Ne PAS s’associer !

Je traite souvent dans ces lignes de l’association, qui est <tartealacreme> l’un des points les plus importants en entrepreneuriat </tartealacreme>. C’est ainsi que j’ai déjà parlé de comment trouver un associé développeurdes pactes d’associés, de comment s’associer ou encore de la meilleure des manières de répartir le capital, et ainsi de suite. D’ailleurs, si je recrée une boîte aujourd’hui sans idée mais avec l’équipe, c’est que j’ai la conviction que celle-ci est bien le coeur de la réussite d’un projet…

J’ai cependant évité soigneusement un sujet ces derniers temps, jusqu’à ce que l’on me le remette sur le tapis au dernier ApéroEntrepreneurs (comme quoi, on n’y dit pas que des bêtises :) : est-ce que créer sa boîte SEUL, c’est possible ?

Des fois, créer seul, hein, ça a du bon... Non ?

C’est vrai ça, pourquoi ne pas y aller en costaud, et porter son projet comme un grand, sans s’embêter de la recherche de l’associé parfait, puis sans se taper les inévitables querelles qui surgiront soit quand il y aura de l’argent en jeu, soit quand d’un coup tout le monde voudra faire les mêmes choses mais avec une vision différente ?

La question est très intéressante, et d’ailleurs entre un tiers et une moitié des créateurs se lancent seuls dans l’aventure (c’est une proportion encore plus grande dans les projets peu techno ou moins ambitieux que ceux dont on traite dans les incubateurs ou chez les investisseurs).

Certes, on passe de fait à côté de tout un tas d’avantages :

  • à plusieurs, on est moins con, on se rend plus vite compte de ses erreurs
  • on a plus de chances de couvrir l’étendue des besoins du projets, en étant complémentaires
  • on a plus de puissance de travail !
  • on limite les effets du roller-coaster qu’est le lancement d’une boîte
  • on a plus d’argent pour se lancer (hmmm)

Sauf que… hé bien, des gens réussissent de belles boîtes, tout seul ! Ou en tout cas, il y a un nombre non négligeable de startups qui réussissent, avec un(e) seul(e) patron(ne) à leur tête… Voilà donc un plaidoyer pour les entrepreneurs célibataires :) :

  • Le travail du patron, finalement, est assez limité… (lire ici) Créer seul, ce n’est pas « tout faire ». Il suffit d’être très bon sur les quelques choses que seul le chef peut faire, et ensuite de faire faire tout ce qui ne tombe pas dans cette catégorie…
  • Ne pas s’associer, ce n’est pas être seul, en fait. Les entrepreneurs « solos » sont en général très, très bien entourés, et se sont choisi à la fois des experts sur les sujets pointus, et des mentors, entrepreneurs ou patrons aguerris, qui les coachent au niveau personnel. Et d’ailleurs, ce sont aussi eux qui, le plus tôt, comprennent bien qu’il faut s’entourer de plus fort que soi pour progresser… et arrivent ainsi à assembler des équipes canons.
  • Mieux vaut être seul que mal accompagné… Vu le nombre d’équipes qui pètent en cours de route (j’ai testé pour vous ! ), c’est peut-être pas plus mal de s’épargner des tracas évitables et se lancer tout seul…
  • On garde plus de parts pour soi ! C’est au final beaucoup plus simple à gérer, dès qu’on lève des fonds, puisque l’on reste propriétaire
  • C’est plus simple pour incarner sa boîte, et se construire une image qui servira l’entreprise. Sans aller jusqu’au culte de la personnalité, voilà qui laisse de la place à l’égo sur-dimensionné que nous pouvons tous avoir… (non, pas vous ?)

Bref, plein de bonnes choses en se lançant seul, non ? Qu’en pensez-vous ?

Racontez-nous pourquoi vous avez choisi (ou pas) de vous associer et quels avantages / inconvénients vous en tirez !

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  1. Personnellement, j’hésite toujours…
    Etre seul c’est tout de même angoissant, mais trouver quelqu’un ce n’est pas simple et ça prend du temps…
    A la base je suis développeur, habitué aux gros serveurs, au perl et au C++, mais je viens de me lancer seul depuis 2 mois dans la création d’une startup. Du coup, je passe le plus clair de mon temps à essayer d’acquérir les compétences business et techniques que je n’ai pas. Ce blog est d’ailleurs une mine d’or !
    Donc si je me mets à chercher un associé, je peux taper dans les 2 catégories, resteà savoir ce que je préfère faire…
    Je passe par un moment « down », mais j’ai qd même pour objectif d’arriver au MVP assez rapidement et probablement seul.
    En tout cas, seul ou accompagné, le networking semble un bon moyen de garder le cap en ayant des retours et des propositions en ligne avec la création d’entreprise.

