L’entrepreneur n’a pas d’idées.

Pour beaucoup, entrepreneur rime avec créativité. En tout cas avec génération d’idées. Pour l’avoir dit et pensé bien trop souvent, je suis bien placé pour savoir désormais que c’est une belle bêtise. Le meilleur entrepreneur n’est pas celui qui a le plus d’idées. Non, le meilleur entrepreneur, c’est celui qui :

Le plein didées ! © vivekrajkanhangad

Le plein d'idées ! © vivekrajkanhangad

  1. privilégie la mise en oeuvre ses idées. C’est bien beau d’avoir des fulgurances d’esprit tout au long de la journée, cela ne sert strictement à RIEN si cela ne se concrétise pas dans les faits. Combien de gens ai-je croisés me dire « tiens, j’ai une idée » pour ne plus jamais avoir de nouvelles d’eux ensuite (alors même que c’est déjà un super premier pas d’en parler, je le reconnais, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas écrit !)
  2. va laisser ses clients lui souffler ses idées. J’aime beaucoup la maxime selon laquelle « c’est le marché qui a les idées, pas les entrepreneurs« . On devrait la faire graver au-dessus de tous les écrans des salles où ont lieu des cours de création d’entreprise. L’entrepreneur est donc un accoucheur d’idées plus qu’un génie-savant-fou-eurêka…
  3. va savoir piquer les idées des autres. On n’invente pas vraiment grand chose, on se contente d’adapter ce que l’on a vu ailleurs. Que ce soit sur son propre marché ou ailleurs, l’entrepreneur est celui qui sait piquer, adapter, s’approprier et recracher les idées des autres. Ce serait trop bête de ne pas s’inspirer de ce qui marche ailleurs, non ?
  4. va avoir le plus de MAUVAISES idées. Merci Seth Godin pour celle-ci, mais c’est vraiment génial comme approche. Il en faut des mauvaises idées pour en avoir une bonne. Le meilleur entrepreneur c’est bien celui qui teste très vite les choses. De toute manière, il est sûr de gagner. C’est une bonne idée, il gagne forcément. C’en est une mauvaise, il a appris en commettant l’erreur, et est beaucoup plus apte à gagner au coup d’après. L’entrepreneuriat, c’est comme la bataille-navale : si l’on essaie suffisamment, on finit toujours par toucher !

A vous d’accélérer le cycle de vie de vos idées. Et de savoir reconnaître autour de vous les vrais créatifs : ceux qui acceptent de se planter pour faire avancer leur propre Schmilblick. Et vous, combien de mauvaises idées avez-vous chaque semaine ?

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  1. Execution Execution Execution… Il n’y a que ça de vrai. Mais une bonne idée bien exécutée c’est pas mal non plus 😉

    J’aime le dernier point. Effectivement bon post de Seth Godin sur le sujet. Les idées c’est comme les boites, Il faut en planter pas mal avant d’en faire émerger une bonne ! 😉

  2. Je confirme, après 3 ans à la tête de mon entreprise, les idées ne servent à rien, sinon à être partagées avec les autres et semer… D’ailleurs nous commettons souvent l’idée de garder pour nous la bonne idée. Ce qui compte c’est la bonne exécution. Au début, je passais plus de temps à penser aux idées qu’à les tester !

  3. Par rapport au dernier point, j’ajouterais cette délicieuse devise Shadock: « En essayant continuellement, on finit par réussir. Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche »

  4. Concernant le point #3 (histoire de ne pas commenter le même point que mes prédécesseurs 😉 :
    Si l’entrepreneur n’est pas celui qui a les idées, mais vole celles des autres, comment appelle t on celui qui a les idées?

    Et si on condense ton post en une phrase: l’entrepreneur c’est quelqu’un qui a beaucoup de mauvaises idées, vole les bonnes et les exploite.
    Belle mentalité!

    😉

  5. Le Tribulateur

    23 décembre 2009 at 0:47

    Je rebondis sur Bruno. Enfin, sur ce que Bruno dit.
    L’entrepreneur est donc un exploiteur. Dans un premier temps des idées des autres. Et puis ensuite du travail des autres. Un patron quoi! :)

  6. J’ajouterais que l’entrepreneur est celui qui organise l’ensemble de son entreprise comme un vaste générateur d’idées. Car tout le monde a des idées, du « bas » au « haut » de l’échelle.
    Qui plus est, ça relance l’intérêt des hommes pour leur travail.

