Créer un Advisory Board

Il y a tout un tas de mots anglais en entrepreneuriat, c’est comme ça. Après l’elevator pitch (ou elevator bitch™), business-plan, business-model, runway, business-angel, venture capitalist… voilà qu’un petit nouveau fait tranquillement son apparition : Advisory Board. Mais quoi qu’est-ce donc-t-il ?

Un advisory board, c’est un conseil des sages. En gros, il s’agit de reconnaître que vous n’avez pas toutes les réponses (ni d’ailleurs toutes les questions) et que vous avez besoin de l’aide de gens plus expérimentés ou plus spécialisés que vous pour arriver à mener à bien votre création d’entreprise. D’où l’idée de créer une sorte de structure de conseil, plutôt peuplée de « seniors » ou de gens qui ont réussi avant vous.

De lexpérience autour de la table !

De l'expérience autour de la table ! (© : euthman)

Pourquoi faire un tel advisory board ?

Céder à une mode est une chose, le faire intelligemment en est une autre. A mon sens, la démarche est intéressante pour plusieurs raisons :

  • Sortir la tête du guidon grâce à des gens qui ne sont pas opérationnellement impliqués dans votre projet
  • Gagner en crédibilité en montrant que vous êtes bien entouré
  • Étendre votre réseau, les amis de vos amis devenant rapidement vos amis…
  • Vous forcer à un peu plus de formalisme et de reporting
  • Et bien évidemment vous donner l’opportunité de faire de belles rencontres et d’apprendre auprès de gens que vous estimez et/ou admirez

Qui mettre dans son conseil des sages ?

Bien évidemment, l’intérêt d’un tel « board » vient en immense partie des gens qui le composent. Avoir des pointures donnera une dimension particulièrement alléchante à ce dernier, et également plus d’impact sur la réussite de votre projet. Il s’agit donc de prendre des profils « A+ », des gens vraiment tops dont vous serez fier.Typiquement, voici quelques profils :

  • le vieux loubard : dans votre secteur d’activité, tout le monde le connaît et il connaît tout le monde. Il va vous ouvrir les portes et vous dire où vous vous plantez sur l’approche métier. Il est content en général de vivre une aventure un peu plus palpitante et surtout est ravi d’être confirmé dans son rôle d’expert.
  • le quadra / quinqua successful : pour lui ça marche bien, sa boîte décolle, il est passé par toutes les étapes de croissance que vous aimeriez bien connaître. Il peut vous aider à aller plus vite en devançant les problématiques, et en vous transmettant une partie de sa confiance en lui.
  • le financier : la gestion d’entreprise, ça le connaît. Il va vous forcer à formaliser des tableaux de reporting, vous challenger sur vos chiffres et vous aider à préparer une éventuelle levée de fonds.
  • le RP / le communicant : plutôt jeune, il a un carnet d’adresse de journalistes long comme le bras. Il connaît la façon de faire parler de soi à moindre coup, et a des connaissances de gens du métier pour vous aider à trouver les vrais bons prestataires.

Et pour élargir la liste, en fonction de votre business, toute personne dont l’avis vous semble vraiment pertinent et / ou dont le nom fait sens pour crédibiliser votre entreprise.

A l’inverse, pas besoin de mettre forcément tous vos investisseurs (le board est souvent bénévole, d’ailleurs), vos fournisseurs, des clients potentiels, …

Comment le constituer ?

Une fois la première étape franchie – identifier les profils idéaux – il est temps de vous mettre en chasse des heureux élus, et en fait surtout du premier. En effet, si vous trouvez la première perle rare, il est facile d’attirer ensuite les autres. Comme dans une boite de nuit, tout le monde est attiré par la lumière ! Et pour cela, tous les arguments sont bons : intérêt du projet, travail « à l’affectif », faire croire à la potentialité d’obtenir des parts lors d’une levée de fonds, mentir sur qui a déjà accepté de rejoindre le board, …

Et après, comment le faire vivre ?

Le but n’est pas de faire travailler opérationnellement les membres de l’advisory board. Il est même intéressant de les laisser un peu à l’écart pour obtenir une vision plus objective. N’en reste pas moins deux modalités pour tirer profit de cet advisory board :

  • la tenue d’un conseil, avec tous les membres, où vous présentez une photo de l’entreprise à l’instant T et où vous lancez quelques sujets de conversation et de débat – à faire tous les 2-3 mois
  • les rencontres individuelles, avant ou après, pour avancer sur les points d’expertise de chacun – même rythme sauf si besoin urgent sur un des aspects

Dans les deux cas, un bon restaurant (même pas cher) est toujours le bienvenu !

Que demander à son advisory board ?

Pêles-mêles, plein de choses : de gommer votre inexpérience, vous aider à prendre des décisions, vous aider à vous structurer, vous pousser à voir plus loin et plus vite, éviter quelques erreurs classiques de croissance, vous ouvrir les portes d’un réseau, faciliter des levées de fonds, être un argument de communication, …

Bref, plein de choses, et c’est bien pour cela qu’il ne faut pas trop attendre pour en constituer un, quitte à le faire évoluer au fur et à mesure !

