ce faire face à nos peurs et prouver quant à tort

  12. Le but n’est pas d’imaginer ou de tenter de faire quelque chose de parfait, mais bien de passer à l’action.

  13. Le « MVP » me paraît maintenant obligatoire pour lancer un projet de création d’entreprise, et encore plus s’il propose un service en ligne. Pour approfondir ce que vous dites très justement, je conseille à tous ceux que ca intéresse de lire :
    – Lean Startup d’Eric Riess
    – Lean Analytics d’Alistair Croll
    – The Entrepreneur’s guide to customer development de Brant Cooper et Patrick Vlaskovits

  14. Bonjour Guilhem,

    Connais-tu un site pour faire des vidéos facilement mise à part Pitchy.com ?
    Un truc facile et pas cher!

    Au fait, merci pour Strikinly – c’est top!

  15. Bonjour

    Personnellement j’ai utilisé powtoon : très bien quand on a pas encore une version montrable du produit .

    Sinon on viens de faire l’acquisition screen-o-mastic pour montrer le produit (capture écran) et il est vraiment très bien.
    On a commencé quelques essais très basique pour des tutoriaux avec un résultat correct sans finition.
    On est en train de faire celui de la présentation du produit après une étude plus approfondie de leurs documentation et là je dois dire que leurs produit est bien très bien conçu (et pas chère)

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