  2. Vincent Barat

    14 juin 2011 at 15:39

    J’ai personnellement choisi mes associés AVANT le projet, car ce qui comptait le plus pour moi était avant tout notre complémentarité, et le travail « en famille » (ou presque).
    Et puis pour les montagnes russes émotionnelles du démarrage, c’est effectivement bien plus rassurant !
    La victoire (comme la défaite) est plus agréable à plusieurs… en même temps j’ai toujours préféré le foot au tennis 😉

  3. Bon sujet mais effectivement il faut distinguer « s’associer » et « constituer une équipe ». Autant je suis absolument convaincu de la nécessité d’avoir une équipe solide, autant le fait de s’associer pour cela ne me paraît pas obligatoire. Comme tu le dis on peut s’entourer de gens très compétents sans qu’ils soient nécessairement associés.
    J’ai toujours douté des directions collégiales. Il y a toujours un moment où il doit y avoir un chef indiscutable qui tranche et fixe la direction. Par ailleurs j’ai le sentiment que les plus grandes réussites d’entreprise sont souvent le fait d’un homme.
    Alors s’associer pourquoi pas, mais à condition que la répartition des parts définisse clairement qui est le leader.

  4. Post très intéressant car je suis concerné : je sors le site d’achat-vente spécialisé sur les articles pour enfants Affairesdemomes.com dans quelques jours.
    J’ai eu cette idée seule, et dans un premier temps j’ai cherché un/une associé(e) tout en affinant mes réflexions et études de marché. Mes idées étaient encore très larges, et c’est très dur d’embarquer quelqu’un dans ce cas-là, sauf si cette personne est 300% sûre qu’elle veut monter un business (= avoir anticipé le fait qu’on touche le chômage et non plus un salaire confortable, qu’on ne sait même pas si le projet va aboutir ni quand il va voir le jour, qu’on n’a plus la notoriété de son employeur qui vous précède lorque vous appelez vos clients, etc…). Je ne trouvais personne et j’ai rapidement arrêté de chercher pour me consacrer au financement de la société avec mes sous, au développement du produit et le recrutement de futurs clients (les boutiques pros et les acheteurs).

    Comme tu le dis Guilhem, je me suis entouré de plusieurs personnes car je ne suis pas un expert en tout (prestataires pour le dev’ du site, mentors, amis start-upeurs) et j’ai beaucoup impliqué mes futurs clients (les parents et surtout les mamans) dès le mois de septembre dernier avec la page http://www.facebook.com/affairesdemomes (qui à près de 1300 fans) et le blog associé.

    Aujourd’hui, le site est sur le point de sortir, et l’orientation que je veux donner au site et à la société sont plus clairs qu’il y a 6 mois forcément, et je me pose de nouveau la question de l’association. J’ai en effet en tête beaucoup d’idées pour créer un moteur de recommandation puissant au sein du site, qui mêle pour utiliser des mots à la mode l’interest graph et le social graph, et je me rends compte que cela va demander beaucoup de développements, beaucoup de tâtonnements aussi, et que, au-delà du coûts de ces développements, cela peut influencer le modèle économique d’Affaires de Mômes et l’organisation de la société. Je pense qu’à ce stade, il sera important d’internaliser un certain savoir-faire qui permettra aussi de mieux valoriser la société en cas de recherche de fonds.

    Donc, amis développeurs à l’âme d’entrepreneurs, envoyez-moi un mail et rencontrons-nous : julien@affairesdemomes.com ! Je pense qu’une association de ne se fait pas en 2 rdv, mais au moins nous pourrons échanger, apprendre à se connaitre et voir si nous avons des intérêts communs. J’insiste : je ne cherche pas quelqu’un simplement pour dépenser moins d’argent chez mes prestataires ! Si je m’associe, c’est avec quelqu’un qui s’impliquera dans la gestion, la stratégie et l’évolution de la société (sinon j’appelle cela un salarié, ce qui est très différent).

    J’ai un peu fait ma pub au passage Guilhem, j’espère que tu ne m’en voudras pas.

  5. Grande question. Et au vu des réponses, il semblerait que le sujet mériterait d’être plus souvent abordé !
    De mon côté également, j’ai conscience qu’être à plusieurs dans le bateau serait plus efficace (répartition du travail, délimitation des responsabilités de chacun, levées de fonds etc..) mais je manque toujours de pistes pour trouver un associé.
    Et plus le développement progresse, plus il sera difficile d’y intégrer quelqu’un !
    D’un autre côté, constituer une équipe, c’est cool, mais cela implique souvent de pouvoir les payer…
    Donc dans mon cas, pour l’instant, il me reste la 3ème catégorie de personnes : les contacts du réseau, qui pourraient avoir intérêt à me donner un coup de main aujourd’hui pour que nous fassions affaire ensemble plus tard. Et de ce côté là, je commence à avoir quelques contacts.

  6. Se lancer sans associes, c’est effectivement une solution parfois tentante. Récemment, j’ai aussi pu faire l’experience d’une création a 3. Aujourd’hui, nous ne sommes déjà plus que deux actifs sur le projet.

    Au delà de la perte d’un associe, ce qui est déjà ennuyeux, cet evennement a semé le trouble dans le collectif.

    Personellement, j’ai aujourd’hui une préférence sur un lancement « solo » bien entouré (conseils, mentors, prospects) plutôt qu’un lancement à plusieurs avec les risques que cela peut représenter.

