And now, burn the ships…

Il y a un avantage à se lancer jeune dans la création d’entreprise : c’est qu’on a en réalité rien à perdre. Une fois que l’on a compris :

  • que l’on restait employable même si l’on se cassait la gueule, et que c’est même un plus au vu de l’état de l’emploi chez les jeunes en ce moment
  • que ce n’est pas très grave de n’être pas expérimenté, puisque de toute façon tout primo-créateur est dans la même situation, quelle que soit la durée de sa carrière professionnelle
  • que le temps passé est largement compensé par ce que l’on va apprendre et les rencontres que l’on va faire
  • que c’est nettement plus rigolo que la plupart des jobs de junior
  • que l’idée de départ importe tellement peu que c’est juste un déclencheur permettant de mettre le pied à l’étrier (et que ceux qui réussissent ont de toute façon changé 3 fois de projet en cours de route)
  • et que les quelques milliers d’euros que l’on risque de perdre, hé bien, on les regagnera plus tard

… on comprend bien que l’on n’a aucune raison de ne pas se lancer, si l’on en ressent l’envie. C’est comme quand on a envie de pisser, on a beau se retenir, au bout d’un moment il faut que ça sorte.

Le problème : c’est qu’on n’est pas éternellement jeune. Et que l’on se lance ou pas entre 20 et 30 ans, un jour on dépasse les 30 ans, et l’insouciance et la liberté ne sont plus forcément des ingrédients aussi simples à mobiliser, surtout si l’on est plusieurs à créer.

Hernan Cortès, le conquistador espagnol, à la fin du 15ème siècle, l’avait déjà bien compris lorsque, en bon entrepreneur, il trouva les fonds pour aller mener quelques batailles (sanglantes, barbares, tout ça tout ça, je sais bien, mais le point n’est pas là) en Amérique du Sud. Il en fallait des cojones à l’époque pour avoir une vision telle que celle-ci, s’aventurer dans un lieu inconnu, mobiliser des moyens, et mettre en oeuvre son plan d’action. Bref, c’était un entrepreneur.

Pas de retour possible, yapluka avancer !

Quoi qu’il en soit, le point intéressant est ce que Cortès a fait en arrivant là-bas avec son armée : il a brûlé tous ses bâteaux, pour que son équipe ait FAIM de victoires, et surtout n’ai pas d’autres choix que d’avancer, ou échouer. Aujourd’hui, on dirait qu’il a managé correctement son équipe en lui permettant de se focuser sur l’exécution (miam !).

Quand on monte sa boîte, c’est kif-kif. Je pense qu’il faut se mettre dans des conditions qui font que l’on sait pertinemment que l’on n’a d’autre choix que de réussir. Alors, si c’est moins radical que de brûler quelques centaines de tonnes de bois, il existe quand même quelques petites choses à faire (et la liste n’est pas exhaustive, n’hésitez pas à compléter en commentaires :) :

  • bien expliquer à son entourage ce qu’il va se passer : la bataille va être rude et vous aurez besoin, autour de vous, de gens qui comprennent ce qui se passe et qui sauront vous soutenir, sans rajouter au stress déjà présent

 

  • quitter son day-job : difficile de jouer sur les deux tableaux en même temps, d’ailleurs si vous êtes dans cette situation (ou l’avez été) vous voyez bien comment il est inconfortable et démoralisant de ne pouvoir avancer aussi vite que l’on voudrait

 

  • savoir supprimer des choses de son emploi du temps : on a tous des occupations diverses et variées… que l’on pourrait, au moins un temps, alléger ou arrêter. Le multitasking n’est pas forcément la meilleure de choses à faire, à moins que ça ne serve directement au projet…

 

  • se construire un tempérament de guerrier : reprendre un sport, s’automotiver, ne rien lâcher (car tout est difficile et prend du temps)… ça peut paraître très psychologique, mais il faut vraiment apprendre à toujours faire le petit effort de plus qui va faire tourner la roue en votre faveur. L’entrepreneur provoque sa chance parce qu’il y croit.

