L’entrepreneur est un prisonnier

Il est de notoriété publique que créer sa boite, c’est la liberté : liberté de faire ce qu’on veut, de prendre son après-midi, de dire merde à qui on veut, de dessiner les contours de son job, etc.

Pourtant, en grattant bien, on comprend bien vite qu’il n’en est rien. Ce n’est que de la façade, tout ça, de la poudre aux yeux ébahis et émerveillés des badauds qui, eux, ont encore un contrat de travail. La vérité vraie, mesdames, messieurs, et vous aussi mesdemoiselles, c’est que l’entrepreneur est un prisonnier.

Bin oui (je sens bien l’incrédulité dans vos yeux braqués sur l’écran), il y a plein de points commun, que le visionnage du film « Le Prophète » m’a fait sauter aux yeux… et voilà quelques raisons pour vous en convaincre !

  • On entre dans un univers très spécifique. avec ses propres règles, ses comportements, ses groupes, ses familles de pensée, ses gros durs et même ses matons administratifs ou juridiques. Univers d’ailleurs difficile à appréhender pour ceux qui n’y sont jamais rentrés…
  • C’est en en entreprenant qu’on devient entrepreneur. Même un petit auto-entrepreneur occasionnel pas trop mordu risque de devenir un serial-entrepreneur. En tentant de mener une première activité (légale, si possible), on se rend compte que c’est possible, que c’est plaisant, qu’on est même pas trop mauvais pour le faire… Une fois qu’on a le doigt dans l’engrenage… dur de revenir dans le droit chemin !
  • L’emploi du temps n’est pas très varié. Travailler est une des seules occupations de l’entrepreneur, même lorsqu’il feint faire des choses de type « loisir », son cerveau est toujours dans la petite cage qu’est sa jeune pousse. Il faut même le forcer pour aller en promenade. A l’inverse, il a besoin d’évasion, c’est pourquoi il rêve beaucoup…
  • On a besoin d’un protecteur. D’un taulard plus âgé, qui est déjà passé par là, et qui va vous indiquer le chemin pour vous en sortir et vous éviter quelques grosses bêtises. Le mentor va ainsi prendre une grande importance à vos yeux, jusqu’à ce que vous le sublimiez et devenez à votre tour le mentor d’un p’tit jeune.

Et encore, je ne parle pas du sens commerçant inné des prisonniers, de la faible représentation des femmes, de la trace indélébile que cela laisse sur son CV, de la mauvaise bouffe et des petites superficies des locaux, du règlement parfois absurde, le l’importance des avocats… and so on!

Plus sérieusement, j’avais parlé il y a quelque temps d’un programme américain aidant des prisonniers à créer leur entreprise, le Prison Entrepreneurship Program, qui semble toujours actif et en est à sa 12ème promotion. Voilà une belle initiative !

Moins sérieusement, je vous recommande d’aller voir le point de vue de ces deux jeunes délinquants que sont Gilles et le Tribulateur !

3

  1. Je vais surtout finir par me demander si « l’entrepreneur est un schizophréne » !?

  2. Le délinquant te salue bien-bàs! :)

    Je retiendrais particulièrement de ce super billet (comme d’habitude!) « son cerveau est toujours dans la petite cage qu’est sa jeune pousse ». Cela résume très bien tout ça!

    Bon weekend!

  3. oui « l’entrepreneur est un prisonnier »..
    petite histoire:
    un entrepreneur doit aller intervenir chez un client…mais son employé a pris le véhicule de la société, il prend son sa voiture.
    Il doit faire le plein et paie en carte bleu..sauf qu’il se trompe et paie avec la carte de la société…
    et donc c’est du détournement avec enrichissement personnel .. même si la société lui appartient à 100% !

    a vouloir rendre service, il s’est mis hors la loi !

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