  7. Bonjour à tous,

    Combien de mauvaises idées ai-je par semaine ? Je ne les comptes pas, puisqu’au final c’est pour avoir une bonne idée. C’est cette dernière qu’il faut exploiter.

    Sur le troisième point, piquer les idées des autres, je suis plus dubitatif. S’inspirer des autres c’est le propre de tout entrepreneur. Je préfère la formule suivante : donner corps aux idées des autres. Cela rejoint donc le fait que le cycle doit être le plus court possible. Dans chacune de nos discussions, de nos écrits, nous émettons des idées exploitables par soi ou par quelqu’un d’autres.

    La peur de l’échec fait que nous n’allons pas au bout de notre idée, nous ne lui donnons pas corps. C’est donc notre vision des choses qui rend possible ou pas l’exploitation d’une idée. Si quelqu’un d’autre a la même idée, mais pas la même vision, pouvons-nous dire qu’il nous l’a volée ? Personnellement, je ne le pense pas. Les idées se ramasse à la pelle, la définition de l’innovation est complètement dénaturée et perd de son sens.

  8. J’irais même plus loin:

    L’entrepreneur à plein d’idée. Certaines lui sont bonnes et d’autres lui sont sont mauvaise.

    Nous en avons déjà souvent parlé, mais l’entrepreneur est le seul individu qui, lorsqu’il a une idée, va en parler à tout le monde. Le commun des mortels à le réflexe de garder l’idée pour lui, pour pas qu’on la lui vole.

    Et c’est là où il faut ramener l’idée à la personne qui l’a eu. Des idées nous en avons plein. Elles ne nous paraissent bonne que si nous avons la possibilité de les concrétiser. Elles nous paraissent mauvaise dans le cas contraire, alors qu’une autre personne saura peut être l’améliorer, ou la mener à terme. Il faut donc inverser la phrase:
    L’entrepreneur ne vole pas des idées. Il en donne à d’autres entrepreneurs.

  9. Super discussion, et plein de bons avis. Bravo à tous !
    Je retiens :

    – l’entrepreneur doit pousser les gens qui bossent avec lui à exprimer leurs idées et à les mettre en oeuvre
    – une idée, ok, mais c’est mieux quand ça ne reste pas une idée !
    – tout le monde semble assez d’accord sur l’impérieuse nécessité de partager ses idées pour leur donner plus de chances d’exister (chez soi où ailleurs !)
    – lorsque je parlais de « vol » d’idées, c’était plus pour l’aspect de s’inspirer de ce que font les autres. Pour moi, une idée n’appartient à personne. Seul le premier à FAIRE a un droit de paternité ! Du coup, j’aime beaucoup la conclusion de Bruno dans le commentaire précédent :)

  10. oui je sais j’ai plein de bonnes « idées »! 😉

  11. Des (mauvaises) idées j’en ai à la pelle. 😉

    Moi ce qui me motive c’est le côté « créateur » le fait de pouvoir dire, ça c’est moi qui l’ai fait.
    En effet les idée sont rarement complètement novatrice, par contre l’exécution elle est lié à la personne qui porte le projet et qui prend les décisions.

    Que c’est bon de parler de ses idées autour de soi ! La plupart du temps on ne suscite aucun enthousiasme mais quand ça « match » on se dit que là on tient quelque chose à creuser.

    J’applique toujours la technique du : parle en autant que tu le peux. J’ai même une équipe de passionné autour de moi qui est toujours prête à critiquer mes propositions. A partir de leur critique je tire l’essence même de mes nouveaux projets !

    Merci pour ce billet qui rappel à tous qu’il ne faut pas être avare et ne pas hésiter à confronter nos idées au monde réel !

    J’aime beaucoup cette phrase qui berce mon incubateur à idées : « Si tu n’es pas prêt à te tromper, tu ne sortiras jamais rien d’original. »

    Bonne continuation,
    Pierre

  12. De la confrontation des idées jaillit la lumière!

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