Le métier d’entrepreneur est quelque chose de fabuleux. Mais pas forcément pour les raisons que l’on croit. De l’extérieur, ou avant de se lancer, on pense bien évidemment que la liberté, la capacité à gagner beaucoup d’argent, ou encore le statut social sont les bonus de fin d’année du porteur de projet.

Une fois qu’on a le nez dans le guidon, c’est surtout de liberté de travailler (encore) plus, de capacité à craindre pour sa tréso, et de désociabilisation latente dont il s’agit plus, en tout cas dans les premiers 18 à 24 mois…

Et pourtant, l’entrepreneur ne se plaint pas (en public, du moins). Il souffre en silence et il tient bon car finalement une chose vient combler tous les petits désagréments du quotidien : la diversité.

Pas une journée qui ne soit pareille, des millions de gens nouveaux à rencontrer, plein de problèmes à résoudre, mais jamais les mêmes. Difficile de s’ennuyer donc. Souvent d’ailleurs, l’entrepreneur se sent mal dans sa boite après quelques années, car il peine à se réinventer un travail aussi divers que celui qu’il a connu dans les premières années de l’entreprise. Reproduire un modèle, le faire grossir, se contenter d’améliorer les processus et de les industrialiser rapproche finalement la startup de la PME établie, ou pire, de la grande entreprise.

J’en ai fait des trucs différents dans mes vies d’entrepreneur, et je crois que dans toutes ces tâches j’ai pris un certain plaisir, des plus intellectuelles aux plus triviales : coller des timbres pendant 3 jours pour un mailing de Noël, distribuer des tracts habillé en vieux prof de maths, inventer un logo, rédiger des articles de blog, devenir standardiste, donner des cours, animer des soirées, créer des bandes-dessinées pour des clients qui n’y comprennent rien, recruter des stagiaires, virer des employés, me battre avec l’urssaf (Dieu que j’aurais aimé virer un employé de l’Urssaf qui n’y comprenait rien !), monter des meubles, passer l’aspiro le vendredi matin, serrer des louches de gens haut placé pour recevoir des prix, témoigner auprès de collégiens de cette vie fantastique d’entrepreneur, apprendre le PHP pour économiser un peu sur le dév (ouh, l’erreur), faire des spots radio (ouh, l’erreur²), lever des fonds…

Oui, l’entrepreneur est un homme à tout faire. Et moi j’aime ça. Et vous ?

Post to Twitter