  7. Le but quand on crée une entreprise cest de la développer !
    et celà passera forcément à un moment par une « union » avec d’autres partenaires…
    donc créer seul ok mais tout en sachant qu’à plusieurs on est plus fort !
    et qu’il existe très peu de sociétés qui ne survivent qu’en autarcie !

  8. Personnellement, je suis dans la catégorie entrepreneur célibataire mais pas seul pour autant.
    Un réseau, même s’il est modeste, cela sert à confronter des avis, avoir des critiques extérieures, et cela compense beaucoup. (ça ne remplace pas pour autant).

    J’ai eu une expérience associée, et je vis actuellement celle de associé unique, après un startup weekend où je me suis régalé à challenger mon projet.

    Par la suite, additionné au réseau, ca permet de s’entourer de ces fameux « experts », ou sages qui donnent leurs avis.
    Rester seul, ça a donc aussi du bon si vous comprenez votre marché, la technique et que vous savez parler de vos compétences à un client/partenaire!

  9. Perso je pense que l’on navigue bien plus efficacement seul. Ce qui n’empêche en rien de s’entourer d’un bon équipage pour naviguer paisiblement et faire face aux vents et marées :)

  10. Hi,

    On peut adopter une position intermédiaire: commencer à travailler ensemble de manière informelle, pour s’assurer que l’on soit vraiment content de la manière d’interagir avec nos partenaires, et ne figer la création collective (ou non) de la boîte qu’après un certain temps d’exploration commune.

    Ca favorise un climat que je trouve globalement positif, permettant à chacun de préciser son investissement et ses attentes en cours de route; on évite ainsi les mauvaises surprises une fois la boîte montée.

    Ceux qui se disent « mais si l’équipe continue sans moi après 2 mois? » sont peut être ceux qui n’ont pas grand chose à apporter sur le long terme, ceux qui accepte cette manière de travailler sont ceux qui ont plus confiance en la pertinence de leur apport.

  11. A part dans le cas où l’idée émerge de plusieurs personnes, souvent des amis, après de longues heures passées à brainstormer ou à faire des plans sur la commette, je m’imagine plutôt me lancer seul, parce que faire de l’entrepreneuriat alors que je ne suis pas à l’origine du projet c’est quand même moins stimulant. En revanche je serai ravi que des personnes aux qualités complémentaires aux miennes aient envie de me rejoindre parce qu’ils croient eux aussi dans mon idée. tout ça est très vague, mais… à bon entendeur!

  12. « Mieux vaut être seul que mal accompagné » : tout est dit.

    L’association, c’est un peu comme le mariage. On vit les uns avec les autres et on gère un compte commun.

    Et comme dans la vie amoureuse, il n’y a pas de réponse unique, c’est génial quand on vit bien à deux, et c’est génial quand on vit bien tout seul.

  13. En effet, ne pas s’associer ça ne veut pas dire être seul. Pour ma part, j’ai construit patiemment un réseau qu’il me plaît d’imaginer vertueux. C’est un partage intéressant : tous mes partenaires sont leur propre patron et réagissent en chef d’entreprise, tant lorsqu’un bon coup leur est proposé en partage, que lorsque des difficultés surviennent. Il y a de l’expertise, un peu (beaucoup)d’affect, mais in fine, chacun veut démontrer qu’il sait être pro en toutes circonstances. En outre, selon les situations, quand on est pas associé, on peut choisir le ou les partenaires les mieux placés pour traiter un cas. Du coup, on ne travaille pas toujours avec les même et il n’y a pas de routine

  14. nous sommes trois et nous avons voulons mettre sur pied notre projet. nous avons trouver un quelqu’un qui veut financer notre projet et qui veut s’associer.
    le deal c’est que tout ce qui est technique c’est nous et finance c’est lui.
    mais dans ce cas comment devont discuter les parts du capital?
    Merci j’aimerais vraiment avoir une opinion

    • Adama,
      Si vous n’avez pas encore de client, les investisseurs font des investissements « sur plan » et on m’a dit que dans ce cas, ils prennent 49%.

      Mon projet est un peu dans la même situation que la tienne, et on va essayer d’arriver au moins avec 1 ou 2 clients: le business n’est pas toujours simple à appréhender pour l’investisseur, et la présence de quelques clients est au moins une validation du pricing et de votre valeur => beaucoup moins de risque.

      Si vous avez une perspective de seconde levée plus grosse, c’est pas très stratégique de laisser 49% à l’investisseur 1, car l’investisseur 2 verra mal comment tu garderas ta motivation si ton capital est déjà aussi dilué.

      Je ne fais que répéter des conseils qu’on m’a donné. Quand je l’aurai vécu en vrai, je te dirai!

      • @Martin : en réalité, c’est assez rare que l’investisseur n°1 prenne 49%, en général on arrive plutôt à 30-35%, max 40, justement pour conserver la motivaiton et laisser la possibilité de faire un second tour qui laisse au moins 33,34% (minorité de blocage) au fondateur…

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