Entrepreneur = radin !?

To be radin or not to be… tel pourrait être le crédo des entrepreneurs en phase de démarrage de leur projet de création d’entreprise. En effet, c’est désormais un mode de vie “low cost” que de lancer sa start-up : il faut économiser sur tout, limiter la comm’, prendre des locaux au rabais, ne payer que le moins possible pour obtenir le “runway” le plus long possible. Par ce terme, on entend bien entendu le temps nécessaire pour l’entreprise pour générer ses propres revenus, éventuellement en passant par la case levée de fonds.

Les posts de blog ou les articles dans les magazines économiques à destination des entrepreneurs ne manquent pas pour expliquer sur quoi gratter quelques centimes et euros. Et l’homo entrepreneurius de s’adapter à son environnement, et devenir ainsi l’homo radinus par excellence. C’est parfois une erreur, et il faut aussi savoir montrer toutes ses largesses… voilà une petite liste des choses sur lesquelles ne pas rogner à mon sens !

 

Faire la fête.

Créer sa boite est suffisamment dur pour ne pas savoir lâcher du lest de temps en temps. Que ce soit un rituel annuel, pour fêter une bonne nouvelle (youpi, un premier client !), l’anniversaire d’un collaborateur… je crois fermement dans l’impérieuse nécessité de “célébrer” les bons moments. Même si la dépense peut paraître futile, elle permet de créer une ambiance qui rejaillira sur la qualité de travail de chacun.

N’hésitez donc pas à jouer le rôle de GO (ou de le confier à quelqu’un de plus créatif que vous) pour surprendre continuellement les gens autour de vous, et à vous en servir comme d’un vrai outil de management. Pourquoi pas une sortie accrobranche, escalade, karting, bowling, saut à l’élastique, spéléo, cuisine, bâteau, kayak, … pour faire passer des messages, même d’ailleurs en mixant la sortie avec une séance de travail ?

 

Rétribuer ses (bons) collaborateurs.

La tentation est grande dans les premiers temps d’une entreprise de limiter au maximum la “masse salariale”. Tout est bon pour cela : travailleurs bénévoles, tirage sur la corde avec des freelances, recherche des stagiaires les plus “bon marché”, généralisation du SMIC, …

Il est clair que ce n’est ni possible ni bon de créer tout de suite une politique salariale très généreuse, mais attention tout de même à ne pas rester trop longtemps dans la situation du serrage de ceinture permanent. Il est obligatoire de très rapidement voir qui vous avez envie (et besoin) de garder avec vous. Et de les payer à leur juste valeur, même en gardant par exemple une forte partie variable.

Cela a d’ailleurs deux avantages : vous mettez toujours la pression sur l’atteinte de résultats, et cela sert de rôle d’exemple aux autres, notamment auprès des jeunes recrues. Finalement, c’est le travail qui mérite salaire. Et un bon travail, un bon salaire. Rien de plus sain et pérenne que ça. D’ailleurs, il n’y a pas que l’argent qui rentre en ligne de compte, la rémunération peut consister à confier la responsabilité d’un nouveau projet, d’une citation dans la newsletter interne, en un coffret cadeau, …

 

Soigner la qualité de ses produits.

Vous venez de signer vos quelques premiers clients, et vous vous rendez compte que tout ce processus commercial est bien long, compliqué et contraignant. Vous ne savez pas vraiment quand vous en signerez de nouveaux… la tentation peut alors être forte de jouer un peu sur la qualité de votre produit ou de votre service pour vous assurer une meilleure marge. A court terme, cela marche peut-être…

Mais finalement, le plus important à ce stade de la vie de l’entreprise, c’est bien d’avoir des clients satisfaits. Et qui vont parler de vous, en bien. La vraie bonne attitude, ce serait donc d’en offrir PLUS que prévu. D’être encore plus irréprochable sur la qualité. Tout comme un investisseur, les clients n’aiment pas les surprises, sauf les bonnes. Payer quelques euros de plus pour que la livraison arrive plus vite, pour que les produits soient mieux emballés, pour que le rendu graphique soit meilleur, ou que vous passiez plus de temps à vous assurer que tout va bien est très certainement un bon investissement…

  

Favoriser la créativité interne.

Une fois lancé, l’entrepreneur a tendance à se coincer la tête dans le guidon et à ne plus penser qu’à l’opérationnel. Toute dépense qui n’est pas directement rentable est ainsi supprimée. C’est une nouvelle fois une erreur, et celle-ci en général migre vers le reste de l’équipe (normal, le patron donne l’exemple)…

Il est nécessaire au contraire de montrer à vos troupes (et à vous-mêmes) que l’entreprise peut toujours faire mieux et s’inspirer du monde extérieur. Acheter quelques livres “aérant l’esprit” (des bouquins business, hein, pas des BD…), prendre des abonnements à des magazines sur votre secteur d’activité (ou mieux, à tous les magazines de votre secteur), avoir un coin / tableau blanc “boite à idées”, autoriser l’équipe à proposer et à travailler sur des projets “perso/pro”, … voilà une nouvelle fois une dépense utile ! Vous n’êtes pas à l’abris d’être surpris par les bonnes idées de votre petite équipe !

 

Soutenir des causes importantes à vos yeux.

L’environnement ? C’est bon pour les grandes entreprises ça ! Les startups ont bien le temps d’être rentables avant de s’intéresser à des causes durables, écolos, sociales… C’est en tout cas ce que peuvent croire la plupart des gens. Mais l’entrepreneur est quelqu’un d’engagé, qui a une vision, et pour qui les valeurs sont importantes.

Consacrez donc un peu de temps ou d’argent (perso ou de la société) à une cause qui vous est importante. Faites-le pour vous, pour renforcer l’esprit d’équipe, mais aussi comme un moyen de faire parler de votre société. Oui, cet aspect là est aussi important (vous êtes une entreprise, après tout), et il réclame de la sincérité avant tout.

 

[Ce sujet  demandant si “l’entrepreneur n’est qu’un gros radin” est encore mieux chez le très sportif Gilles Poupardin, dans le cadre de nos posts croisés du vendredi. N’hésitez pas à rejoindre le mouvement si vous vous sentez à la hauteur :) ]

[Photo : airgap]

Et vous, sur quoi n’êtes vous pas avare ?

9

  1. Moi je ne suis pas avare, mais aWare.

    Désolé => je sors.

  2. Super article Guilhem ! Je twitte !

  3. @Serge : je vois que t’es pas radin en bonnes blagues pourries :) reste-donc ici, t’es dans l’esprit du blog !!

    @Julien : merci :) !

  4. C’est marrant tes smileys qui sautent en l’air …

  5. très instructif, je partage sur twitter

    Bravo pour le contenu de ce blog

    Bonne continuation

  6. Bonjour Guilhem,
    Freelance depuis quelques mois, je me considère également comme une « entrepreneuse » (et suis donc ravie que des « radins » fassent appel à moi ;-)). J’ai passé neuf ans dans les services communication d’entreprises « peu dépensières » et je reconnais que quand on n’a pas d’argent… on a des idées. Donc aujourd’hui, je continue de favoriser ma créativité et fais très attention à mes investissements (et également à l’argent de mes clients !)
    A bientôt !

  7. C’est bien vrai ça que l’article est mieux traité chez Gilles :)
    (je plaisante, hein!)

  8. Dis tout de suite que je le maltraite ?? vilain va !

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