Mini-Angels ?

On parle de plus en plus des Super-Angels. Née en Amérique (what else?), cette nouvelle génération de business-angels est composée de « gros » BA (au sens où ils ont vraiment beaucoup d’argent), la plupart ayant fait fortune dans la première vague d’Internet.

On pense bien évidemment à « la bande » désormais bien connue : Jacques-Antoine Granjon, Marc Simoncini, Pierre-Kosciusko-Morizet, Xavier Niel ; mais aussi à des Christophe Crémer, Jérome Stioui,  etc. Et il y en a bien évidemment d’autres, moins médiatiques, qui commence à réinvestir et à faire du bien à l’éco-système en finançant des projets que les business-angels plus classiques, patrons d’industrie, banquiers d’affaires ou consultants de haut vol n’ont peut-être pas la capacité à comprendre.

Tout cela est très bien, mais cette tendance, je pense, en cache une autre, qui pourrait apparaître prochainement :

Les mini-angels.

Bon, si ça se trouve, je m’enflamme tout seul et dans un an j’écrirai un post pour me déjuger. Disons que plutôt que lire l’avenir, je fais ici une « lettre de voeux », pour tâcher de lancer une réflexion intéressante.

Avant de lever quelques centaines de K-€uros et d’avoir un board à la Restopolitan (ça doit être rigolo chez Stéph’), il faut bien souvent pour les startupers passer par une période de vaches maigres. Beaucoup de défis doivent être relevés dans les premières étapes :

  • trouver les bases de l’équipe
  • pondre un premier proto
  • commencer à montrer qu’on sait communiquer
  • gagner un minimum de traction
  • dépenser un peu en graphisme ou démarches administratives, déposer sa marque, etc.

Et c’est très casse-gueule à ce moment là (levez la main, ceux qui se sentent concernés !), par manque d’expérience, de challenge et de feedback, par le peu de moyens disponibles (j’ai des incubés qui ont créé avec 2000€ pour tenir 18 mois), la solitude, etc.

Bref, je me demande s’il n’y a pas de place pour des « mini-angels », qui :

  • mettraient peu d’argent, quelques milliers d’euros seulement, pour remplacer ou épauler la « love-money » des parents et amis (merci mamie)
  • mais très tôt, avant toute preuve business
  • avec un vrai accompagnement (2 séances par mois, avec une petite méthodo de coaching et de suivi de projets)
  • une aide au réseau
  • un relai de communication
  • bref, en étant à la fois mentor, challenger, coach, grand frère, mécène, …

Je suis toujours émerveillé par ce qu’on peut faire avec très peu, à partir du moment où les connexions sont là et l’envie et le travail… et parfois un premier coup de pouce serait nécessaire pour encourager les bonnes volontés…

Qu’en pensez-vous ?
Discussion ouverte dans les commentaires
, je referai un post plus tard pour résumer !

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  1. Très bonne idée ! Très intéressé non seulement en tant que porteur de projet, mais aussi dès que possible en tant que mini BA :)

    D’ailleurs, pourquoi ne pas décliner les apéro entrepreneur en une sorte de réseau où chacun peut donner du sien dans la mesure du possible, être épaulé et épauler à son tour, etc. ?

    • @Jeremy : non non non, les ApéroEntrepreneurs restent les ApéroEntrepreneurs, tout se fait dans l’informel :) Après, si les gens s’apprécient, effectivement, ils se donnent un coup de pouce :)

  2. Cela a du sens mais implique toujours de lever des fonds, de donner des parts etc.

    Pourquoi tout le petit monde ne voit que par les investisseurs et n’envisage pas l’autre méthode qui consiste a définir des étapes liées à un business modèle sérieux qui permette de monter une société sans avoir besoin de cette aide extérieure ?

    • @Jérôme : dans ce cas précis, ce n’est plus tellement une levée de fonds, mais plus le fait de s’entourer, et d’intéresser les gens qui vont aider à la réussite de l’entreprise. C’est très différent de travailler gratuitement ou d’être au capital… et je pense qu’à terme c’est positif…

  3. Guilhem: J’adore l’idée!

    Jérôme/Guilhem: je pense que le mieux pour structurer un truc serait par un prêt convertible (probablement avec un bonus) qui évite de « pricer » le tour à un montant ridicule et est plus pratique.

  4. Bien vu Guilhem, ca remplit un vrai manque pour les startupers qui ne veulent ou ne peuvent pas chercher le gros premier tour de table, j’observe que ça correspond à une pratique qui n’est pas visible car ceux qui mettent un « peu » d’argent ne communiquent pas facilement dessus, comme s’ils culpabilisaient de mettre si peu….

  5. Bonjour Guilhem, cela fait quelques jours que cette question me trotte dans la tête à moi aussi. Les dépenses de lancement, rien que le dépôt d’une marque coûtant en général 225 euros, rebutent pas mal les étudiants comme moi qui avons tout juste assez d’argent pour régler les dépenses de chaque mois.

    J’ai donc demandé de l’aide à un proche pour investir dans les prémisses de mon projet (petits investissements). Mais dans le cas où je n’aurais pas pu trouver de proche pour m’aider, j’aurais peut-être repoussé ou abandonné le projet.

    Je suis d’accord que des mini-angels pourraient donc être utiles pour les aspirants entrepreneurs qui n’ont pas du tout les moyens de financer les balbutiements de leur start-up.