 

  • aligner les objectifs de l’équipe : lorsque vous êtes plusieurs, c’est primordial que tout le monde sache qu’il va falloir faire quelques sacrifices, et que chacun soit autant impliqué que les autres.

 

  • se donner le temps de réussir : attention à ne pas partir pour un court sprint. La création d’une entreprise est un marathon, assurez-vous d’avoir quelques ressources financières (ou un train de vie particulièrement bas) pour ne pas devoir arrêter l’aventure avant qu’elle n’ait réellement commencée !

 

  • s’entourer : trouvez vos mentors, ils sauront vous pousser « the extra mile » quand vous irez un peu moins bien, et vous faire voir encore plus grand…

A titre personnel, je travaille depuis quelques mois à brûler les bâteaux : je communique sur je fait que je vais me lancer, j’en ai parlé à mon entourage proche, j’ai coupé mon train de vie (tout en ne perdant pas en qualité de vie grâce à mon déménagement à Lyon), je reprends un rythme de travail plus costaud (et en tout cas je sais que ça va être beaucoup d’heures de boulot sur 2-3 années), je fais un peu plus de sport, j’ai beaucoup travaillé avec Guillaume mon associé pour aligner nos objectifs, j’ai sécurisé financièrement les prochains mois pour avoir le temps de lancer proprement, je prends pas mal de conseils dans mon « mentors pool », … mais j’ai encore du travail pour dégager quelques trucs de mon agenda pour me focuser totalement sur le projet : c’est mon objectif pour Noël. Et c’est peut-être ça le plus compliqué, j’aime bien être touche-à-tout :)

Allez, à vos allumettes 😉

7

  1. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » — Mark Twain 😉

  2. Tout a fait d’accord avec ces conseils et cette vision ! Il faut s’imposer des contraintes qui nous forceront à avancer et nous empêchent de revenir en arrière. Ceci permet de nous mettre en condition de tout mettre en œuvre pour réussir. Et nous force à travailler plus et mieux. Et même en cas d’échec, on aura ainsi mener le projet jusqu’au bout de ses capacités. Au final, on en sort dans tous les cas grandit.
    Et la citation de Mark Twain que cite Etienne et une de mes préférée, elle vante la force de volonté.
    Je rajouterais celle-ci, de Benjamin Franklin :
    « Il y a bien des manières de ne pas réussir, mais la plus sûre est de ne jamais prendre de risques. »

  3. Super article !

    J’aime bien l’approche qui ne se limite pas simplement à des conseils business. Je pense aussi que pour réussir il y a plein de paramètre, notamment se forger un super mental et s’entretenir physiquement.
    Dans un reportage sur Thierry Marx (grand chef) il a cité son grand père qui lui avait conseillé cela « un homme doit affûter son corps et son esprit »…je le pense aussi.
    L’entourage aussi est super important. Avoir des proches qui vous soutiennent et croient en vous est une grande chance !
    Pour en revenir au Marathon, je dirais même qu’entreprendre est comparable à un IronMan tellement c’est éprouvant.

  4. Très bon article en effet!
    Lorsque l’envie de pisser a été trop forte pour moi, j’avais 35 ans, et moult contraintes (crédit, famille avec enfant, métier très prenant…).
    La peur de sauter a été terrible! Mais en juin 2010, je suis parti de mon emploi, sans chômage (impossible d’avoir une rupture conventionnelle là ou j’étais…), ai dû batailler avec mon entourage pour pouvoir le lancer dans cette aventure.
    C’est dur, même très actuellement, mais je ne regrette rien : j’ai vécu les mois les plus intenses de toute ma vie jusqu’ici!!!
    Bon courage, Guilhem!

  5. Merci pour cet article.
    J’ai 25 ans, un enfant, et je viens de terminer mes études. Mais je me lance. J’en ai vraiment envie et c’est maintenant ou jamais. Mon entourage est OK, mais reste à bien s’entourer…

  6. Un mental de guerrier,car les embuches sont nombreuses, et les moments de plénitudes quasi inexistants… et un zippo chargé à bloc !

  7. « c’est peut-être ça le plus compliqué, j’aime bien être touche-à-tout »
    Attention à ne pas tomber dans la scannitude ! http://bit.ly/cF8sVI

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