*

Je vois déjà les septiques se dirent « oui mais ce n’est pas pour moi tout ça, je suis trop petit ». Mauvaise réflexion : tout entrepreneur a besoin de conseils externes et l’exercice est vraiment très structurant ! Peut-être le niveau des gens ne sera pas celui d’une startup star, mais l’idée c’est bien d’avoir l’avis et l’oreille de gens que vous jugez intéressants. Et ça, c’est bien valable pour tout le monde !

Et vous, vous en avez un ? Qu’est-ce qui vous retient d’en faire un ?

9

  1. Bonjour Guilhem, bonjour à toutes et à tous,

    Je partage totalement le point de vue de l’article. Il est vrai que c’est un élément qui me manque encore dans mon projet, toute aide est la bienvenue, pourquoi pas toi Guilhem ? Je trouve de plus en plus d’informations sur ton site et suite à mon premier commentaire, j’ai déjà eu des visiteurs sur mon site.

    En fait, je pratique cela de manière informelle à travers mon carnet d’adresses. Le formaliser me semble une bonne approche, c’est d’ailleurs le plus dur à faire. Les arguments suggérés sont très étonnants, même si la création d’entreprise est un jeu de séduction.

    Cordialement,

    Vincent BARBEROT
    Identité numérique : networkvb

  2. Guilhem,
    Je partage tout à fait ton point de vue sur l’importance et la pertinence d’un Advisory Board.

    J’insisterai sur un point particulièrement : la necessité absolue quant au formalisme de cette rencontre. Afin d’en tirer le maximum d’enseignements et ne pas laisser cette rencontre dériver vers un simple dîner/social drink, il est important d’assurer une réelle préparation et de bien informer les participants sur les enjeux et les attentes.

    Et une remarque sur la difficulté à répéter l’expérience : il est facile de motiver plusieurs personnes pour un dîner (hors souci d’agenda) mais de là, à assurer une fréquence trimestrielle, sans leur proposer une certaine compensation (finanière ou autre…)

    A creuser, qu’en penses-tu?

  3. Comme je te le disais sur Twitter, « quid des jetons de présences? »

    Mais JN a précédé ma retranscription ici-même.

    Comme Vincent, tout entrepreneur (du moins je l’espère) a un « board » informel. Mais il reste informel. Ce qui veut dire aussi que l’entrepreneur aura tendance à donner que les infos qu’il veut à ce board. Voire même à transformer un peu la vérité… Si si, ne mentez pas, on le fait tous.

    Et il peut en effet être très bénéfique d’avoir un board constitué de manière sérieuse. D’avoir des personnes qui sont vraiment extérieures au projet, pour donner un feedback le plus pertinent possible.
    Mais pour que ce board soit bon, ils se doivent de tout de même préparer leur « intervention » dans un comité de pilotage trimestriel. Ce qui veut dire en effet compensation. Tout travail mérite salaire parait-il.

  4. @Bruno : c’est clair que l’aspect formel est super important. Il faut se forcer à maintenir un certain cérémonial (ordre du jour, tableaux de reporting, compte-rendus de réunion, présentation des actions principales à venir, …).

    @Bruno & @JN : ma position serait plutôt de ne pas rémunérer la présence à l’advisory board. Eventuellement, si levée de fonds il y a, pourquoi pas une compensation sous forme de parts (très minoritaires), avec création en parallèle d’un board des investisseurs (style conseil d’administration, plus accès sur le business et les chiffres). Mais en tout cas fuir les gens qui n’y verraient qu’une façon déguisée de vendre du conseil !

    @Vincent : merci d’avoir pensé à moi mais je suis sûr que des gens plus « cheveux gris » feraient mieux l’affaire ! Le constituer est assez simple en réalité (il suffit d’un peu de toupet, mais les entrepreneurs n’en manquent pas en règle générale :)) : il s’agit de faire la liste des 3 personnes que tu adorerais avoir, et d’y aller franco en leur proposant une date de première rencontre à plusieurs + un rdv avant. Au pire, leur curiosité les fera venir la première fois et servira d’amorce à d’autres personnes 😉

  5. @guilhem : je viens seulement de lire ta réponse, désolé de réagir si tardivement. Merci pour tes conseils.

  6. Loïc Soubeyrand

    27 juillet 2010 at 16:27

    Bonjour Guilhem,

    Y a t-il un nombre maximal de personnes qu’il est préférable de ne pas dépasser pour la constitution de l’ Advisory Board ?

    Cordialement

  7. La rémunération sous forme de BSPCE très minoritaires permet aussi de fixer des objectifs sur des missions précises et prédéfinies. Ex : aide à la préparation d’un événement important, prise de contact avec des personnes qui vous sont inaccessibles et transformation du contact, étude et résolution d’un problème précis qui se pose à l’entreprise, voire même vente, etc. L’intéressement permet alors de structurer ainsi le travail, de le formaliser, et de maintenir l’intensité de l’effort dans la durée (on attribue les bons à la fin de la mission, en fonction du succès). En tout cas j’en ai personnellement une expérience très positive.

  8. Il ne faut pas oublier non plus que cet advisory board peut tenir le rôle indispensable « d’arbitre » lorsque vous avez créé une société avec 2 associés presque égalitaires ou égalitaires (ce qui est une erreur que l’on fait tous).

    Heureusement que mon advisory board était là lorsque nous avons traversé une zone de turbulence, ils ont su trancher et relancer la machine !

    Encore faut-il bien expliciter tout ça dans son pacte d’associés…

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