Entrepreneur = homme à tout faire !

Le métier d’entrepreneur est quelque chose de fabuleux. Mais pas forcément pour les raisons que l’on croit. De l’extérieur, ou avant de se lancer, on pense bien évidemment que la liberté, la capacité à gagner beaucoup d’argent, ou encore le statut social sont les bonus de fin d’année du porteur de projet.

Une fois qu’on a le nez dans le guidon, c’est surtout de liberté de travailler (encore) plus, de capacité à craindre pour sa tréso, et de désociabilisation latente dont il s’agit plus, en tout cas dans les premiers 18 à 24 mois…

Et pourtant, l’entrepreneur ne se plaint pas (en public, du moins). Il souffre en silence et il tient bon car finalement une chose vient combler tous les petits désagréments du quotidien : la diversité.

Pas une journée qui ne soit pareille, des millions de gens nouveaux à rencontrer, plein de problèmes à résoudre, mais jamais les mêmes. Difficile de s’ennuyer donc. Souvent d’ailleurs, l’entrepreneur se sent mal dans sa boite après quelques années, car il peine à se réinventer un travail aussi divers que celui qu’il a connu dans les premières années de l’entreprise. Reproduire un modèle, le faire grossir, se contenter d’améliorer les processus et de les industrialiser rapproche finalement la startup de la PME établie, ou pire, de la grande entreprise.

J’en ai fait des trucs différents dans mes vies d’entrepreneur, et je crois que dans toutes ces tâches j’ai pris un certain plaisir, des plus intellectuelles aux plus triviales : coller des timbres pendant 3 jours pour un mailing de Noël, distribuer des tracts habillé en vieux prof de maths, inventer un logo, rédiger des articles de blog, devenir standardiste, donner des cours, animer des soirées, créer des bandes-dessinées pour des clients qui n’y comprennent rien, recruter des stagiaires, virer des employés, me battre avec l’urssaf (Dieu que j’aurais aimé virer un employé de l’Urssaf qui n’y comprenait rien !), monter des meubles, passer l’aspiro le vendredi matin, serrer des louches de gens haut placé pour recevoir des prix, témoigner auprès de collégiens de cette vie fantastique d’entrepreneur, apprendre le PHP pour économiser un peu sur le dév (ouh, l’erreur), faire des spots radio (ouh, l’erreur²), lever des fonds…

Oui, l’entrepreneur est un homme à tout faire. Et moi j’aime ça. Et vous ?

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  1. Ce qu’il faut surtout c’est se rendre compte de ses limites et sous traiter ce qui sort vraiment de son domaine de compétence. Je me pensais capable de tout faire et finalement je sous traite la compta, le graphisme, le dév php…et bientôt la logistique.

  2. Tout à fait d’accord ! Pas une seconde d’ennui, pas un matin où se lever est morne. Je réinvente le fil à couper le beurre tous les jours. Les tâches les plus ingrates ont un sens, puisque que nous sommes des êtres « orientés »…

    Vous qui vous ennuyez dans votre emploi, dans une hiérarchie étouffante, si vous trouvez que votre travail n’a pas de sens autre qu’alimentaire, il est temps de réagir, donnez-vous les chances de réaliser votre rêve, lancez-vous !

  3. @mathias : oui, c’est primordial de savoir s’entourer progressivement pour déléguer et se concentrer sur les tâches où l’on excèle. Mais on n’échappe jamais vraiment au besoin de toucher à tout :)

  4. L’erreur justement est de vouloir tout faire. Lorsque que l’on comprend qu’il est plus économique de déléguer, sous-traiter pour pouvoir capitaliser sur ses savoirs-faire et y exceller, là on commence à devenir un vrai entrepreneur.

  5. Avec un budget très limité, un entrepreneur est forcé de tout faire. C’est le meilleur moyen de tout apprendre (tous domaines confondus), mais ce n’est pas toujours facile. A un moment, il faudrait recourir aux services des spécialistes.

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