    Par contre lorsque les aspirants entrepreneurs ont un peu d’argent de côté, il est quand même préférable selon moi qu’ils règlent eux-même leurs propres premières dépenses. Cela leur permet ainsi de se sentir engagés dans leur projet: première prise de risque et premier mini-engagement financier.

    A mon avis, il faut croire fermement en son projet pour se lancer, cette phase délicate de lancement peut donc constituer une première barrière à l’entrée pour tester la motivation du futur entrepreneur.

    Je suis attentivement moi aussi les retours de chacun ! Bonne journée !

    • @Bruno Garcia : Complètement d’accord : c’est bien que les entrepreneurs se mouillent un peu financièrement. Suivant les gens, évidemment, cela ne reflète pas le même montant. Pour un étudiant, 1000€ c’est déjà engageant. Pour quelqu’un qui a un peu bossé, c’est déjà plus. Le but est bien que tout le monde soit poussé aux fesses pour se bouger et faire du projet une réussite !

  6. Je comprends tout à fait ce voeu, quel entrepreneur n’a jamais entendu cette phrase: « C’est encore trop petit pour nous, mais ne vous inquiétez pas 10 ou 20K ca se trouve facilement! »

    Donc n’hésite pas, enflamme toi! Et si ce poste en inspire quelque uns ce sera déjà beaucoup.

  7. C’est une bonne idée.
    Mais c’est aussi une question de reseaux et de rencontres.

  8. Cela existe bien depuis toujours dans cette zone grise que l’on appelle la love money. Il est vrai qu’un entrepreneur incapable de cumuler 10-20k en faisantle tour de son entourage socio-professionnel devrait se poser des questions sur sa capacité à convaincre.

    Il y a ensuite la loi TEPA qui sous couvert de défiscalisation permet tout de même d’accrocher avec des arguments sérieux son généraliste, dentiste ou notaire !

    Ce qui est par contre de plus en plus intéressant c’est je pense l’émergence du « crowd-funding » et de sites dédiés au micro-financement de startups. Là aussi Oseo joue un certain rôle institutionnel par son site qui essaye de se positionner pour de la mise en relation projets / investisseurs.

    • @Philippe : je trouve justement que c’est bien différent de la love-money. Pour moi, Love-Money, c’est amis, famille, collègues, pas forcément des gens trop tournés « business ». D’ailleurs, si on pousse le raisonnement, la love-money devrait être un prêt à la personne, pas une prise de participation. Les mini-angels, eux, ont un vrai rôle de coaching, d’aide à la stratégie, de réseau, bref, ils s’impliquent plus fortement. Mais c’est vrai que la love-money est un début pour le financement du projet.

  9. Quelques milliers d’euros en dette convertible, a la Y Combinator :-)

  10. Super, Guilhem, ça correspond tout à fait à mon positionnement de business angel amorçage (et je me sens isolé)…et à mes objectifs 2011 décrits sur http://www.business-angel-france.com/2011-les-objectifs-dun-business-angel-entrepreneur
    Juste une chose, j’aime pas trop « mini angel ». Je préfèrerai plutôt « Amorçage angel » ou « Garage angel ». On lance un concours pour choisir le nom ?
    A +
    Patrick

  11. « Starting-block-business »
    Pour assurer une meilleure propulsion lors de l’élan de départ.
    J’en rêve !

  12. Tout à fait d’accord avec Sonia, j’étais sur ce genre d’idées là aussi avec :

    « Headstart angels »

    To give sb a head start (in life, career, competition) : donner à qn une longueur d’avance.

    En faisant quelques recherches, j’ai pu voir aussi que le terme était utilisé par des sociétés de capital risque : Head start Ventures.

  13. Inspirons nous des pratiques déjà existantes (financement participatif sur internet ou le réseau cigales par exemple) et adaptons les pour créer un nouveau modele de structure composé d’entrepreneurs qui accepteraient d’entrer au board de projet émergents ou de petites start up. Développons le mentoring, faisons appel aux seniors qui sont peut être + disponibles…

  14. Je trouve qu’il s’agit d’une excellente idée. Il y a même à mon sens un business à envisager un peu sur le modèle de My Major Compagny pour la production de musique (en espérant que ce soit plus lucratif).

    Pourquoi ne pas envisager la création d’un site sur lequel seraient présentés les différents projets, avec un appel de fond minime de la part des internautes (10 euros…même s’il en faudrait beaucoup)et le lancement du projet dès lors que les mises atteignent un certain montant.

    Qu’en pensez vous ? Y a t’il des volontaires ?

  15. J’y pense depuis longtemps, mais comment rendre concrète cette idée ? A suivre donc…

    • Faire un site et une charte que l’on s’engagerait à respecter en termes d’apports, de temps passé, de méthodo d’actions, … ?

  16. Hello,
    cela m’évoque le 3e F des 3 « F » : Family, Friends and … Fools, dont on parle souvent au tout début du projet, avant même l’entrée en scène de potentiels BA.

    Comme le nom l’indique, les Fools n’ont généralement pas un ROI très positif…

  17. Philippe Siguret

    19 octobre 2012 at 5:07

    Bonjour à tous!

    je suis tombé par hasard sur votre discussion et je trouve l’idée vraiment sympa!
    En fait j’ai quelques sous de côté, mais pas assez pour devenir business angel, donc du coup je ne peux pas aider les entrepreneurs… a moins que ce ne soit une connaissance

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