Le rollercoaster de l’entrepreneur

Créer sa boite, c’est prendre un ticket à l’année pour les montagnes russes : en avant les sensations fortes ! Tout entrepreneur qui se lance va en effet connaître, et ce sur plein de dimensions, une successions de hauts et de bas, de chauds et de froids, de moments intenses et d’autres plus faibles, de sensations d’euphorie ou de déprime. Bref, l’entrepreneur est un bon cyclothymique (voilà qui aurait fait un bon post du vendredi)…

Crédit photo : Dev Null

En effet,  l’entrepreneur doit être un bonhomme un peu spécial, qui ne trouve que rarement le repos, il est assez extrême dans ses choix, son comportement… et aussi son humeur et dans la façon dont il se sent.

Et cela commence dès le début, dès la première intuition de départ : l’entrepreneur se sent invincible, avec sa grande idée qui va révolutionner le monde. C’est sûr, ça va marcher. Puis en creusant, il (ou elle, bien sûr, dans 30% des cas) se rend compte que le rêve risque de ne jamais devenir réalité. Remise en question. Repassage par la case étude de marché, doute, puis finalement, surgissement de l’idée n°2, beaucoup plus crédible et faisable financièrement. Mais tellement éloignée de ce que l’on souhaite faire qu’une sorte de dégoût s’installe : non, ce n’est pas ça, ça ne nous ressemble pas… Les étapes vont ainsi se suivre et se ressembler jusqu’à ce qu’un projet crédible mais suscitant du plaisir voie le jour. Tout cela évidemment en alternant, parfois même au sein de la même journée, les phases de chaud et de froid. et avec l’impression pour l’entourage que l’entrepreneur en question a un peu perdu la boule (même si nous on sait bien qu’on l’a perdue depuis bien longtemps…).

La sensation d’être sur un chariot de grand huit continue bien au-delà de cette phase…

  • elle s’installe dans les démarches commerciales : super journée de phoning, sale journée de prospection, mauvais retour client, premier contrat signé, difficulté à passer à la phase suivante, arrivée d’un nouveau commercial, travail de longue haleine qui paie enfin, premier client qui ne paie pas…
  • elle s’insinue dans la vision qu’on a de son entreprise : B2B, B2C, non finalement B2B, sur une niche, en étant très agressif, puis en changeant de business-model…
  • elle est très présente dans les phases de levée de fonds : premier contact intéressant, laps de temps important avant de passer à une autre phase, refus d’un comité d’investissement, premier investisseur intéressé, premier investisseur qui ‘”plante” avant que la levée ne soit effective, signature du chèque, lendemains qui déchantent, …
  • et bien évidemment, en cumulant tous ces cycles, elle se retrouve de manière pernicieuse dans les relations entre membres de l’équipe

Être entrepreneur nécessite de connaître ces cycles, de réussir à se remotiver dans les périodes basses, et de tirer profit des périodes d’euphories. Les Up & Down, ça existe donc bien, rien d’anormal chez vous si vous rencontrez ce phénomène !

Et vous, vous ressentez ces sautes d’humeur ?

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  1. Non jamais…. 😉

    Si bien sûr. Le plus surprenant c’est la vitesse à laquelle les choses peuvent changer. Un coup de fil, un mail, un idée, un site peut faire passer d’un extrême à l’autre.

    J’avais écrit un billet sur un coup de blues la semaine dernière. Mais pas le choix, faut avancer, faut continuer.

    La résilience, qualité indispensable à l’entrepreneur?

  2. Je suis en larmes devant cet article, des larmes de joie et de peine en même temps. :-)

  3. Je faisais justement part à mes associés ce matin d’un autre article de blog traitant du même sujet, quoique sous un angle différent:
    http://pmarca-archive.posterous.com/the-pmarca-guide-to-startups-part-1-why-not-t
    A bientôt,
    Cedric

  4. Les montagnes russes c’est également ce qu’on cherche : des sensations fortes !

    Je pense que l’important reste que la jolie sinusoïde soit au dessus du 0…

  5. Post impeccable comme d’habitude mon cher Guilhem! :)

    Figure-toi que j’avais traité le sujet en date du 5 mars 2008, un post intitulé Ups and downs. C’est par ici:
    http://www.tribulationsdunentrepreneur.com/2008/03/ups-and-downs/

  6. J’espère vivre bientôt toutes ces sautes d’humeurs car je vais faire partie des 30% susmentionnés :)
    Dommage que je ne sois pas à HEC car je trouve ce blog très bien fait!

  7. @Bruno : oui tiens, je n’avais pas pensé au « coup de blues », c’est un bon exemple en effet !

    @Clément : Il faudrait penser à rire, de joie et nerveusement, en même temps !

    @Cédric : Thanks ! Pas mal de réflexions intéressantes sur ce thème chez les blogueurs US aussi. Et pour ton cas, c’est intéressant de voir que chaque associé a son propre rythme. Et c’est comme pour les cycles économiques, c’est quand les cycles sont alignés (vers le bas, surtout) qu’il y a un gris risque de démotivation !

    @Le Tribulateur : quel visionnaire 😉

    @Marie : ce qui est bien, c’est que le blog est ouvert à toutes et tous :) En tout cas bienvenue en entrepreneurland !! Et merci !

  8. Bonjour,

    Je me suis installé sur Londres pour lancer ma startup : Mon but était de finaliser mon aprentisage de l’anglais, de me faire un max de contact dans la sphere web uk pour au final mieux attaquer le marché uk aprés avoir fait mes preuves sur le marché Fr … tout en travaillant sur mon projet.

    Aujourd’hui mon application est fin prête pour être lancé, le probleme est que je vis sur mes économie personel depuis 6 mois !

    Je me demande donc si prendre un emploi à mi-temps serait une bonne chose pour moi afin de relativiser les moment Down qui sont pour moi assez dur vu la situation ( loin de ma famille, manque d’argent … ) .

    Reste à savoir si cette « perte » de temps ne va pas nuire à mon business !

    Avis, vécu ?? Merci !

  9. Bonjour à tous,

    Je vis totalement ce que décrit cet article.
    Les semaines s’enchaînent et ne se ressemblent pas, je peux passer d’une déprime (hyper condensée et rapide) que je vais ressentir physiquement (malade pendant 4 jours suite à la découverte d’un concurrent indirect), et la semaine suivante une bonne nouvelle qui sonne comme une immense victoire et vous regonfle à bloc à 10 000%.

    Et cette sensation qui vous colle à la peau de vivre jour et nuit avec votre projet, qui ne vous lâche jamais, jamais jamais.
    Ma femme est enceinte en ce moment, et j’ai l’impression moi aussi de ressentir une grossesse (intellectuelle) avec mon projet.
    Je culpabilise presque d’attacher plus d’importance à l’évolution de mon projet à celui de mon bébé, mais rien n’y fait… mon projet écarte tout. J’espère que je ne le regretterais pas :-)

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