Ta start-up ? Ça ne marchera jamais ! (ou le retour du « no bullshit feedback »)

Affronter (et convaincre) les sceptiques, ça doit être cela le sport favori du créateur d’entreprise je pense 😉

Et en soi, ce n’est pas si mauvais que cela, ça forge le caractère, tout comme les baffes font circuler le sang. Ce qui est un peu chagrinant, en revanche, c’est que lorsque l’on crée, la chose la plus importante, c’est de réussir à avoir du feedback. J’en avais parlé ici avec mon article sur le « No Bullshit Feedback« ,  mais trop peu de gens donnent leur avis lorsqu’on présente son projet. Et pour avoir bien observé ce qui se passe lorsque l’on pitche (pas forcément face à des investisseurs, mais de manière générale, « dans la vie courante »), on a en général 3 types de réactions :

la bonne, où effectivement on a un interlocuteur « adulte » qui appuie là ou ça fait mal, qui montre où il pense que ça coince. Ça ne fait pas du bien à entendre, mais si l’on sait écouter on progressera grâce à ceux-là.

la mauvaise, où la personne en face de soi s’exclame « que ça ne marchera jamais », ce qui a le mérite au moins d’être une opinion formulée, mais qui en soit ne fait pas trop avancer le schmilbick et peut, potentiellement, nuire à la confiance parfois fragile de l’entrepreneur (et ça c’est une faute grave)…

la très mauvaise, enfin, et qui me semble être tout de même le cas le plus fréquent malheureusement, qui nous met en face de quelqu’un qui va penser que l’on n’a aucune chance, que l’on est fou, qu’on coure à sa perte… Mais qui ne nous le dira pas, et qui même parfois se montrera encourageant. Là, il y a crime de lèse-startup, clairement. DONNER SON AVIS à un entrepreneur, lui dire si on voit un truc qui va planter, s’il fait fausse route (même si l’entrepreneur n’est pas obligé de tout écouter), c’est vraiment crucial. Ne pas le faire, c’est un peu laisser un gamin traverser la route sans regarder alors que l’on sait qu’une voiture arrive…

N’hésitez pas, si vous êtes dans cette position, à prendre quelques minutes à la fin d’un pitch d’entrepreneurs, et :

– commencez par le positif – il y a forcément du vrai, de l’énergie, du potentiel dans ce que vous venez d’entendre. Soulignez-le, c’est facile, c’est pas cher, et ça peut vraiment aider.

– soyez ensuite constructif – si vous n’avez pas compris, dites-le ; si vous pensez que ça peut planter, dites-le et dites pourquoi ; dites aussi ce que vous pouvez faire pour aider ; donnez des pistes d’améliorations, …

 

C’est comme cela qu’on devient aussi une nation d’entrepreneurs : en « jouant » à aider ceux qui se lancent sans chercher à juger et à casser parce que c’est facile.

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  1. Guilhem,

    Solid point – I’m not sure I agree that entrepreneurs have « fragile confidence » (or that they should if they plan to succeed), but I agree that you have to give honest, harsh feedback.

    I’d love to read a follow-up article on how to get through to someone who doesn’t want to hear bad feedback, because right now I just stop talking to them, if I feel they don’t want to hear the bad news I’m giving them.

  2. J’aime bien la métaphore du petit gamin qui traverse la route sans regarder :)

  3. J’ajouterais la « très bonne »: l’interlocuteur adulte qui appuie où ça fait mal mais qui sait aussi se montrer enthousiaste sur les points positifs du projet et ne pas entamer la confiance de l’entrepreneur.
    Le meilleur interlocuteur selon moi est celui que l’on quitte conscient des faiblesses de son projet, mais quand même gonflé à bloc et prêt à les combler.

    Je plussoie le fait que toute personne qui nuit à la confiance d’un entrepreneur devrait être punie. Et sévèrement de surcroit ! 😉

  4. Hey Guilhem, toujours un plaisir de te lire!

    Un bon moyen d’avoir du no BS est de targeter ses clients :
    $ or no, et if no $ ask what should change to get $ then come back again :)

    Pour le reste 100% agree… Y a le vin aussi (in vine veritas…)

    f.

