Auto-entrepreneur

Je lançais la semaine dernière un petit pavé dans la mare de l’auto-entrepreneur, avec ce billet intitulé « Je suis contre l’auto-entrepreneur« . Le titre, très cash et affirmé, ainsi que la prose d’une incomparable mauvaise foi, ont bien joué leur rôle d’accroche et le débat qui a suivi s’est montré fort intéressant et animé. Outre le fait que j’ai eu droit à de super commentaires et de vrais arguments, je suis aussi très content d’avoir vu pendant près de 3 jours une vraie discussion sur ce site. A ma petite échelle, j’en suis très fier, et voir que d’autres sites continuent le débat ou relaient l’info, rajoute à mon contentement…

Alors si évidemment, je ne suis pas contre ce statut, il faut bien avouer que comme vous il me laisse un peu perplexe. Voilà un résumé des points soulevés la semaine dernière, cette fois-ci de manière plus objective :

  • Le Statut de l’Auto-Entrepreneur est une opération de communication, destinée à montrer que n’importe qui peut être entrepreneur, au sens « se prendre en main et bénéficier financièrement de son travail ».
  • Le terme « entrepreneur » est un peu trompeur, car celui-ci est normalement assez lié à la création d’entreprise. Là on parle plus de création d’activité, de travail en indépendant même. L’opération de comm’ semble donc pâtir de cela, et finalement on ne comprend plus bien quelles sont les finalités et qui est concerné par la mesure.
  • Les montants concernés sont assez limités, et il s’agit donc d’un statut transitoire (pour le lancement de l’activité) ou complémentaire (en plus d’un autre travail, d’une retraite, …).
  • On sent une certaine crainte sur la multiplication de petits prestataires indépendants, notamment dans des domaines déjà forts chargés en freelances (graphisme, développement web, services à la personne) ou marqués par une forte présence de travail au noir. Les petites PME pourraient être celles qui en pâtissent le plus, même s’il est noté qu’il vaut mieux être en concurrence avec un auto-entrepreneur qu’avec un travailleur non déclaré.
  • Le statut d’auto-entrepreneur va permettre à beaucoup de « se lancer » sur une petite activité complémentaire, sans risque réel, et en cela l’esprit d’entreprise y gagnera beaucoup. Bel exemple avec Makuramis et son activité de cartes postales, elle semble en effet en plein dans la cible.
  • Le problème de la formation est réel, si le statut simplifie beaucoup les premiers pas (l’enregistrement, en gros), il reste tout de même que la gestion d’une activité nécessite de respecter un certain formalisme. Pas sûr que tous les auto-entrepreneurs aient les connaissances de bases nécessaire…
  • S’il y a un vrai afflux de population vers ce nouveau statut, on est en mesure de se demander comment les structures de , d’appui, de renseignement ou d’information vont pouvoir s’adapter… Ira-t-on vers un rallongement des procédures suite à un certain engorgement ?
  • Les entrepreneurs n’ont pas vraiment attendu l’apparition du statut pour créer, et les démarches administratives n’ont jamais été un vrai obstacle pour qui souhaite se lancer… c’est même vu parfois comme un parcours initiatique, le marché étant de loin plus compliqué à appréhender que les démarches administratives du début !
  • Le plus important, c’est bien d’entreprendre finalement, et tant mieux qu’un nouveau statut attire encore plus de monde vers l’. Et dans le lot, que l’on trouve les futurs créateurs d’entreprise !

Finalement, je devrais peut-être écrire un billet intitulé « les auto-entrepreneurs ne sont pas des entrepreneurs« … Mais j’attendrai pour cela une autre crise de mauvaise foi !

Twitter Digg Delicious Stumbleupon Technorati Facebook Email

Pas encore de commentaire ! Allez, soyez le premier à prendre la parole !

Laisser une réponse