Comment les entrepreneurs devraient bloguer…

Je me plaignais il y a peu sur Twitter que, malheureusement, en France, trop rares étaient les entrepreneurs qui tenaient vraiment un blog de leur création d’entreprise.

En fait, beaucoup en lancent un, comme une sorte de passage obligé dans le parcours initiatique de l’entrepreneur, mais on est rapidement déçu, et ce pour plusieurs raisons :

  • Les mises à jours sont plus qu’erratiques, on saute du mois de mars à celui de septembre, puis plus rien jusqu’en décembre. C’est ici le manque de persistance qui s’exprime. C’est une erreur, car un blog ne fonctionne que sur la durée – hormis coups de comm’ bien éphémères – et il faut donc, chaque jour, progresser petit à petit. Par exemple, cela m’a pris 2 ans pour atteindre 20000 visiteurs fidèles et impliqués par mois.
    >> Un exemple
  • Ce n’est plus qu’un relai presse. Là, on est en mode « je parle des gens qui parlent de moi ailleurs ». En gros, on met en avant les articles qui parlent de la startup, sans autre forme de procès. Malheureusement, il ne va pas être possible d’intéresser vraiment les gens, puisqu’ils ne pourront découvrir que la vision que des journalistes ont de l’entreprise ou de l’entrepreneur. Sans grand intérêt sur le fond, ces blogs devraient reprendre leur vrai non – « revue de presse » – dont l’intérêt est réel, mais dont la finalité n’est pas du tout la même.
    >> Un exemple
  • L’entrepreneur ne prend plus la parole. Le travail de blogging est confié à un stagiaire ou, au mieux, à un gestionnaire de communauté. C’est bien dommage car un blog doit continuer à garder un caractère personnel, à mettre en jeu le créateur de l’entreprise. C’est un excellent moyen, peut-être au milieu d’articles écrits par d’autres personnes de l’équipe, de garder le contact avec le public, de faire passer ses idées, de donner la direction à toute la startup.
  • Le blog ne sert qu’à des fins de référencement. Effet pervers du besoin de se faire connaître, certains n’écrivent plus leurs articles QUE pour Google. Que ce soit avec des titres bizarres, des liens en pagaille, des échanges de visibilité faits sans grande nuance, … au final l’objectif est atteint : plus personne ne lit, à part Google. Et honnêtement, il existe de bien meilleurs moyens de faire monter son SEO qu’un blog tel que celui-ci…
  • Il est truffé de fautes, mal organisé, mal designé. Bref, il n’est pas fait professionnellement, et même si le contenu peut être très bien, il véhicule une image plutôt négative au premier abord. Si en plus le site web est votre canal de vente, ou doit vous rabattre des clients, c’est tout de même dommage d’ainsi faire mauvaise impression.

Et vous, comment bloguez-vous ? Quels sont vos trucs et astuces ?

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  1. J’en parle souvent aux entrepreneurs lorsque je fais des formations liées au webmarketing.
    Je les met en garde sur l’aspect chronophage du blogging (et d’autres aspects du webmarketing d’ailleurs) et leur conseille d’y réfléchir avant de se lancer corps et âme.

  2. Tout à fait d’accord. Le problème à mon sens est que le blog est devenu une mode que beaucoup veulent suivre. Seulement, pour qu’un blog soit un vrai outil marketing pour l’entreprise et un plaisir pour les lecteurs, ça demande beaucoup de travail.
    Le premier conseil que je donnerai à quelqu’un qui souhaite ouvrir un blog est d’aller lire les bons blogs d’entrepreneurs en France et aux US (et il y en a !).

