Monter sa boite, voilà ce dont rêve d’après certaines études près de 60% des français actifs. Pourtant assez peu le font, et une bonne raison à cela est le besoin de gagner sa vie. Résultat, beaucoup des entrepreneurs potentiels ne franchissent pas le pas et finalement restent dans leur job du moment.

A quel moment quitter son boulot ?
Pour certains en revanche, créer sa boite c’est un peu comme l’envie de pisser : on peut se retenir un moment, mais à un moment donné, il faut pisser. Dès lors, tout n’est qu’une question de timing : combien de temps faut-il avancé masqué avant de faire son coming-out entrepreneurial ? Faut-il essayer de porter son projet le plus loin possible avant de s’y mettre à temps plein, quitte à travailler nuits et week-ends (ou ne plus faire grand chose dans son activité rémunérée) ?
Certes toutes les situations sont différentes. Il est nécessaire de creuser un minimum son idée pour ne pas se lancer sur un coup de tête sur un projet qui ne sera qu’un feu de paille. Et bien évidemment, il faut essayer de garder quelques ressources financières : la période de “survie” va durer au minimum 18 mois et donc repousser au maximum le début du compte à rebours (avant d’arriver au bout de ses économies) est une bonne stratégie.
Il n’empêche… difficile d’avancer sur un projet sans pouvoir être opérationnel en journée dessus, et quel encombrement de l’esprit que de devoir continuellement jongler, au moins pour la façade, entre deux activités ! Bon, cela est un peu moins le cas s’il se trouve qu’on se lance dans le secteur d’activité dans lequel on travaille déjà… mais il n’en demeure pas moins que réactivité, disponibilité et capacité de travail sont souvent les petites choses qui font la différence au début.
Comment partir ?
Votre décision est prise, vous êtes persuadé(e) que votre projet est LE projet sur lequel vous voulez vous lancer. Encore faut-il maintenant partir physiquement de votre emploi ! Là encore, plusieurs (voire énormément) de cas sont possibles : départs en plus ou moins mauvais termes, négociés ou non, vous donnant droit aux ASSEDICS, voire à une aide de votre employeur ou même dans certains cas en continuant à travailler pour votre employeur… en tant que premier client de votre entreprise !
Techniquement, cela va de la démission pure et simple au licenciement (provoqué ou à l’amiable), en passant désormais par le départ conventionné, bon moyen de concilier obtention d’assedics pour le nouvel entrepreneur et moindre coût pour l’entreprise. Des solutions extrêmes existent pour réussir à partir si votre employeur ne le souhaite pas mais je ne les citerai pas ici
Et le business-plan ?
Le premier réflexe d’un employé se demandant s’il va créer est en général de se réfugier derrière le sacro-saint business-plan. Erreur, sacrebleu ! Voilà une bonne façon de ne pas se lancer : écrire un business-plan pour prendre la décision ou non d’y aller, c’est comme vouloir rédiger le manuel technique d’une voiture avant d’oser en toucher le volant ! Non, pas de business-plan donc mais bien une petite étude de concurrence et des discussions avec des pros du secteur visé. Et surtout une bonne introspection pour savoir quelles sont ses motivations personnelles et ses compétences clés !
Dans tous les cas, il est impossible de lancer quelque chose de parfait. Il va vous falloir l’accepter et vous jeter dans le grand bain même si tout est encore améliorable. C’est la seule manière d’avoir très vite des feedbacks sur ce que vous faites… et de corriger le tir rapidement. Finalement, mieux vaut se planter un peu tous les jours que de prendre son élan pendant plusieurs mois pour rencontrer… un mur !
Et après, à quoi faut-il s’attendre ?
C’est sûr qu’il va y avoir du changement ! Du positif comme du négatif, ne nous cachons pas la vérité. Ca va être dur, très dur. On va se retrouver un peu livré à soi-même, connaître la solitude du créateur… se faire encadrer en rejoignant un incubateur est une bonne solution, chercher des profil seniors pour se faire challenger aussi… Bien évidemment, vous n’aurez plus de salaire à la fin du mois et tout le confort lié à un poste dans une grande ou moyenne entreprise.
D’un autre côté, finie la routine et bienvenue dans les grands espaces : votre projet sera ce que vous décidez d’en faire, et attendez-vous à apprendre tout un tas de chose. Et puis, sur le long terme, c’est un très bon moyen de bien gagner sa vie !
Oui, mais si je me plante ?
Ah lala, l’échec. Considérez le passage de quelques mois / années / décennies qui vous attendent comme une formation. Votre expérience sera forcément bénéfique, même si vous vous plantez : vous gagnerez en autonomie, en prise d’initiative, en responsabilité, en vision transversale, vous serez amené à avoir un rôle de communicant, à mener des négociations importantes, à manager des personnes, à devoir prendre des décisions… N’importe quel employeur rêvera de vous employer après cela !
En cadeau pour la route, voici quelques conseils, ou règles de vie du jeune entrepreneur (jeune parce que vous débutez ) qui pourront vous servir :
Alors, vous quittez quand votre travail pour vous lancer ?
Avez-vous une anecdote à partager ?
[Photos : PlayTime de Jacques Tati, Gambafrolla]






Très bien cet article, les premiers mois sont dur mais tout problème a une solution.
Mon parcours: temps plein + création de la boite (administratif, pub, prises des premières commandes); temps partiel + livraison premières commandes;
Aujourd’hui: tentative d’assedics et tps complet sur la boite ou tps partiel employé plus boite pendant quelques mois ou tps partiel boite plus deuxième boite dans le même domaine… Ca ça marche avec 0 capital et presque 0 besoin de capital.
Avez-vous pensé aussi à au systême de franchise pour créer votre entreprise ?
Morgan
J’aime bien la métaphore sur l’envie de pisser!
Pour la reprendre, moi en ce moment j’ai la vessie pleine… Encore plus après la lecture de cet article.