  5. Il manque un avis: celui qui n’ose pas dire qu’il ne comprends pas, qu’il n’y crois pas, qu’il y a des failles. Bref, celui qui dit: « C’est génial ton truc, vas-y fonce! », mais qui ne sera jamais client.

  6. Cela n’est pas facile de dire la vérité ! Et une partie seulement des entrepreneurs est prête à l’entendre.

    Mais c’est vrai que c’est la seule manière de faire progresser les projets et les entrepreneurs, et surtout … de construire une relation de confiance !

    Didier

  7. Sachant que 9 startups sur 10 se plantent, « ça ne marchera jamais » est souvent la posture la plus réaliste, et c’est donc naturellement ce qu’un créateur de startups doit s’attendre à entendre de la part d’un interlocuteur non complaisant et connaissant superficiellement le projet. Il faut surtout n’écouter que des gens qui ont soit une experience des startups et des difficultés classiques qu’elles rencontrent, soit des gens qui ont une connaissance fine du secteur concerné et capables d’estimer la demande potentielle et d’évaluer les possibles go-to-market associés.
    Sachant qu’il y a une dimension de risque et de hasard. Rationnellement, il ne faut pas jouer au loto, et pourtant certains gagnent

  8. D’accord avec ce post, …de l’importance d’établir une relation saine et positive, à la fois pour l’autre,mais aussi pour soi (il n’est pas souligné que ce type d’hygiène relationnelle sert aussi celui qui la pratique) et comme il est rappelé pour la communauté !

    Cela étant, la « bonne méthode » est quand même régulièrement rencontrée, heureusement. Entrepreneurs, financiers, leveurs sont souvent émotionnellement adultes.

    db

  9. Le mieux à mon sens pour faire comprendre à un entrepreneur qu’il prend une fausse route est de lui poser les questions auxquelles il ne peut répondre. Une sorte de simulation, présentation d’un cas, « Donc, très bien si cela se passe comme ça, mais si tel cas se présente ? »

    L’entrepreneur voit de lui même qu’il y a un problème et va essayer d’y répondre. Après, s’il tombe dans un biais de confirmation, libre à nous de le lui faire comprendre et de lui apporter des éléments de réponse :)

  10. Étant dans cette situation je rajouterais malheureusement une particularité notamment en France aggravant cette absence de feedback en amont de la non réponse : la non réponse aux mails, demandes de rendez-vous, aux lettres. 20 courriers envoyés il y a deux mois au privé comme au public et un seul accusé de réception ! Oui cela forge le caractère être entreprenant et entrepreneur dans un pays pareil.

  11. Ce qui est compliqué aussi, c’est quand on se fait pitcher un projet où au final, soit on n’a rien compris, soit on n’a pas compris comment ils allaient faire pour gagner de l’argent. Dans un cas comme celui-là, effectivement : réceptionner en soulignant le positif, mais ne pas hésiter à poser les questions cruciales, qui chatouillent, voir qui grattent.
    Je suis d’accord avec toi Guilhem, ne pas le faire serait de la malveillance… ^^
    Ensuite, pour avoir aussi été de l’autre coté, il y a parfois des sujets où la réponse est très motivée, et puis d’autres où c’est « Parce que j’ai décidé que ce serait comme cela et moi ca me plait ainsi ». Une personne à une soirée networking a passé presque 5 minutes sur le nom de ma boite à vouloir que je lui explique le choix des couleurs, de la typo, de l’orthographe, et pourquoi pas le « e » à la fin, et pourquoi ci, et pourquoi ca… Je dois avouer qu’à la fin, je suis resté sec… et j’en suis ressorti en me disant que j’aurais préféré qu’il me fasse un retour sur mon contenu. ^^

  12. – commencez par le positif : Tres bon article
    – soyez ensuite constructif : Il y a une faute de frappe à la 2ème phrase : « ce n’est pas si mauCais que cela »

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