  3. Je pensais que ce serait plus des conseils de comment bloguer pour les start-ups que des points critiques vu le titre !! :)

    • @Marie : pas faux, mon esprit a du vagabonder et changer d’avis entre les deux champs de formulaire « titre » et « contenu » :)

      Mais du coup, les conseils sont dans les points, non ? Genre :
      1/ bloguer souvent et régulièrement, donner des habitudes aux gens : « il se passe tout le temps des trucs dans cette boite tiens ! »
      2/ s’impliquer, donner de sa personne, casser la langue de bois (cf @laurentk), montrer une vue des coulisses, laisser parler sa personnalité et parler du vrai quotidien de la boite
      3/ l’entrepreneur prend la parole, il ne sous-traite pas le blog à une agence de comm’ ou un stagiaire (même si ce n’est pas incompatible)
      4/ on écrit en français, avec du contenu autre que des mots-clés ou des liens en pagaille
      5/ si on en fait un, on le fait bien, bien écrit, avec un joli thème et de chouettes visuels

      C’est pô mal non ?
      :)

  4. Bon billet !

    Certains de nos confrères ont ouvert un blog sans savoir où ils mettaient les pieds. Résultat : pas de mise à jour depuis des mois, des articles trop centrés sur l’entreprise (et non sur l’intérêt du lecteur) et blindés de mots clés qui perturbent le sens du message et sa qualité.

    Notre blog est particulier puisqu’il a pour thématique l’environnement… et non pas l’imprimerie! S’il nous arrive de parler de notre métier, c’est la plupart du temps quand le sujet respecte notre ligne éditoriale axée développement durable.

    On a également déterminé une fréquence de publication selon notre capacité (2 à 3 articles par semaine) : on est pas non plus des poules en batteries !

    Si vous pouviez me laissez vos avis sur notre blog ce serait avec plaisir !
    A+.

  5. C’est bien pour tout, mais pourquoi encore et toujours le français ?? On doit être le seul pays au monde où 99% des startups tech se lancent, écrivent, communiquent, se vendent … en Français ??

  6. Bonjour,

    Je vous remercie pour ces conseils.
    Auriez-vous des adresses de bons blogs pro reliés à une boutique en ligne?

  7. Exact. Si vous utilisez Google Reader, voici un Bundle RSS de tout les blogs de startups fr.
    http://goo.gl/fe4t

  8. @Guilhem Bien vu, bien vu! On devine qu’en appliquant le contraire des points détaillés, cela revient à bien bloguer!

    @laurentk D’une parce que nous sommes nuls en langue, malheureusement c’est pas nouveau 😉 et de deux parce qu’à cause du 1 ça prend plus de temps.
    Il me vient une question: si le contenu du blog est en fr avec donc un public dans sa majorité fr, ce n’est pas risqué de voir un bon ratio de lecteurs avérés partir? et comment est-il possible de quantifier le potentiel gain d’un lectorat étranger?

  9. @Marie :
    – le problème de la langue est un faux problème. notre vrai problème est qu’on a honte de faire la moindre de faute, donc du coup on préfère ne pas parler du tout :)
    – SAUF si ton service/produit n’est qu’à destination de la france/francophonie, pourquoi blogguer uniquement dans la langue de 1 terrien sur 100 ?? où est la logique ?
    – je suis un très modeste blogueur (perso + pro pour submate). quand je fais des bons posts, ils atteignent péniblement 4 à 5,000 vues. Je ne suis même pas sûr qu’il y ait autant de lecteurs de blogs tech en France :)

    My 2 cents…

  10. @laurentk Je te rejoins sur ce point , je pense toutefois que c’est plus vrai dans le parler que dans l’écrit.:) Ayant passé un an dans un pays anglophone, clairement à l’oral le but est de se faire comprendre peu importe le nombre de faute. Pour autant, sur un blog qui se lit et se relit donc, s’il y a trop de faute ou si le niveau d’anglais n’est pas satisfaisant alors on perd en crédibilité, et là c’est dommage!
    Mais je te rejoins sur le 1 terrien sur 100, cela dépend de ton produit!

  11. Oui, bien sûr. Mais comme je le dis plus haut: SAUF si ton produit est purement français et/ou purement local, tu te fermes toi même des portes. Et on a autre chose à faire, en tant qu’entrepreneur, que de se fermer des portes.

  12. ps : ok je viens de me faire tailler en pièce par @bjonathan (mon cofondateur) à propos de mes « modestes » posts :) donc je retire le modeste. donc mon propos était plutot: je ne fais pas des dizaines de millions de visites par mois, mais j’en fais certainement plus que si je bloguais en français.

    Ensuite il y a aussi une logique marketing/commerciale/égo: il est plus facile d’être gros dans un petit marché que petit dans un gros marché. L’excellent blog de Guilhem (oui, léchage de fesse sans vergogne) est une référence en France (selon wikio). Il ne le serait pas aux US s’il était en anglais, il y a BCP plus de monde sur le sujet…

  13. Ah bin quand j’écris sur le blogging, j’en ai, des commentaires :)

    @Laurent : par « on écrit en français », j’entendais : on écrit sans faute de grammaire, de vocabulaire, d’orthographe, de syntaxe, bref on écrit correctement. Evidemment, tu peux aussi écrire en anglais, mais tout aussi correctement. Pas la peine d’arracher les yeux des lecteurs avec des fôtes toutes-vilaines-pas-belles.

  14. jeu voit pa 2 quoua tu veut parlez

  15. Bonjour à tous,

    je suis en pleine création d’entreprise et la question de faire un blog de création d’entreprise s’est posé, pour touets les raisons que tu as évoquées guilhem dans d’autres posts.

    J’ai tranché en faisant un blog non pas sur « comment je vis mon expérience de créateur » mais qui vise directement mes futurs clients : http://affairesdemomes.tumblr.com propose des bons plans de marques et boutiques pour enfants. Ces bons plans constitueront une partie de l’offre que je suis en train e mettre en place, mais cela me permet d’exister tout de suite (alors que le site sortira en fin d’année), de fédérer une première base d’audience directement autour de la marque et de l’offre de manière très concrète. Cela me donne aussi l’opportunité d’approcher / d’être approché par des annonceurs et des marques qui veulent que je parlent de leurs produits sur le blog et sur facebook et sur twitter.
    Au final, tous ces contacts d’annonceurs, de marques et de blogueurs me sont utiles pour leur exposer la suite du projet et les deals à monter avec eux, deals d’une autre ampleur qui pour le coup seront beaucoup plus au coeur de l’offre.

    Finalement, ça me permet d’être immédiatement dans le concret, je ne suis pas en mode « je suis en train de préparer le lancement de mon site » (enfin pas que :-) ) : aux yeux de ces partenaires et premiers lecteurs du blog, Affaires de Mômes est une entreprise qui existe déjà, et cela m’oblige à avoir un comportement bien sûr professionnel mais surtout très opérationnel : un annonceur qui est intéressé pour récupérer mes contenus et les pousser à ses clients me permet d’avoir des interlocuteurs que j’aurais eu beaucoup plus de mal à toucher si j’avais dû attendre la sortie du site pour leur expliquer qu’il va s’y passer des choses formidables.
    Hors là, les choses formidables sont déjà en train de se passer (si si si si, en tout cas, moi ça me motive :-) ).

    julien

  16. J’ai pas très bien compris si vous parliez tous du blog de la startup type blog.nomdelastartup.com ou du blog perso de l’entrepreneur en question.
    A mon avis les deux sont importants mais doivent être bien distincts (vous en pensez quoi?):
    Le blog pro s’adresse à tous les stakeholders de la boîte (clients, partenaires, investisseurs etc…) et donne des nouvelles, alors que le blog perso est plus à destination de l’écosystème dans son ensemble.

  17. Très intéressant comme article.
    Je pense qu’avant tout un blog doit remplir sa mission première : ouvrir des discussions autour des thématiques de l’activité de l’entreprise. Tout le bruit autour, n’est hélas, pas très pertinent. De plus, la détérioration des contenus au profit du référencement naturl n’arrange rien.
    Je prône de faire des choses simples : parler de sujets pratiques qui intéressent le lectorat, c’est ce que j’essaye de faire sur http://blog.fysiki.com.

  18. Assez d’accord avec Romain David. Ce que j’ai compris de l’article est qu’on parlait du blog de la startup genre blog.nomdelastartup.com, bien que certains conseils donnés sont forcément valables peu importe le blog.
    Je suis également de l’avis qu’il faut les 2 (ou plus si il y a plusieurs startups) et qu’ils soient distincts.
    Votre avis ?

  19. Bonjour et merci à toi pour toutes les informations que tu nous donnes
    Bonne journée à bientôt de te lire

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